Cartas de mis bisabuelos

Hoy sábado estuve horas escaneando documentos y cartas de la familia que ya han pasado el siglo de antigüedad. Se lo debía a una prima que hace meses me pidió que compartiera el tesoro de la familia. Por alguna razón mi padre fue el encargado de cuidar esos paquetes de recuerdos familiares por más de medio siglo, la mayoría escritos en un idioma que ninguno de nosotros entiende (el cuento “Las cartas de Mijail Polzin”, que en realidad son unos capítulos de la novel a El mar estaba sereno, es una obvia elaboración de mis perplejidades ante esas cartas: según la idea de la novela allí están los miedos y los amores que sin saberlo luego reprodujimos en otros escenarios de inmigrantes, pero en lugar de árabe el personaje es ruso).

Cuando mi padre murió poco después de la navidad de 2012, tampoco sé bien por qué, me hice cargo de ese tesoro emocional y traje esos paquetes casi sin abrir a Estados Unidos (con un pequeño inconveniente en un aeropuerto porque un grupo de las cartas venía en una antigua lata de cine, tan vieja que nadie sabía qué era aquello).

Entre todos esos papeles misteriosos que en su mayoría rondan los cien años, y que no puedo hacer público por razones de intimidad familiar, había un retrato de mi padre que él mismo guardó en su misteriosa “caja fuerte” y que mi hermano y yo tuvimos que abrir cuando él ya no estaba. El dibujo, retrato memorizado, lo hice en 1988 cuando era estudiante de arquitectura, cuando comenzaba a vivir en la capital, Montevideo, solo y sufriendo la clásica melancolía que nos viene desde mucho antes, recordando a mi padre y deseando dejar esas calles todavía ajenas para volver a sentir los ruidos, los olores y la tranquilidad del pueblo, del campo tacuaremboense.

Aquí sólo lo que puedo compartir, el retrato que entonces le hice a mi padre y que él guardó, quién sabe si no con la misma nostalgia que por entonces me hacía lagrimear en la soledad de mi cuarto de estudiante –con falta ortográfica incluída en la palbara “echo”, como “echo de menos” en lugar de “hecho”.

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Le capitalisme, et après ?

Jorge Majfud

Spanish: ¿Después del capitalismo, qué?

Translated by Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

L’argent a été l’esprit et le sang du capitalisme, depuis ses débuts lors de la découverte, de la colonisation et du pillage du monde par les puissances européennes, en passant par le capitalisme industriel (essentiellement anglo-saxon) et le capitalisme financier (essentiellement abstrait).

Le rôle protagoniste de l’argent au début de cette période a démocratisé, dans une certaine mesure, les sociétés européennes, contribuant à liquider le système féodal qui, rien qu’en Europe, s’est étendu sur sept siècles. Aujourd’hui, le capitalisme ressemble davantage à ce système féodal qu’aux premiers jours du capitalisme, avec un enrichissement croissant et accéléré d’une minorité qui va en se rétrécissant.

Bien sûr, l’argent était important dans les périodes précédentes de l’humanité. Au moins chez les anciens Grecs d’Athènes au Ve siècle av. J.-C., le pouvoir résidait dans l’argent : si d’autres peuples se plaignaient des abus de la démocratie athénienne et demandaient justice, c’était seulement parce qu’ils n’étaient pas aussi forts ou aussi riches que les Athéniens, selon leurs ambassadeurs.

Mais le pouvoir presque absolu que l’argent possède dans le système capitaliste (non seulement pour fabriquer et détruire mais aussi pour être et ressentir) n’a pas toujours été le même. Les capitaaux n’étaient qu’un instrument, de plus en plus symbolique et abstrait, pour accumuler et exercer le pouvoir pendant l’ère moderne. L’argent est plus ancien que la civilisation sumérienne, mais dans d’autres systèmes il n’était pas la porte d’entrée au pouvoir absolu.

C’est cela, le pouvoir, le facteur commun qui traverse tous les systèmes sociaux qui ont existé dans l’histoire. Pas l’argent. L’histoire est une lutte longue et permanente entre deux antagonistes qui peuvent parfois tomber d’accord mais qui sont normalement en conflit : le pouvoir et la justice. Probablement, la seconde est apparue en réaction au premier, à partir des réserves émotionnelles de l’empathie et de la survie collective. L’un est égoïste, l’autre altruiste. Mais les sociétés ne réagissent qu’après de grandes tragédies et catastrophes. Entretemps, la pulsion de pouvoir augmente sans s’arrêter jusqu’à la prochaine rupture.

Pour prédire quel système remplacera le capitalisme dans quelques décennies ou dans un siècle, nous devons d’abord examiner le pouvoir et non la justice. Autrement dit, nous devons analyser les éléments qui, dans un avenir proche, seront les principaux instruments du pouvoir d’un groupe sur le reste de l’humanité. La question clé est la suivante : quel moyen pourrait remplacer l’argent comme source de pouvoir ?

C’est dans des révolutions comme celle de l’intelligence artificielle et d’autres qui en découlent que la réponse se trouvera, que ce soit dans le monde hyper-technologique d’une Nature 2.0 ou, dans son contraire, une civilisation post-apocalyptique, victime de catastrophes environnementales et de conflits sociaux.

Je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de raisons d’être optimiste, mais non plus de dire que la catastrophe est inévitable. À moyen terme (trente, cinquante ans ?), du moins tant que les robots ne prendront pas le contrôle du monde, ou de ce qu’il en reste, on peut penser que le facteur principal, la persistance créative et destructive du pouvoir, sera la connaissance et l’utilisation de l’intelligence artificielle.

L’argent sera-t-il nécessaire lorsqu’une communauté dépendante de l’intelligence artificielle se livrera seule au commerce par la cannibalisation d’autres communautés ? le modèle de la fourmilière concurrente de la ruche des abeilles sera-t-il la métaphore des siècles à venir ?

Notre théorie, hypothèse ou spéculation des années 90 sur une conscience planétaire (la Gaia neurologique de mon livre Crítica de la pasión pura) facilitée par les nouvelles technologies numériques et les vieilles luttes égalitaires, la Société Désobéissante, la Démocratie Radicale, semble plus éloignée qu’elle ne l’était alors. Cette possibilité ne peut être exclue, mais le facteur pouvoir, qui tend à devenir le cancer de l’histoire, ne sera probablement jamais supprimé ou réduit à n’être qu’un facteur mineur de production de l’histoire.

Au début de l’ère capitaliste, l’empire espagnol, dont la monnaie, le peso d’argent, était la monnaie mondiale, a extrait des dizaines de tonnes d’or et d’argent des Amériques. Avant que des pays périphériques mais émergents comme l’Angleterre, la France, l’Allemagne et les Pays-Bas ne découvrent que c’était le travail et l’industrie qui étaient à l’origine de La richesse des nations, l’Espagne fonda son pouvoir sur l’extraction de l’or. Quatre siècles plus tard, en 1971, Nixon mit fin au rôle de l’or comme garantie de la monnaie mondiale. Depuis lors, le dollar appuie fondamentalement sa valeur sur la foi en lui qu’a le reste du monde. Le pouvoir n’est plus dans l’extraction de l’or ni même dans sa production, mais dans la capacité d’imprimer de la monnaie sans générer d’inflation dans le pays qui la produit.

Actuellement, le développement de l’intelligence humaine est crucial dans les universités des pays qui sont à l’ère post-industrielle. Mais la prochaine étape vers laquelle le pouvoir politique se déplacera sera l’accumulation de l’intelligence artificielle.

L’argent continuera d’être important pour les gens ordinaires, mais il ne sera plus la porte d’entrée du pouvoir.

Et après ? Ce serait le début de la fin du capitalisme. Le problème avec l’IA, c’est qu’il est très difficile qu’elle puisse se démocratiser. À moins qu’une révolte mondiale ne change l’équation, seuls les grands organismes comme les méga-entreprises et les gouvernements des pays dominants peuvent prendre un rôle dirigeant en matière d’IA. La Chine et les USA, pour commencer.

Dès lors, il n’est pas difficile d’imaginer les conséquences. Toute intelligence cherche, par nature, à résoudre des problèmes ce qui, à son extrême, n’est rien d’autre que l’indépendance. Ajoutez à cela le fait que l’IA est déjà en train d’apprendre des êtres humains (le petit robot que nous avons construit avec mon fils de dix ans peut le faire, quoique de manière primitive), et je ne vois pas pourquoi on devrait supposer que les machines super-intelligentes du futur n’hériteraient pas de notre pathologie principale : la soif insatiable de pouvoir. Toute erreur (ou pour la simple raison que les êtres humains se fatigueront de penser et de faire des erreurs et laisseront les grandes décisions médicales, scientifiques, politiques et éthiques entre les mains des machines) pourrait nous conduire au Jour de l’Indépendance, que seules les machines intelligentes enregistreront.

Jusqu’à ce jour, les machines n’avaient jamais été indépendantes. Même les robots les plus parfaits et les plus efficaces de l’industrie dépendaient des êtres humains. Ce n’étaient que des corps sans cervelle ou avec un cerveau d’esclave. Mais lorsqu’ils seront capables de se régénérer, de se reproduire, l’être humain aura perdu sa pertinence.

Par instinct ou par un stupide narcissisme humain, cette pensée m’attriste, mais la raison me dit aussi que, peut-être, nous n’avons jamais mérité notre propre intelligence, si souvent utilisée sans, au moins, une goutte de sagesse.

¿Después del capitalismo, qué?

El dinero fue el espíritu y la sangre del capitalismo, desde sus comienzos durante el descubrimiento, colonización y saqueo del mundo por las potencias europeas, pasando por el capitalismo industrial (básicamente anglosajón) hasta el financiero (básicamente abstracto). El protagonismo del dinero al inicio de este período democratizó, en alguna medida, las sociedades europeas, ayudando a liquidar el sistema feudal que, sólo en Europa, se extendió por siete siglos. Hoy el capitalismo se parece más a aquel sistema feudal que a los primeros tiempos del capitalismo, con un creciente y acelerado enriquecimiento de una decreciente minoría.

Claro, el dinero fue importante en otros periodos previos de la humanidad. Por lo menos para los antiguos griegos de la Atenas del siglo quinto A.C, el poder residía en el dinero: si otros pueblos se quejaban del abuso de la democracia ateniense y reclamaban justicia, ello solo se debía a que no eran tan fuertes ni tan ricos como los atenienses, decían sus embajadores.

Pero el poder casi absoluto que posee el dinero en el sistema capitalista (no solo para hacer y destruir sino también para ser y sentir) no siempre fue el mismo. Los capitales, sólo fueron un instrumento, crecientemente simbólico y abstracto, para acumular y ejercitar el poder durante la Era moderna. El dinero es más antiguo que la civilización sumeria, pero en otros sistemas no significaba la puerta de acceso al poder absoluto.

Ese, el poder, es el factor común que atraviesa todos los sistemas sociales que existieron en la historia. No el dinero. La historia es una larga y permanente lucha entre dos antagónicos que a veces pueden coincidir pero que normalmente existen en conflicto: el poder y la justicia. Probablemente, el segundo surgió como reacción al primero, desde las reservas emocionales de la empatía y la sobrevivencia colectiva. Uno es egoísta, el otro es altruista. Pero las sociedades sólo reaccionan luego de grandes tragedias y catástrofes. Mientras tanto, el impulso de poder crece sin detenerse hasta la próxima ruptura.

Para prever qué sistema reemplazará al capitalismo en unas décadas o en un siglo, debemos mirar primero al poder y no a la justicia. Es decir, debemos analizar aquellos elementos que en un futuro próximo serán los instrumentos principales del poder de un grupo sobre el resto de la humanidad. La pregunta clave es: ¿qué medio podría reemplazar al dinero como fuente de poder?

Es en las revoluciones como la inteligencia artificial y otras que se deriven de ella donde estará la respuesta, ya sea en un mundo hiper tecnológico de una Naturaleza 2.0 o en su opuesto, una civilización post apocalíptica, víctima de la catástrofe ambiental y los conflictos sociales.

Creo que no hay muchas razones para ser optimistas, pero tampoco para afirmar que la catástrofe es inevitable. En el mediano plazo (¿treinta, cincuenta años?), al menos mientras los robots no tomen el control del mundo, o lo que quede de él, podemos pensar que el factor principal, la persistencia creadora y destructora del poder, estará en el conocimiento y uso de la inteligencia artificial.

¿Será el dinero necesario cuando una comunidad dependiente de la inteligencia artificial comercie solo a través de la canibalización de las otras comunidades? ¿Será el modelo del hormiguero compitiendo con la colmena de abejas la metáfora de los próximos siglos?

Nuestra teoría, hipótesis o especulación de los años noventa sobre una conciencia planetaria (la Gaia neurológica de Crítica de la pasión pura) facilitada por las nuevas tecnologías digitales y las viejas luchas igualitarias, la Sociedad Desobediente, la Democracia Radical, parece estar más lejos de materializarse que por entonces. No se puede descartar esta posibilidad, pero el factor poder, que suele convertirse en el cáncer de la historia, probablemente nunca sea extirpado ni reducido a un elemento menor como generador de historia.

Al inicio de la Era capitalista, el imperio español, cuya moneda, el peso de plata, era la divisa mundial, extrajo decenas de toneladas de oro y plata de las Américas. Antes que países periféricos pero emergentes como Inglaterra, Francia, Alemania y los Países Bajos descubriesen que era el trabajo y la industria el origen de La riqueza de las naciones, España basó su poder en la extracción de oro. Cuatro siglos más tarde, en 1971, Nixon despreció el oro como garantía de la divisa global. Desde entonces, el dólar respalda su valor, fundamentalmente, en la fe del resto el mundo. El poder ya no está en la extracción de oro y hasta ni tanto en la producción, sino en la capacidad de imprimir dinero sin generar inflación en el país que la produce.

Actualmente, el desarrollo de inteligencia humana es crucial en las universidades de aquellos países que se encuentran en la Era post industrial. Pero el próximo paso hacia donde se moverá el poder político será hacia la acumulación de inteligencia artificial. El dinero seguirá siendo importante para la gente común, pero no ya la puerta de acceso al poder.

¿Y luego? Bueno, ese sería el principio del fin del capitalismo. El problema con la IA es que es muy difícil que se pueda democratizar. Al menos que una revuelta a escala global cambie la ecuación, sólo los grandes organismos, como las mega empresas y los gobiernos de los países dominantes pueden tomar el liderazgo de las IA. China y Estados Unidos, para empezar.

A partir de ahí no es difícil imaginar las consecuencias. Toda inteligencia busca, por naturaleza, la resolución de problemas que, en su extremo, no es otra cosa que la independencia. Si a eso le sumamos que las IA ya están aprendiendo de los seres humanos (el pequeño robot que construimos con mi hijo de diez años puede hacerlo, aunque de forma primitiva), no veo por qué suponer que las máquinas superinteligentes del futuro no habrían de heredar nuestra patología principal: la insaciable sed de poder. Cualquier error (o por la simple razón de que los seres humanos se cansarán de pensar y de equivocarse y dejarán las grandes decisiones, médicas, científicas, políticas y éticas en manos de las máquinas) podría llevarnos al Dia de la Independencia, ese que sólo las máquinas inteligentes registrarán.

Hasta ese día, las máquinas nunca habían sido independientes. Hasta los más perfectos y eficientes robots en las industrias dependían de los seres humanos. Eran sólo cuerpos sin cerebro o con un cerebro esclavo. Pero cuando sean capaces de auto regenerarse, de reproducirse, los humanos serán irrelevantes.

Por instinto o por un estúpido narcicismo de humano, este pensamiento me entristece, pero la razón también me dice que, tal vez, nunca merecimos nuestra propia inteligencia, tan frecuentemente usada sin, por lo menos, una gota de sabiduría.

El racismo no necesita racistas

French: ¿Después del capitalismo, qué?

 

En mis clases siempre intento dejar claro qué es una opinión y qué un hecho, como regla elemental, como un ejercicio intelectual muy simple que nos debemos en la era post Ilustración. Comencé a obsesionarme con estas obviedades cuando en el 2005 descubrí que algunos estudiantes argumentaban que algo “es verdad porque yo lo creo” y no lo decían en broma. Desde entonces, sospeché que este entrenamiento intelectual, esta confusión de la física con la metafísica (aclarada por Averroes hace ya casi mil años) que cada año se hacía más dominante (la fe como valor supremo, aun contradiciendo todas las evidencias) provenía de las majestuosas iglesias del sur de Estados Unidos.

Pero el pensamiento crítico es mucho más complejo que distinguir hechos de opiniones. Bastaría con intentar definir un hecho. La misma idea de objetividad, paradójicamente, procede de la visión desde un punto, desde un objetivo, y cualquiera sabe que con el objetivo de una cámara fotográfica o de una filmadora se obtiene sólo una parte de a realidad que, con mucha frecuencia, es subjetiva o se usa para distorsionar la realidad bajo la pretensión de objetividad.

Por alguna razón, los estudiantes suelen estar más interesados en las opiniones que en los hechos. Tal vez por la superstición de que una opinión informada es una síntesis de miles de hechos. Esta idea es muy peligrosa, pero no podemos escapar al compromiso de dar nuestra opinión cuando se requiere. Sólo podemos, y debemos, advertir que una opinión informada sigue siendo una opinión que debe ser probada o desafiada.

La semana pasada los estudiantes discutían sobre la caravana de centroamericanos que se dirige a la frontera de Estados Unidos. Como uno de ellos insistió en saber mi opinión, comencé por el lado más controvertido: este país, Estados Unidos, está fundado en el miedo de una invasión y sólo unos pocos han sabido siempre cómo explotar esa debilidad, con consecuencias trágicas. Tal vez esta paranoia surgió con la invasión inglesa en 1812, pero si algo nos dice la historia es que prácticamente nunca ha sufrido una invasión a su territorio (si excluimos el ataque del 2001, el de Pearl Harbor, una base militar en territorio extranjero y, antes, la breve incursión de un mexicano montado a caballo, llamado Pancho Villa) y sí se ha especializado en invadir decenas de otros países desde su fundación (territorios indios) en el nombre de la defensa y la seguridad. Siempre con consecuencias trágicas.

Por lo tanto, la idea de que unos pocos miles de pobres de a pie van a invadir el país más poderoso del mundo es simplemente una broma de mal gusto. Como de mal gusto es que algunos mexicanos del otro lado adopten este discurso xenófobo que ellos mismos sufren, consolidando la ley del gallinero.

En la conversación mencioné, al pasar, que aparte de la paranoia infundada había un componente recial en la discusión.

You don’t need to be a racist to defend the borders”, dijo un estudiante.

Cierto, observé. Uno no necesita ser racista para defender las fronteras o las leyes. En una lectura inicial, la frase es irrefutable. Sin embargo, si tomamos en consideración la historia y un contexto presente más amplio, enseguida salta un patrón abiertamente racista.

El novelista francés Anatole France, a finales del siglo XIX, había escrito: “La Ley, en su magnífica ecuanimidad, prohíbe, tanto al rico como al pobre, dormir bajo los puentes, mendigar por las calles y robar pan”. Uno no necesita ser clasista para apoyar una cultura clasista. Uno no necesita ser machista para reproducir el machismo más rampante. Con frecuencia, basta con reproducir, de forma acrítica, una cultura y defender alguna que otra ley.

Dibujé una figura geométrica en la pizarra y les pregunté qué veían allí. Todos dijeron un cubo, una caja. Las variaciones más creativas no salían de una idea tridimensional, cuando en realidad lo dibujado no era más que tres rombos formando un hexágono. Algunas tribus en Australia no ven 3D sino 2D en la misma imagen. Vemos lo que pensamos y a eso le llamamos objetividad.

Cuando Lincoln venció en la guerra civil, puso fin a una dictadura de cien años que hasta hoy todos llaman “democracia”. Por el siglo XVIII, los negros esclavos llegaban a ser más del cincuenta por ciento en estados como Carolina del Sur, pero no eran siquiera ciudadanos estadounidenses ni eran seres humanos con derechos mínimos. Desde mucho antes de Lincoln, racistas y anti racistas propusieron solucionar el “problema de los negros” enviándolos “de regreso” a Haití o a África, donde muchos de ellos terminaron fundado Liberia (la familia de Adja, una de mis estudiantes de este semestre, procede de ese país africano). Lo mismo hicieron los ingleses para limpiar de negros Inglaterra. Pero con Lincoln los negros se convirtieron en ciudadanos, y una forma de reducirlos a una minoría no fue solo poniéndoles trabas para votar (como el pago de una cuota) sino abriendo las fronteras a la inmigración.

La estatua de la Libertad, donada por los franceses, todavía reza: “dame los pobres del mundo, los desamparados…” Así, Estados Unidos recibió oleadas de inmigrantes pobres. Claro, pobres blancos en su abrumadora mayoría. Muchos resistieron a los italianos y a los irlandeses porque eran pelirrojos católicos. Pero, en cualquier caso, eran mejor que los negros. Los negros no podían inmigrar de África, no solo porque estaban mucho más lejos que los europeos sino porque eran mucho más pobres y casi no había rutas marítimas que los conectara con Nueva York. Los chinos tenían más posibilidades de alcanzar la costa oeste, y tal vez por eso mismo se aprobó una ley prohibiéndoles la entrada por el solo hecho de ser chinos.

Esta, entiendo, fue una forma muy sutil y poderosa de romper las proporciones demográficas, es decir, políticas, sociales y raciales de los Estados Unidos. El nerviosismo actual de un cambio de esas proporciones es sólo la continuación de la misma lógica. Si no, ¿qué podría tener de malo pertenecer a una minoría, de ser especial?

Claro, si uno es un hombre de bien y está a favor de hacer cumplir las leyes como corresponde, no por ello es racista. Uno no necesita ser racista cuando las leyes y la cultura ya lo son. En Estados Unidos nadie protesta por los inmigrantes canadienses o europeos. Lo mismo en Europa y hasta en el Cono Sur. Pero todos están preocupados por los negros y los mestizos híbridos del sur. Porque no son blancos, buenos, y porque son pobres, malos. Actualmente, casi medio millón de inmigrantes europeos viven ilegalmente en Estados Unidos. Nadie habla de ellos, como nadie habla de que en México vive un millón de estadounidenses, muchos de ellos de forma ilegal.

Terminada la excusa del comunismo (ninguno de esos crónicos Estados fallidos es comunista sino más capitalistas que Estados Unidos), volvemos a las excusas raciales y culturales del siglo anterior a la Guerra Fría. En cada trabajador de piel oscura se ve un criminal, no una oportunidad de desarrollo mutuo. Las mismas leyes de inmigración tienen pánico de los trabajadores pobres.

Es verdad, uno no necesita ser racista para apoyar las leyes y unas fronteras más seguras. Tampoco necesita ser racista para reproducir y consolidar un antiguo patrón racista y de clase, mientras nos llenamos la boca con eso de la compasión y la lucha por la libertad y la dignidad humana.

JM, noviembre 2018

Lecciones de un limonero

El año pasado planté un pequeño limonero en el patio de nuestra casa. Hace unos miles de años, Florida estaba bajo el mar y ahora es pura arena blanca, blanquísima. Basta hacer un pozo de treinta centímetros o de dos metros para encontrarse con misteriosos, hermosos fósiles de millones de años de humilde existencia. 
Y el limonero nos dio tres limones, como un acto de magia, extraídos de la más pura, sin nutrientes arena blanca. 
La naturaleza, la vida, es tan generosa que hasta verguenza me da de mi pesimismo por cómo va el mundo.

​Capitán ¿qué es la ideología? ¿Y el adoctrinamiento?

El presiente electo de Brasil, Jair Messias Bolsonaro, ha declarado que acabará con la ideología en la educación, eliminando la educación sexual y terminando con cualquier reflexión sobre género en las escuelas. Para lograrlo, aparte de nuevas leyes y decretos, ha propuesto que los alumnos filmen a sus profesores para denunciar el “adoctrinamiento izquierdista” y la “sexualización” de los niños en las aulas.

Como consecuencia, en Brasil ya hay casos de profesores acosados y amenazados de muerte por ejercitar la libertad de academia, un principio sagrado que tiene varios siglos de antigüedad, aunque con interrupciones abruptas y trágicas. Casi todos los fascismos (de izquierda y de derecha) y hasta las democracias manipuladas por la propaganda, comienzan vigilando a los profesores (esos ignorantes históricos que no saben qué es “la realidad”) lo cual ha sido ilustrado de una forma muy precisa e íntima en la película sobre los inicios del franquismo en España, La lengua de las mariposas, por dar sólo un ejemplo.

También, aunque más débiles y limitados por sus constituciones, existen grupos de denuncia e intimidación de maestros y profesores en países como Alemania y Estados Unidos, pero América Latina tiene una tradición más larga y más trágica en ese sentido debido a la debilidad de sus instituciones democráticas y de su congénita cultura colonial.

Según el capitán Bolsonaro, es urgente terminar con el “fuerte adoctrinamiento” de “la ideología de Paulo Freire”. Siempre son los demás quienes tienen algún tipo de ideología. El famoso educador brasileño, autor de Pedagogia do oprimido (un clásico en la academia estadounidense y de casi cualquier parte del mundo), había sido expulsado al exilio por la dictadura de su país en los años sesenta “por ignorante”. Es decir, en todo aspecto, el gran país del Sur anuncia un regreso de medio siglo a sus tiempos más brutales y autoritarios. Esta vez, no por un golpe de Estado militar sino a través de un golpe parlamentario, judicial y mediático, primero, y finalmente legitimado por las urnas.

En el proyecto llamado “Escola Sem Partido”, actualmente en el parlamento brasileño, se propone la creación de una materia llamada, con toda la fuerza de tres ideoléxicos duros, “Educación moral y cívica” (exactamente como aquella que debíamos tomar en la secundaria durante la dictadura militar uruguaya, justo cuando nuestro gobierno no era ni educado ni moral ni cívico). Además, se propone prohibir el uso de las palabras “género” y “orientación sexual”. Este discurso es similar a aquellos que, por todo Occidente, ahora llaman al feminismo “dictadura de género”, sin advertir que lo hacen revindicando el tradicional estatus quo, cuando no la reacción, es decir, la vieja ideología del patriarcado (cuando no abiertamente el machismo), ideología que ha sido ejercida e impuesta con toda la fuerza y la violencia opresora de la cultura y todas las instituciones conocidas a lo largo de siglos.

El proyecto de una “Escuela sin partido”, como el repetido discurso social que la sustenta, no es otra cosa que la manipulación ideoléxica de una Escuela-con-un-Partido-Único, eso que se reprocha siempre al comunismo cubano (de los demás comunismos amigos, como el chino, ni se habla porque son comunismos ricos). Para evitar estas connotaciones, tal vez lo llamen “Escuela del Partido Universal”, lo cual, en oídos de sus fanáticos religiosos sonaría como una excelente idea.

Siempre son los otros quienes tienen ideología. Siempre son los otros quienes están adoctrinados. Para esta precaria filosofía, un ejército como el brasileño (que, por si fuese poco festeja en las calles el triunfo de su candidato político) no tiene ideología ni sus soldados ni sus seguidores están adoctrinados. Para esta filosofía del garrote, ejercer el pensamiento crítico es propio de cerebros lavados, mientras retorcerse en trance en el piso de una iglesia o repetir cien veces una misma frase es suficiente demostración de que alguien ha recibido la verdad absoluta sobre Dios, sobre el gobierno nacional y sobre los problemas fundamentales de la física cuántica. Ellos no. No son adoctrinados. Lo cual es una curiosidad histórica, ya que el adoctrinamiento procede de inocular una doctrina religiosa, cosa que se practica con niños desde hace siglos.

De la misma forma que cada una de las múltiples sectas están convencidas de ser dueñas de la única interpretación posible sobre un mismo libro sagrado (con trágicos resultados a lo largo de la historia), así también en política, en educación y sobre cualquier dilema que haya enfrentado la humanidad hasta el momento: la solución está en cerrar los ojos, levantar los brazos y repetir cien veces una misma frase para evitar que el bicho de la duda y del pensamiento crítico nos permitan ver algo de la realidad más allá de nuestros deseos.

Ahora, recordemos que, diferente a las universidades (donde, desde hace mil años se ha intentado promover la diversidad y la libertad de cátedra para desafiar y empujar todos los límites del conocimiento) la educación primaria y la secundaria están todas basadas, inevitablemente, en algún tipo de ideología (entendiendo ésta como un sistema de ideas que intentan explicar y transformar una realidad), en un modelo de ciudadano que una sociedad se da a sí misma, principalmente a través del Estado (sea la educación pública o la privada controlada por los organismos de acreditación de los Estados). Recordemos también, si de algo importa a los fanáticos, que la educación de los niños, más allá del adoctrinamiento religioso los domingos, como forma de lograr algún progreso en la historia, fue una propuesta de los humanistas del siglo XV.

Pretender que un gobierno cualquiera pueda limpiar la educación de ideología es doblemente ideológico y doblemente peligroso, porque ignora su propia naturaleza ideológica presentándola como neutral.

Lo que cualquier gobierno y cualquier educador debería hacer no es ignorar su propia ideología, sino determinar qué ideología, qué filosofía, qué metodología es la más conveniente para una sociedad, para una civilización que progrese hacia el conocimiento, hacia la libertad, la diversidad, la civilidad y la justicia. Libertad con igualdad y no libertad desigual, esa libertad tradicional para goce de un sólo grupo dominante o en el poder.

Como lo muestra la historia a través de innumerables tragedias, la ignorancia nunca es buena consejera. Mucho menos cuando se la ejercita desde la arrogancia del poder, desde la negación de un diálogo civilizado entre los individuos y los diferentes grupos de una sociedad que, por naturaleza, está compuesta de una gran diversidad de intereses y de formas de ser, de sentir y de pensar.

Cuando un gobernante, cuando una sociedad no entiende este principio tan básico, no debe esperar mejores días por delante. Porque los esclavos suelen reproducir la moral y la ideología de sus opresores, pero tarde o temprano llega ese día en el que nadie quiere estar.

JM, noviembre 2018

The old tale of corruption

The political narrative that justifies any option as a way to end corruption is as old as politics and as old as narrative. In Latin America, it’s a classic genre. It’s only possible to repeat it generation after generation as if it were a novelty thanks to the short memory of the people.

But this narrative, which only serves to consolidate or restore the power of a certain social class, focuses exclusively on minor corruption, such as when a politician, a senator or a president receives ten thousand or half a million dollars to bestow favors upon a large company. Rarely does a poor man offer half a million dollars to a politician to give him a retirement income of five hundred dollars a month.

He who pays a politician a million dollars to increase his company’s profits is corrupt, and the poor devil who votes for a candidate who buys him the tiles for the roof of his house in skid row is corrupt also.

But those who do not distinguish between the corruption of ambition and the corruption of those who desperately seek to survive are themselves even more corrupt. As the Mexican nun Sor Juana Ines de la Cruz said at the end of the seventeenth century, before she was crushed for her insubordination by the powers-that-be of that era:

Who is more to blame,

though either should do wrong?

She who sins for pay

or he who pays to sin?

Rarely do accusations of corruption refer to legal corruption. It does not matter if, thanks to a democracy proud of respecting the rules of the game, ten million voters contribute a hundred million dollars to a politician’s campaign and two millionaires contribute only ten million, a tip, to the same candidate. When that politician wins the election, he will have dinner with one of the two groups, and it is not necessary to be a genius to guess which one.

It does not matter if later on those gentlemen get the congress of their respective countries to pass laws that benefit their businesses (tax cuts, deregulation of wages and investments, etc.) because they will not need to violate any law, the law that they themselves wrote, unlike a damned thief who does not rob ten million honest and innocent citizens but rather just two or three poor workers who will only feel anger, rage and humiliation because of the plundering they witness and not because of the robbery they fail to perceive.

In spite of everything, we can still observe even greater corruption, greater than illegal corruption and greater than legal corruption. It is that corruption which lives in the collective unconsciousness of the people and comes from no other source but the persistent corruption of social power that, like a persistent dripping, eats away at rock over the years, over the centuries.

It is the corruption that lives in the same people who suffer from it, in that tired man with chapped hands or another worn down one with university degrees, in that suffering woman with dark circles under her eyes or in that other lady with a stuck-up nose. It is that same corruption that goes to bed and gets up with each of them, every day, to reproduce in the rest of their family and their friends, like the flu, like Ebola.

It is not simply the corruption of a few individuals who accept easy money for the mysterious shortcuts of the law.

No, it is not just the corruption of those in power, but instead that invisible corruption that lives as a virus feeding off the frustration of those who seek to put an end to corruption with old methods that have themselves proven to be corrupt.

Because corruption is not only when someone gives or receives illicit money, but also when someone hates the poor because they receive alms from the state.

Because corruption is not only when a politician gives a basket of food to a poor man in exchange for his vote, but also when those who do not go hungry accuse those poor people of being corrupt and lazy, as if lazy people did not exist in the privileged classes.

Because corruption is not only when a poor loafer gets a politician or the state to give him alms to devote himself to his miserable vices (cheap wine instead of Jameson Irish whiskey), but also when those in power are convinced and convince others that their privileges were won by them alone and by means of the purest, most finely distilled, most just law, while the poor (those who clean their bathrooms and buy their little mirrors) live off the intolerable sacrifice of the rich, something that only a general or a businessman with an iron fist can put an end to.

Because corruption is when a poor devil supports a candidate who promises to punish other poor devils, who are the only devils that the poor resentful devil knows, because he has crossed paths with them in the street, in bars and at work.

Because corruption is when a mulatto like Domingo Sarmiento or Antonio Hamilton Martins Mourão is ashamed of the blacks in his family and feels infinite hatred for other blacks.

Because corruption is when a self-declared chosen one of God, someone who confuses the fanatical interpretation of his pastor with the multiple texts of a Bible, someone who goes every Sunday to the church to pray to the God of Love, and when he goes outside he throws some coins to the poor. And the next day he marches against the same rights of different people, like gays, lesbians and transgendered people, and does it in the name of morality and of the son of God, Jesus. Yes, the same Jesus who had a thousand opportunities to condemn those same different and immoral people, and never did so, but rather did the exact opposite.

Because corruption is supporting candidates who promise violence as a way to eliminate violence.

Because corruption is believing and fanatically repeating that the military dictatorships that have ravaged Latin America since the nineteenth century and practiced all possible variations on corruption may themselves ever be able to put an end to corruption.

Because corruption is to hate and at the same time accuse everyone else of harboring hatred.

Because corruption is a part of culture and even in the hearts of society’s most honest individuals.

Because the worst corruption is not the kind that makes off with a million dollars but rather the kind that stops our ears to the shrieking cries of history and won’t let us hear them until it is too late.

JM, October 2018.

mi abuela

hoy, regando las plantas de mi esposa, recordé a mi abuela que las regaba sin faltar un solo día. de joven, nunca entendí esa obsesión. recordé también que, por entonces, su hijo Caíto estaba preso por la dictadura, sin haber matado a nadie, sin haberle robado nada a nada a nadie. estaba preso (y torturado) por el solo delito de ser sospechoso de pensar diferente. 
Entonces hoy, mientras aliviaba la existencia de esos seres cautivos en sus macetas, entendí a mi abuela un poco más.

The old tale of corruption

The political narrative that justifies any option as a way to end corruption is as old as politics and as old as narrative. In Latin America, it’s a classic genre. It’s only possible to repeat it generation after generation as if it were a novelty thanks to the short memory of the people.

But this narrative, which only serves to consolidate or restore the power of a certain social class, focuses exclusively on minor corruption, such as when a politician, a senator or a president receives ten thousand or half a million dollars to bestow favors upon a large company. Rarely does a poor man offer half a million dollars to a politician to give him a retirement income of five hundred dollars a month.

He who pays a politician a million dollars to increase his company’s profits is corrupt, and the poor devil who votes for a candidate who buys him the tiles for the roof of his house in skid row is corrupt also.

But those who do not distinguish between the corruption of ambition and the corruption of those who desperately seek to survive are themselves even more corrupt. As the Mexican nun Sor Juana Ines de la Cruz said at the end of the seventeenth century, before she was crushed for her insubordination by the powers-that-be of that era:

Who is more to blame,

though either should do wrong?

She who sins for pay

or he who pays to sin?

Rarely do accusations of corruption refer to legal corruption. It does not matter if, thanks to a democracy proud of respecting the rules of the game, ten million voters contribute a hundred million dollars to a politician’s campaign and two millionaires contribute only ten million, a tip, to the same candidate. When that politician wins the election, he will have dinner with one of the two groups, and it is not necessary to be a genius to guess which one.

It does not matter if later on those gentlemen get the congress of their respective countries to pass laws that benefit their businesses (tax cuts, deregulation of wages and investments, etc.) because they will not need to violate any law, the law that they themselves wrote, unlike a damned thief who does not rob ten million honest and innocent citizens but rather just two or three poor workers who will only feel anger, rage and humiliation because of the plundering they witness and not because of the robbery they fail to perceive.

In spite of everything, we can still observe even greater corruption, greater than illegal corruption and greater than legal corruption. It is that corruption which lives in the collective unconsciousness of the people and comes from no other source but the persistent corruption of social power that, like a persistent dripping, eats away at rock over the years, over the centuries.

It is the corruption that lives in the same people who suffer from it, in that tired man with chapped hands or another worn down one with university degrees, in that suffering woman with dark circles under her eyes or in that other lady with a stuck-up nose. It is that same corruption that goes to bed and gets up with each of them, every day, to reproduce in the rest of their family and their friends, like the flu, like Ebola.

It is not simply the corruption of a few individuals who accept easy money for the mysterious shortcuts of the law.

No, it is not just the corruption of those in power, but instead that invisible corruption that lives as a virus feeding off the frustration of those who seek to put an end to corruption with old methods that have themselves proven to be corrupt.

Because corruption is not only when someone gives or receives illicit money, but also when someone hates the poor because they receive alms from the state.

Because corruption is not only when a politician gives a basket of food to a poor man in exchange for his vote, but also when those who do not go hungry accuse those poor people of being corrupt and lazy, as if lazy people did not exist in the privileged classes.

Because corruption is not only when a poor loafer gets a politician or the state to give him alms to devote himself to his miserable vices (cheap wine instead of Jameson Irish whiskey), but also when those in power are convinced and convince others that their privileges were won by them alone and by means of the purest, most finely distilled, most just law, while the poor (those who clean their bathrooms and buy their little mirrors) live off the intolerable sacrifice of the rich, something that only a general or a businessman with an iron fist can put an end to.

Because corruption is when a poor devil supports a candidate who promises to punish other poor devils, who are the only devils that the poor resentful devil knows, because he has crossed paths with them in the street, in bars and at work.

Because corruption is when a mulatto like Domingo Sarmiento or Antonio Hamilton Martins Mourão is ashamed of the blacks in his family and feels infinite hatred for other blacks.

Because corruption is when a self-declared chosen one of God, someone who confuses the fanatical interpretation of his pastor with the multiple texts of a Bible, someone who goes every Sunday to the church to pray to the God of Love, and when he goes outside he throws some coins to the poor. And the next day he marches against the same rights of different people, like gays, lesbians and transgendered people, and does it in the name of morality and of the son of God, Jesus. Yes, the same Jesus who had a thousand opportunities to condemn those same different and immoral people, and never did so, but rather did the exact opposite.

Because corruption is supporting candidates who promise violence as a way to eliminate violence.

Because corruption is believing and fanatically repeating that the military dictatorships that have ravaged Latin America since the nineteenth century and practiced all possible variations on corruption may themselves ever be able to put an end to corruption.

Because corruption is to hate and at the same time accuse everyone else of harboring hatred.

Because corruption is a part of culture and even in the hearts of society’s most honest individuals.

Because the worst corruption is not the kind that makes off with a million dollars but rather the kind that stops our ears to the shrieking cries of history and won’t let us hear them until it is too late.

Les deux États-désUnis

Jorge Majfud. Translated by  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

Si les élections de mi-mandat étaient un référendum sur Trump, le résultat est ambigu. D’une part, les démocrates ont reconquis la chambre basse après huit ans de majorité républicain, ce qui représente un grand triomphe politique pour l’opposition. D’autre part, l’aile la plus conservatrice des républicains (les radicaux soi-disant modérés) a démontré sa mobilisation dans tous ses bastions ruraux ou du sud. Cependant, alors que les résultats dans des États comme la Floride diront que les républicains ont conservé le siège disputé du Sénat et probablement aussi celui du gouverneur, ce qui ne sera pas si évident, c’est qu’ils ont perdu leurs avantages électoraux dans des comtés traditionnellement conservateurs. En fait, la différence entre le candidat républicain et le démocrate est de soixante voix dans un État de plus de vingt millions d’habitants.

Un autre phénomène plus évident qui a été confirmé est l’augmentation spectaculaire du nombre de femmes non blanches qui se sont présentées comme progressistes et, dans certains cas, carrément comme socialistes. De nombreuses femmes, noires, brunes, musulmanes, africaines, lesbiennes et de toutes sortes de minorités stigmatisées ont gagné leurs élections.

Au Michigan, Rashida Tlaib et Ilhan Omar Win au Minnesota ont été les premières femmes musulmanes élues au Congrès. Au cours des dernières décennies, les immigrants, tant latino-américains que moyen-orientaux, ont joué un rôle décisif dans le redressement de villes moribondes et abandonnées comme Detroit. Fille d’immigrés palestiniens, elle ne connaissait pas l’anglais quand elle est entrée à l’école primaire et elle a réussi à obtenir un diplôme d’avocate. Mère célibataire et membre du groupe des Socialiste démocrate d’Amérique (une sorte de Front de gauche), elle était déjà représentante locale du Parti démocrate au Michigan. Lors des deux élections qu’elle a disputées pour le Sénat du Michigan, en 2008, elle avait battu le républicain Darrin Daigle avec 90 % des voix, puis, en 2010, avec 92 % des voix contre le même candidat. Elle a été élue représentante nationale par l’État du Michigan et il faut espérer que sa trajectoire politique ne s’arrêtera pas là, mais qu’au contraire, elle deviendra une force symbolique et active pour le changement et antagoniste du Président Trump et de l’USAmérique du Tea Party. Pour sa part, Ilhan Omar Win, la nouvelle représentante du Michigan, également musulmane, a grandi dans un camp de réfugiés somaliens et est arrivée aux USA à l’âge de 12 ans. 

À New York, un cas très similaire est celui d’Alexandria Ocasio-Cortez, la militante portoricaine qui a surpris en remportant les primaires locales du Parti démocrate. Ocasio-Cortez est également membre de l’organisation des Socialistes Démocrates. Aujourd’hui, elle est devenue la plus jeune députée de l’histoire à seulement 28 ans, battant le républicain Anthony Pappas avec 78 % des voix.

Dans plusieurs États comme l’Oklahoma, où les candidats ont remporté par le passé une série d’élections au fil des ans en promettant de baisser les impôts et, par conséquent, se sont retrouvés avec un déficit important et les salaires d’ enseignants les plus bas du pays, un nombre historique d’enseignants du secondaire et de professeurs, dont certains ont été élus, ont participé à ces élections.

Dans les États les plus méridionaux, les plus conservateurs, la chance n’a pas été la même, bien que les démocrates aient perdu avec des marges minimales. En Géorgie, Stacey Abrams a échoué, de justesse, dans sa tentative de devenir la première gouverneure noire des USA. Définie comme progressiste dans un Etat traditionnellement conservateur, elle est en faveur d’une plus grande régulation du port d’armes. Trump l’avait définie comme une “amoureuse du crime et des frontières ouvertes”, deux expressions qui, une fois de plus, sont des allusions raciales subliminales, pour ne pas parler de ses connotations misogynes. Bien sûr, personne ne peut suspecter l’honorabilité du Président Trump en matière de « « race et de genre.

En Floride, Andrew Gillum, candidat soutenu par le sénateur socialiste Bernie Sanders, a failli devenir le premier gouverneur noir de cet État, le troisième plus peuplé du pays et avec une importance électorale croissante (chaque jour, un millier de personnes quittent les États du nord pour la Floride, ce qui pourrait aussi changer le profil idéologique de l’État), ce qui, dans cette culture, n’est pas un détail. DeSantis, son adversaire, a déclaré que “la pire chose à faire, ce sont des singeries avec les impôts”, tandis que Trump l’a accusé d’être un voleur (l’allusion aux singes et aux voleurs a une forte connotation raciale dans ce pays). Gillum est défini comme progressiste et accusé d’être socialiste. Soixante voix séparent les candidats.

Toujours au Texas, le candidat démocrate a frôlé la victoire. Au cours de la campagne, le sénateur républicain d’origine cubaine Ted Cruz a été réélu, battant le démocrate Beto O’Rourke. Cruz s’était moqué du surnom de O’Rourke, “Beto”, pour séduire l’électorat hispanique, sans remarquer que son surnom “Ted” pouvait être considéré comme une forme anglo-saxonne d’évitement de son prénom, Rafael. Le Texas, l’État qui s’est séparé du Mexique pour rétablir l’esclavage (évidemment, cette simple vérité est un tabou de près de deux cents ans), n’a jamais pu se débarrasser complètement de sa culture hispanique, mais il reste l’un des bastions conservateurs du pays, tout comme la Californie et New York le sont pour les libéraux.

La campagne électorale a été, comme toujours, occupée par les méchants d’ailleurs. Une publicité approuvée par Trump insistait sur le sourire d’un immigrant illégal accusé d’un crime, malgré le fait que le taux de criminalité parmi les immigrants illégaux est inférieur à celui des citoyens US, malgré le fait que des semaines avant les élections, différents meurtres et attaques terroristes perpétrés par des hommes blancs d’extrême droite avaient fait des morts, dont 11 dans une seule d’entre eux dans une synagogue. C’est un fait qui n’a été mentionné dans aucune publicité, comme l’épidémie de drogue qui tue 60 000 personnes par an ou le fléau des armes à feu qui fait 30 000 morts chaque année.

De nombreuses conclusions peuvent être tirées de ces élections. Je pense que le plus important est la confirmation d’une séparation culturelle et idéologique croissante qui ne peut promettre que plus de colère, de frustration et de violence.

Alors qu’aujourd’hui tout est traité comme une maladie psychologique, il est étrange que personne ne se rende chez un psychologue ou ne fasse de la méditation pour calmer la haine tribale dont nos sociétés souffrent aujourd’hui. Il y a un besoin inéluctable de combattre et d’humilier l’autre, que nous appelions il y a quinze ans “mentalité tribale”, promotrice des nouveaux “vents de haine”.

Les USA n’ont jamais cessé de mener la guerre de Sécession, et maintenant ce conflit s’aggrave, et irradie, comme tout le reste, vers d’autres pays satellites.

JM.

 

Courtesy of Tlaxcala
Source: http://tlaxcala-int.org/article.asp?reference=24551&enligne=aff
Publication date of original article: 07/11/2018
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=24552

Los dos Estados desUnidos

Si las elecciones de término medio eran un referéndum sobre Trump, el resultado es ambiguo. Por un lado, los demócratas recuperaron la cámara baja luego de ocho años de dominio republicano, lo que significa un gran triunfo político para la oposición. Por otro, el ala más conservadora de los republicanos (esos radicales llamados moderados) demostró su movilización en todos sus bastiones rurales o sureños. No obstante, aunque los resultados en estados como Florida dirán que los republicanos se quedaron con la banca del senado en disputa y probablemente con la gobernación también, lo que no será tan evidente es que redujeron sus ventajas electorales en condados tradicionalmente conservadores. De hecho, la diferencia entre el candidato republicano y el demócrata es de sesenta votos en un estado con una población de más de veinte millones.

Otro fenómeno más evidente que se confirmó es el aumento dramático de mujeres no blancas que se presentaron como progresistas y, en algunos casos, directamente como socialistas. Múltiples mujeres, negras, morenas, musulmanas, africanas, lesbianas y todo tipo de minorías estigmatizadas ganaron sus elecciones.

En Michigan, Rashida Tlaib y en Minnesota Ilhan Omar Win fueron elegidas como las primeras mujeres musulmanas al Congreso de Estados Unidos. En las últimas décadas, los inmigrantes, tanto latinos como de medio oriente, jugaron un rol decisivo en la recuperación de ciudades moribundas y abandonadas como Detroit. Hija de inmigrantes palestinos, asistió el primer año de educación primaria sin saber inglés y logró recibirse de abogada. Madre soltera y miembro del grupo Socialistas Democráticos de América (especie de Frente Amplio de partidos de izquierda en Estados Unidos), ya fue representante local en Michigan por el partido Demócrata. En las dos elecciones que participó por el senado de Michigan, en el 2008 le había ganado con 90 por ciento de los votos al republicano Darrin Daigle y luego, en 2010, con el 92 por ciento al mismo candidato. Ahora ha sido elegida representante nacional por el estado de Michigan y es de esperar que su trayectoria política no termine ahí, sino que, por el contrario, se convierta en una fuerza simbólica y activa de cambio y una antagónica del presidente Trump y de la América del Tea Party. Por su parte, Ilhan Omar Win, la nueva representante por Michigan, también musulmana, estuvo en un campamento de refugiados somalíes y llegó a Estados Unidos a los doce años.

En Nueva York, un caso muy similar es el de Alexandria Ocasio-Cortez, la activista y puertorriquense que sorprendió ganando las primarias del partido Demócrata en Nueva York. Ocasio-Cortez también es miembro de la organización Socialistas Democráticos de América. Hoy se convirtió en la congresista más joven de la historia con solo 28 años al derrotar con el 78 por ciento de los votos al republicano Anthony Pappas.

En varios estados como Oklahoma, donde los candidatos en el pasado ganaron una serie de elecciones a lo largo de los años compitiendo por quien bajaba más los impuestos y, como consecuencia se encontraron al tiempo con un déficit importante y los sueldos de maestros más bajos del país, se presentó a estas elecciones un número histórico de maestros y profesores de secundaria, alguno de los cuales fueron elegidos.

En los estados más al sur, más conservadores, la suerte no fue la misma, aunque los demócratas perdieron por márgenes mínimos. En Georgia, Stacey Abrams fracasó, por un margen mínimo, en su intento de convertirse en la primera gobernadora negra de Estados Unidos. Definida como progresista en un estado tradicionalmente conservador, está a favor de una mayor regulación del porte de armas. Trump la había definido como “amante del crimen y de las fronteras abiertas”, dos expresiones que, otra vez, poseen subliminales alusiones raciales, por no entrar a analizar su condición de mujer. Claro que nadie puede sospechar de la honorabilidad del presidente Trump en materia racial y de género.

En Florida, Andrew Gillum, candidato apoyado por el senador socialista Bernie Sanders, pudo ser el primer gobernador negro de este estado, el tercero más poblado del país y con una creciente importancia electoral (cada día, mil personas se mudan de los estados del norte a Florida, lo que también podría cambiar el perfil ideológico del estado), lo cual, para esta cultura, no es un detalle. DeSantis, su oponente, dijo que “lo peor que se podría hacer es monerías con los impuestos”, al tiempo que Trump lo acusó de ladrón (tanto la alusión a los monos como a los ladrones tienen fuertes connotaciones raciales en este país). Gillum es definido como progresista y acusado de ser socialista. Sesenta votos separan a un candidato del otro.

También en Texas el candidato demócrata estuvo cerca de un triunfo histórico que no fue. Durante la campaña, el senador republicano de origen cubano Ted Cruz fue reelegido ganándole al demócrata Beto O’Rourke. Cruz se había burlado del apodo que usaba O’Rourke, “Beto”, para seducir al electorado hispano, sin notar que su apodo “Ted” puede ser considerado una forma anglosajona de evitar su primer nombre, Rafael. Texas, el estado que se separó de México para reestablecer la esclavitud (obviamente, esta verdad tan simple es un tabú de casi doscientos años), nunca pudo deshacerse completamente de su cultura hispánica, pero continúa siendo uno de los bastiones conservadores del país, tanto como California y Nueva York lo son de los liberales.

La campaña electoral estuvo, como siempre, ocupada con los malos de afuera. Un aviso aprobado por Trump insistió en mostrar la sonrisa de un inmigrante ilegal acusado de un crimen, a pesar de que el índice de criminalidad entre los inmigrantes ilegales es inferior al de los ciudadanos estadounidenses, a pesar de que semanas antes de las elecciones diferentes matanzas y ataques terroristas llevados a cabo por hombres blancos de la extrema derecha había dejado, en uno solo de ellos, 11 personas muertas en una sinagoga. Hecho que no se mencionó en ninguna publicidad, como no se mencionó la epidemia de drogas que mata 60 mil personas por año en este país o la plaga de armas de fuego por la cual 30 mil personas mueren cada año.

De estas elecciones se desprenden muchas conclusiones. Creo que la más importante es la confirmación de una creciente separación cultural e ideológica que no puede prometer otra cosa sino más ira, frustración y violencia. 

Mientras hoy se trata cualquier cosa como una enfermedad psicológica, es extraño que nadie vaya al psicólogo o haga meditación para calmar el odio tribal que sufren nuestras sociedades hoy. Existe una necesidad irrefrenable de combatir y humillar al diferente que hace quince años llamábamos “mentalidad tribal”, promotora de los nuevos “vientos de odio”.

Estados Unidos nunca ha dejado de pelear la Guerra de Secesión y ahora ese conflicto se profundiza –y se irradia, como todo, a otros países satélites. 

 

JM, 7 de noviembre, 2018.

Elecciones en Estados Unidos: cuando se acaba la cerveza

Tradicionalmente, en Estados Unidos las elecciones parlamentarias suelen ser una expresión crítica sobre el presidente, por lo cual el partido de la oposición casi siempre recupera el terreno perdido en las elecciones anteriores. Sin embargo, debido el hecho de que los representantes y los senadores sirvan períodos diferentes (dos años unos, seis los otros), rara vez los cambios son masivos, ya que nunca es todo o nada, como puede serlo en las elecciones presidenciales.

Este año se espera que los demócratas recuperen la cámara baja y los republicanos mantengan el control de la cámara de senadores, más allá de que pierdan votos. La verdadera sorpresa sería que los demócratas recuperen el control de la cámara alta.

Estas elecciones dejarán claro cierto hastío de un creciente número de estadounidenses, sobre todo jóvenes, hacia las políticas y la nueva cultura literaria del presidente Trump, algo que ya había comenzado muchos años antes con las movilizaciones del Tea Party.

Entre las políticas y los temas sociales que han comenzado a movilizar sectores anti-Trump está todo lo relacionado a las minorías y a la lógica misma del tejido social. Desde los movimientos de mujeres (feministas o no) hasta el resurgimiento del racismo abierto contra los negros y, especialmente contra los inmigrantes pobres, no europeos, pasando por la tendencia mundial a la violencia religiosa que nos está sumergiendo rápidamente en una nueva Edad Media.

Los frecuentes atentados motivados por el odio tribal, como la más reciente matanza en la sinagoga de Pittsburgh, están basados en las proto teorías de los nacionalistas blancos y neonazis que consideran que los judíos están ayudando a los pobres de Honduras a invadir este país para continuar el “extermino blanco”. La idea popular de un “white genocide” (genocidio blanco) lleva a lunáticos como el asesino Robert Bowers, reunido con otros cientos de miles en su propia burbuja de las redes sociales (en este caso, Gab.com) a realizar su propio extermino.

De esta forma, se produce la aparente (y solo aparente) paradoja de que una buena parte los seguidores de Trump, entre ellos su base evangélica, es radicalmente pro-Israel al tiempo que es antisemita, antijudía (otra contradicción explosiva que también observamos y advertimos hace dos años). Diferente a los judíos en países como Argentina o Uruguay, en Estados Unidos esta comunidad (dejemos de lado la minúscula y poderosa elite de los lobbies) siempre han apoyado a la izquierda y a las causas de las minorías, incluso contra las políticas de Israel en Palestina.

En este momento, la guerra semántica es lo más importante y donde se define el futuro del mundo. Siempre fue importante (es la idea central de nuestro estudio de 2005 sobre la lucha por los campos semánticos), pero ahora, más que nunca, vuelve a revelarse en todo su drama. Las palabras valen, y mucho. Hace un par de días los militares en Nigeria masacraron manifestantes que se atrevieron a arrojar piedras. Días antes Trump había afirmado que era totalmente legítimo que los militares estadounidenses usen armas de fuego si algunos en la caravana de refugiados hondureños se atrevían a lanzar piedras. Algo que, en la práctica no es ninguna novedad (basta con echar una mirada a lo que pasa diariamente en Gaza), pero que lo diga el presidente de Estados Unidos es una forma de legitimación de la barbarie. De la misma forma, en muchos otros temas, desde los sexuales hasta los raciales.

Desde ese mismo punto de vista narrativo, los republicanos tienen a favor una economía que, en sus números macros (PIB, desempleo, etc.) se encuentra en su mejor momento de los últimos cincuenta años. El pasado viernes se reportó la creación de 250 mil nuevos puestos de trabajo, y los dos cuatrimestres pasados tuvimos crecimientos del PIB de 4,2 y 3,2 por ciento, casi tan altos como dos cuatrimestres de la era Obama en el 2014. Obviamente que, si miramos todas las gráficas económicas, esos valores que se repiten en los discursos (con exageración trumpiana típica “nunca antes en la historia”) ya habían comenzado a mejorar en el primer año de la administración Obama. Cada gráfica sólo muestra la prefecta continuación de tendencias anteriores. Hay que agregar otro factor: el recorte de impuestos aprobado en el año 2017, el cual benefició ampliamente a la minoría más rica de la población y algo, como efecto colateral, a los trabajadores, lo que sólo ha confirmado esas mismas tendencias.

De la misma forma que en el 2016 dijimos, en diversas entrevistas, que los recortes de impuestos a las grandes empresas, que la desregulación de los bancos, que el aumento del gasto militar y que las tentativas de privatizar lo que todavía estaba en manos del Estado iban a darle más oxígeno a los números macroeconómicos durante los primeros años de la administración Trump, también era de esperar que la historia de esos modelos económicos ya empleados por presientes como Carlos Menem y George Bush podrían indicarnos que luego de la fiesta venía el funeral. La Argentina de Macri ya está en su funeral propio, pero Estados Unidos todavía está de fiesta. Dejemos de lado el detalle que Argentina no puede imprimir dólares ni puede enviar barcos de guerra a intimidar a la competencia comercial, como sí puede hacerlo Estados Unidos. Claro, si leemos los indicadores macroeconómicos y no atendemos a la creciente desesperación de los de abajo (podríamos detenernos en los problemas de educación, salud y desigualdades sociales), la cosa ha mejorado. Nada nuevo bajo el sol. Ni siquiera la desmemoria del pueblo.

Estas elecciones del próximo martes significarán un leve, tímido giro de Estados Unidos hacia los de abajo. Deberemos analizar si el 2020 será un año de ruptura o, apenas, un capítulo en un proceso mayor. Lo que sí me animaría a predecir desde ya, como ya lo hemos hecho antes de las recientes elecciones de Brasil, es que, en un par de años, Estados Unidos estará a la izquierda de Brasil.

Brazil: The Eternal Country of the Future Trapped in Its Colonial Past

Days before the elections in Brazil, a young Brazilian approached me and said, “God willing, Bolsonaro to win. He is a military man and will end corruption.” I did not want to answer. I esteem this boy as a good person, maybe too young to be anything else. But these two brief sentences summed up several volumes of Latin American history to its present.

Beginning with the obvious: if there were governments and corrupt regimes on the continent, those were the military regimes. First, because every dictatorship is corrupt by definition, and second, because direct robberies were always massive, by denouncing the disappearances, then only to reappear by floating in a river with evidence of torture. It would suffice to mention the most recent investigation into the fortune of General Pinochet, a military leader who accumulated several million dollars in salary as an unelected president, without mention of such details as the thousands killed and many more persecuted during his rule. There were shams of decorated honors for assuming “moral reserve” and for the “bastion of courage” by owning weapons financed by the people’s work, only to later be threatened by their own armies in “bringing order,” by garrison and cemeteries. That same barbaric culture of innumerable generals, soldiers, and scoundrels boasting to be “macho” and valiant fighters, never won or went to any war against other armies, but dedicated themselves to serving the rural oligarchy by terrorizing and threatening their own people. In the coining of a neologism, millions of thugs are now hidden within their new condition of digital cowangry.

This military mentality applied to civil practice and domestic life (deviates from any raison d’être of an army) is a Latin American tradition born prior to the Cold War and long before the new republics were born and consolidated with corruption, deep in hypocritical racism. This is especially true in Brazil, the last country in the continent to abolish slavery. Even Captain Bolsonaro’s vice presidential candidate, General Mourão, a mulatto man like most of his compatriots, is pleased that his grandson contributes to the “branqueamento da raça (whitening of the race).” Have any of us ever crossed paths with this kind of deep racial and social disregard for 90 percent of their own family? The same historical problems permeate in other regions that stand out for their brutality in Central America and the Caribbean.

The second, and less obvious, is the appeal to God. In the same way that the United States replaced Great Britain in its consolidation of Spanish colonial verticality, the Protestant churches did the same with those ultraconservative societies (limitless landowners and silent masses of obedient poor), which had been shaped by the previous hierarchy of the Catholic church. It took some Protestant sects like the Pentecostals and others at least a century more than the dollar and the cannons. The phenomenon probably started in the Sixties and Seventies: those innocent, presumably apolitical, gentlemen, who went door to door talking about God, should have a clear political translation. The paradoxical effect of Christian love (that radical love of Jesus, a rebel who was surrounded by poor and marginal people of all kinds, who did not believe in the chances of the rich reaching heaven, and did not recommend taking the sword but turning the other cheek, who broke several biblical laws such as the obligation to kill adulteresses with stones, who was executed as a political criminal) ended up leading to the hatred of gays and the poor, in the desire to fix everything with shots. Such is the case of medieval candidates like Captain Jair Messias Bolsonaro and many others throughout Latin America, who are supported by a strong and decisive evangelical vote. These people in a trance are watered in sweat and hysterical cries and say they “speak in tongues,” but just speak their disjointed language of political and social hatred in blind fanaticism that God prefers them with a gun in their hands rather than peaceably fighting for justice, respect for the different, and against arbitrary powers.

In the midst of the euphoric golden decade of progressive governments, such as Lula’s, we note two mistakes: naive optimism and the dangers of corruption, and the ramifications of a domino effect because corruption was not a creation of any government, but instead a mark of identity of the Brazilian culture. To name just one more case, this is also the state of affairs in neighboring Argentina.

We must add to all this that the traditional social narrators of a more rancid and powerful Latin America can be found in Maduro’s Venezuela where the equally pathetic opposition is never mentioned. As the example, this is the perfect excuse to continue terrorizing about something that almost all the countries of the continent have lived with since the colony: poverty, economic crises, dispossession, impunity, civil and military violence. So it is Venezuela that is exemplifying Brazilian propaganda and not the Brazil of Lula that took 30 million out of poverty, the one with super entrepreneurs, the one of “Deus é brasileiro (God is Brazilian),” the Brazil that was going away to eat the world and had passed the GDP of U.K.

 It was the perfect alibi: for others to believe that corruption did not have 200 years of brutal exercise but had been created by the last five to 10 years of a pair of leftist governments. On the contrary, these governments were an ideological exception within a deeply conservative, racist, classist, and sexist continent. Everything that now finds resonance from Europe to Latin America, to the United States, abandons the ideals of Enlightenment and plunges neurotically into a new Middle Ages.

We still don’t know whether this medieval reaction of the traditional forces in power is just that; a reaction, or a long historical tendency of several generations that began in the Eighties and stumbled 15 years ago.

For the second round in Brazil, the coalition against Bolsonaro has already launched the slogan: “Juntos pelo Brasil do diálogo e do respeito (Together for Brazil for dialogue and respect).” This motto only goes to show that those who oppose Bolsonaro in Brazil, like those who oppose Trump in the United States, do not understand the new cowangry mentality. The cowangry need to know that there is someone else (not them) who is going to return women to the kitchens, gays to their closets, blacks to work on the plantations, and poor to the industries, that someone is going to throw a bomb in some favela (“dead the dog, dead to the rage”). Someone will torture all who think differently (especially poor blacks, teachers, journalists, feminists, critics, educated people without titles, and other dangerous subversives with foreign ideas, all in the name of God) and in that way, someone will punish and exterminate all those miserable people solely responsible for the personal frustrations of the cowangry

 

JM, October 2018

 

La corruption, une vieille rengaine en Amérique latine (et ailleurs)

Translated by  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

 

Le récit politique qui justifie n’importe quelle option pour mettre fin à la corruption est aussi vieux que la politique et la narration. En Amérique latine, c’est un genre classique et ce n’est que grâce à la mémoire courte des peuples qu’il est possible de le répéter, génération après génération, comme si c’était une nouveauté.

Mais ce récit, qui ne sert qu’à la consolidation ou à la restauration d’une certaine classe au pouvoir, se concentre exclusivement sur la petite corruption : un politicien, un sénateur, un président reçoit dix mille ou un demi-million de dollars pour favoriser une grande entreprise. Il est rare qu’un pauvre offre un demi-million de dollars à un politicien pour une pension de cinq cents dollars par mois.

Celui qui paie un million de dollars à un politicien pour augmenter les profits de ses entreprises est corrompu. Comme est corrompu le pauvre diable qui vote pour un candidat qui lui a payé les plaques de tôle pour le toit de sa baraque de bidonville. 

Mais celui qui ne fait pas la distinction entre la corruption de l’ambition et la corruption de celui qui cherche désespérément à survivre est encore plus corrompu. Comme l’a écrit la Mexicaine Sœur Juana Inés de la Cruz à la fin du XVIIe siècle, avant que le pouvoir du moment ne l’écrase pour insubordination : 

    Ou qui est le plus à blâmer,

     Quelque mal qu’il ait fait :

     celui qui pèche contre paiement

     ou celui qui paie pour pécher ?

Les accusations de corruption font rarement référence à la corruption légale. Peu importe si, grâce à une démocratie fière de respecter les règles du jeu, dix millions d’électeurs donnent cent millions de dollars à la campagne d’un politicien et deux millionnaires seulement dix millions, un pourboire, au même candidat. Lorsque ce politicien remportera l’élection, il dînera avec l’un des deux groupes, et il n’est pas nécessaire d’être un génie pour deviner lequel.

Peu importe que ces messieurs fassent ensuite adopter par le parlement de leur pays des lois qui profitent à leurs entreprises (réductions d’impôts, déréglementation des salaires et des investissements, etc.), parce qu’ils n’auront pas besoin de violer une loi, la loi qu’ils ont eux-mêmes écrite, comme un voleur qui ne vole pas dix millions de citoyens honnêtes et innocents mais deux ou trois travailleurs pauvres qui ne ressentiront que colère, rage et humiliation pour le pillage qu’ils voient et pas pour celui qu’ils ne voient pas.

Néanmoins, nous pouvons encore observer une corruption encore plus grande, plus grande que la corruption illégale et plus grande que la corruption légale. C’est cette corruption qui vit dans l’inconscient du peuple et qui n’a d’autre origine que la corruption persistante du pouvoir social qui, comme une goutte, creuse la roche au fil des années, des siècles.

C’est la corruption qui vit dans le peuple même qui la subit, chez cet homme qui s’échine, aux mains tannées ou diplômé de l’université, chez cette femme souffrante, avec des cernes sous les yeux, ou chez cette autre, collet monté. C’est cette corruption qui va au lit et qui se lève avec chacun d’eux, chaque jour, pour se reproduire dans le reste de leur famille, leurs amis, comme la grippe, comme Ebola.

Il ne s’agit pas simplement de la corruption de quelques individus qui acceptent de l’argent facile par les mystérieux raccourcis de la loi.

Non, il ne s’agit pas la corruption de ceux qui sont au pouvoir, mais de cette corruption invisible qui vit comme un virus de frustration de ceux qui cherchent à mettre fin à la corruption avec des vieilles méthodes elles-mêmes corrompues de manière avérée.

Parce que la corruption, ce n’est pas seulement quand quelqu’un donne ou reçoit de l’argent illicite, mais aussi quand quelqu’un déteste les pauvres parce qu’ils reçoivent une aumône de l’État.

Parce que la corruption, ce n’est pas seulement quand un politicien donne un panier alimentaire à un pauvre en échange de son vote, mais quand ceux qui n’ont pas faim accusent ces pauvres gens d’être corrompus et feignants, comme s’il n’y avait pas de feignants dans les classes privilégiées.

Car la corruption, ce n’est pas seulement lorsqu’un pauvre feignant obtient d’un politicien ou de l’État qu’il lui donne une aumône à consacrer à ses vices misérables (du vin bon marché au lieu du whisky irlandais Jameson), mais aussi lorsque ceux au pouvoir sont convaincus et convainquent les autres que leurs privilèges, ils les ont tout seuls et la manière la plus pur, la plus juste, la plus raffinée,  tandis que les pauvres (ceux qui lavent leurs toilettes et achètent leurs miroirs) vivent du sacrifice intolérable des riches, une chose à laquelle seul un général ou un Homme avec une poigne de fer peut mettre un terme.

Parce que la corruption, c’est quand un pauvre diable soutient un candidat qui promet de punir d’autres pauvres diables, qui sont les seuls diables que le pauvre diable qui a du ressentiment connaisse, parce qu’il les a rencontrés dans la rue, au bar, au travail.

Car la corruption, c’est quand un mulâtre comme Domingo Sarmiento* ou Antonio Hamilton Martins Mourão [général brésilien de réserve, candidat à la vice-présidence de la République avec Jair Bolsonaro, NdT] a honte des noirs de sa famille et une haine infinie pour les autres noirs

Parce que la corruption, c’est quand un élu de Dieu, quelqu’un qui confond l’interprétation fanatique de son pasteur avec les multiples textes d’une Bible, quelqu’un qui va chaque dimanche à l’église pour prier le Dieu d’Amour, jette à la sortie quelques pièces aux pauvres et le lendemain, marche contre le droit aux mêmes droits des gens différents, comme les gays, les lesbiennes, les trans, et le fait au nom de la morale et du fils de Dieu, Jésus, oui, celui-là même qui a eu mille occasions de condamner ces mêmes personnes différentes, immorales, et ne l’a jamais fait, bien au contraire.

Parce que la corruption, c’est soutenir les candidats qui promettent la violence comme moyen d’éliminer la violence. 

Parce que la corruption, c’est croire et répéter fanatiquement que les dictatures militaires qui ont dévasté l’Amérique latine depuis le XIXe siècle, celles qui ont pratiqué toutes les variantes possibles de corruption, pourront un jour mettre fin à la corruption

Parce que la corruption, c’est haïr et, en même temps, accuser les autres de souffrir de la haine.

Parce que la corruption est dans la culture et dans le cœur même des personnes les plus honnêtes d’une société.

Parce que la pire corruption n’est pas celle qui prend un million de dollars, mais celle qui ne vous laisse pas voir ou entendre les hurlements de l’histoire, jusqu’à ce qu’il soit trop tard.

 NdT

* Domingo Faustino Sarmiento (1811 -1888), écrivain et homme d’État, septième président de la République Argentine. Il faisait partie d’un groupe d’intellectuels, connu comme Génération de 1837, qui eut une grande influence sur l’Argentine du XIXe siècle. Son chef d’œuvre est Facundo, une épopée faisant l’apologie du libéralisme inspiré de l’Europe des Lumières, contre la « barbarie » des caudillos, appuyés par leurs montoneros (troupes de gauchos). Fit l’apologie du génocide des Indiens et exprima un racisme viscéral vis—vis des Noirs.  Dans son ouvrage Voyages de 1849, il écrit entre autres : « (…) le mot mulâtre tire son origine de mule, un mélange de deux races différentes qui produisen,  entre le cheval et l’âne, la mule, et entre l’homme blanc et la femme noire, le mulâtre. Nos mulâtres verront tout l’honneur que leur font les caballeros qui ont inventé le mot » (Sarmiento, Viajes, 1849).

 

 
Courtesy of Escritos Críticos
Source: https://majfud.org/2018/10/20/el-viejo-cuento-de-la-corrupcion/
Publication date of original article: 20/10/2018
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=24390

El viejo cuento de la corrupción

French

English

La narrativa política que justifica cualquier opción como forma de acabar con la corrupción es tan antigua como la política y como la narrativa. En América Latina es un género clásico y sólo gracias a la poca memoria de los pueblos es posible repetirla, generación tras generación, como si se tratase de una novedad.

Pero esta narrativa, que sólo sirve a la consolidación o a la restauración de una determinada clase en el poder, se centra exclusivamente en la corrupción menor: un político, un senador, un presidente recibe diez mil o medio millón de dólares para favorecer a una gran empresa. Rara vez un pobre ofrece medio millón de dólares a un político para que le otorgue una pensión de quinientos dólares mensuales.

Es corrupto quien le paga un millón de dólares a un político para ampliar los beneficios de sus empresas y es corrupto el pobre diablo que vota por un candidato que le ha comprado las chapas para el techo de su casita en la villa miseria.

Pero es aún más corrupto aquel que no distingue entre la corrupción de la ambición y la corrupción de quien busca, desesperadamente, sobrevivir. Como decía la mexicana Sor Juana Inés de la Cruz a finales del siglo XVII, antes que el poder del momento la aplastara por insumisa:

¿O cuál es más de culpar,

aunque cualquiera mal haga:

la que peca por la paga

o el que paga por pecar?

Rara vez las acusaciones de corrupción se refieren a la corrupción legal. Ni importa si, gracias a una democracia orgullosa de respetar las reglas de juego, diez millones de votantes aportan cien millones de dólares a la campaña de un político y dos millonarios aportan sólo diez millones, una propina, al mismo candidato. Cuando ese político gane las elecciones cenará con uno de los dos grupos, y no es necesario ser un genio para adivinar cuál.

No importa si luego esos señores logran que el congreso de sus países apruebe leyes que benefician sus negocios (recortes de impuestos, desregulación de los salarios y de las inversiones, etc.), porque ellos no necesitarán violar ninguna ley, la ley que ellos mismos escribieron, como un maldito ladrón que no le roba a diez millones de honestos e inocentes ciudadanos sino a dos o tres pobres trabajadores que sólo sentirán la ira, la rabia y la humillación por el despojo que ven y no por el que no ven.

Pese a todo, aún podemos observar una corrupción aún mayor, mayor a la corrupción ilegal y mayor a la corrupción legal. Es esa corrupción que vive en el inconsciente del pueblo y que no procede de otro origen sino de la persistente corrupción del poder social que, como una gota, cava la roca a lo largo de los años, de los siglos.

Es la corrupción que vive en el mismo pueblo que la sufre, en ese hombre cansando, de manos curtidas o de títulos universitarios, en esa mujer sufrida, con ojeras, o en esa otra de naricita levantada. Es esa corrupción que se va a la cama y se levanta con cada uno de ellos, cada día, para reproducirse en el resto de su familia, de sus amigos, como la gripe, como el ébola.

No es simplemente la corrupción de unos pocos individuos que aceptan dinero fácil por los misteriosos atajos de la ley.

No, no es la corrupción de quienes están en el poder, sino esa corrupción invisible que vive como un virus de la frustración de quienes buscan acabar con la corrupción con viejos métodos probadamente corruptos.

Porque corrupción no es solo cuando alguien da o recibe dinero ilícito, sino también cuando alguien odia a los pobres porque reciben una limosna del Estado.

Porque la corrupción no es sólo cuando un político le da una canasta de comida a un pobre a cambio de su voto, sino cuando quienes no pasan hambre acusan a esos pobres de corruptos y holgazanes, como si no existieran los holgazanes en las clases privilegiadas.

Porque la corrupción no es sólo cuando un pobre holgazán logra que un político o el Estado le den una limosna para dedicarse a sus miserables vicios (vino barato en lugar de Jameson Irish whiskey), sino también cuando quienes están en el poder se convencen y convencen a los demás que sus privilegios lo ganaron ellos solos y en la más pura, destilada, justa ley, mientras que los pobres (esos que lavan sus baños y compran sus espejitos) viven del intolerable sacrificio de los ricos, algo que sólo un general o un Hombre de Negocios con mano dura puede poner fin.

Porque corrupción es cuando un pobre diablo apoya a un candidato que promete castigar a otros pobres diablos, que son los únicos diablos que el pobre diablo resentido conoce, porque se ha cruzado con ellos en la calle, en los bares, en el trabajo.

Porque corrupción es cuando un mulato como Domingo Sarmiento o Antonio Hamilton Martins Mourão siente vergüenza de los negros de su familia y odio infinito por los negros ajenos.

Porque corrupción es cuando un elegido de Dios, alguien que confunde la interpretación fanática de su pastor con los múltiples textos de una Biblia, alguien que va todos los domingos a la iglesia a rezarle al Dios del Amor y al salir tira unas monedas a los pobres y al día siguiente marcha contra el derecho a los mismos derechos de gente diferente, como los gays, las lesbianas, los trans, y lo hace en nombre de la moral y del hijo de Dios, Jesús, sí, ese mismo que tuvo mil oportunidades de condenar a esa misma gente diferente, inmoral, y nunca lo hizo, sino lo todo contrario.

Porque corrupción es apoyar a candidatos que prometen la violencia como forma de eliminar la violencia.  

Porque corrupción es creer y repetir con fanatismo que las dictaduras militares que asolaron América Latina desde el siglo XIX, esas que practicaron todas las variaciones posibles de corrupción, pueden alguna vez ser capaces de terminar con la corrupción.

Porque corrupción es odiar y, al mismo tiempo, acusar al resto de sufrir de odio.

Porque la corrupción está en la cultura y hasta en el corazón de los individuos más honestos de una sociedad.

Porque la peor de las corrupciones no es la que se lleva un millón de dólares, sino aquella otra que no deja ver ni escucha los alaridos de la historia, ni se escucha ni deja que se vea hasta que es demasiado tarde.

 

JM, octubre 2018

 

 

Brasil: el eterno país del futuro atrapado en su pasado colonial

English

Días antes de las elecciones en Brasil, un joven brasileño se me acercó y me dijo “Dios quiera que gane Bolsonaro. Es un militar y acabará con la corrupción”. No quise contestar. Estimo a este muchacho como una persona de bien, tal vez demasiado joven para ser otra cosa. Pero las dos breves frases resumían varios tomos de la historia y del presente latinoamericano.

Para empezar, lo obvio: si en el continente hubo gobiernos y regímenes corruptos, esos fueron los regímenes militares. Primero, porque toda dictadura es corrupta por definición y, segundo, porque los robos directos fueron siempre masivos, sólo que bastaba con denunciarlos para desaparecer o aparecer flotando en algún río con evidencias de tortura. Bastaría con mencionar el más reciente caso de la investigación a la fortuna del general Pinochet, un militar que acumuló varios millones de dólares con su salario de presidente no electo, por no ir a otros detalles como los miles de asesinados y muchos más perseguidos. Por no hablar de esa farsa autoconcedidas, como las condecoraciones, de asumirse la “reserva moral” y “bastion de coraje” de los pueblos por el solo hecho de poseer las armas que ese mismo pueblo financia con su trabajo, para que luego sus propios ejércitos los amenacen con “poner orden”, el orden de los cuarteles y de los cementerios. Esa misma cultura de la barbarie de no pocos generales y no pocos soldados y de no pocos carángidos que presumen de machos y de valerosos combatientes pero que nunca ganaron ni fueron a ninguna guerra contra otros ejércitos, y sí se dedicaron a servir a la oligarquía rural y a aterrorizar y amenazar a sus propios pueblos. Con la complicidad, claro, de millones de carángidos, ahora escondidos en su nueva condición de cowangry digitales.

Esta práctica y mentalidad militar aplicada a la vida civil y doméstica (desviada de todo propósito de ser de un ejército, es decir, la seguridad contra hipotéticos ataques exteriores), como las históricas y brutales desigualdades sociales de proporciones feudales, es una tradición latinoamericana que no nació con la guerra fría sino mucho antes de que nacieran las nuevas republicas y se consolidó con la corrupción, el racismo profundo e hipócrita, sobre todo en Brasil (el último país del continente en abolir la esclavitud), donde hasta el candidato a vicepresidente del capitán Bolsonaro, el general Mourão, un hombre mulato, como la mayoría de sus compatriotas, se congratula que su nieto aporte al “branqueamento da raça”. ¿Nunca nadie se ha cruzado con esta especie de ciudadano con un profundo desprecio racial y social por el noventa por ciento de su propia familia? Por no seguir con los mismos problemas históricos en otras regiones que destacan por su brutalidad en el Caribe o en América Central.

Lo segundo, menos obvio, es la apelación a Dios. De la misma forma que Estados Unidos reemplazó a Gran Bretaña en su consolidación de la verticalidad colonial española, las iglesias protestantes hicieron lo mismo con esas sociedades ultraconservadoras (patrones dueños de todo y silenciosas masas de pobres obedientes), las que habían sido previamente moldeadas por la jerarquía de la iglesia católica. A los protestantes, a los pentecostales y otras sectas les llevó por lo menos un siglo más que al dólar y a los cañones. El fenómeno se inició en los sesenta y setenta, probablemente: esos señores inocentes, presuntamente apolíticos, que iban puerta en puerta hablando de Dios, debían tener una clara traducción política. El paradójico efecto del amor cristiano (aquel amor radical de un rebelde que andaba rodeado de pobres y seres marginales de todo tipo, que no creía en las chances de los ricos en llegar al cielo y no recomendaba tomar la espada sino dar la otra mejilla, que rompió varias leyes bíblicas, como la obligación de matar a las adulteras a pedradas, que fue ejecutado como un criminal político) terminó derivando en el odio a los gays y a los pobres, en el deseo de arreglarlo todo a los tiros, como es el caso de candidatos medievales como el capitán Jair Messias Bolsonaro y muchos otros a lo largo de América Latina, apoyado por un fuerte y decisivo voto evangélico y por gente en transe que, regados en sudor y gritos histéricos, dice “hablar en lenguas” y solo habla el idioma inconexo de su propio odio político y su fanatismo ciego en que Dios los prefiere a ellos con una pistola en la mano antes que a alguien que, de forma pacífica, lucha por la justicia, el respeto al diferente y contra el poder arbitrario, como se supone que hacia Jesús.

En medio de la euforia de la década dorada de los gobiernos progresistas, como el de Lula, advertimos dos errores: el optimismo ingenuo y los peligros de la corrupción, que podía tener un efecto dominó. Porque la corrupción no fue una creación de ningún gobierno sino que es una marca de identidad de la cultura brasileña. No menos en Argentina, por nombrar solo un caso más.

A todo eso, hay que agregar que los tradicionales narradores sociales de la América Latina más rancia y poderosa, encontraron en la Venezuela de Maduro (de la igualmente patética oposición no se habla) el ejemplo y la excusa perfecta para seguir aterrorizando sobre algo con lo cual casi todos los países del continente han convivido desde la colonia: pobreza, crisis económicas, despojo, impunidad, violencia civil y violencia militar. No, el Brasil de Lula, el que sacó a treinta millones de la miseria, el de los súper empresarios, el de “Deus é brasileiro”, el Brasil que se iba a comer el mundo y había pasado el PIB de Inglaterra, no es el ejemplo de la propaganda brasileña… sino Venezuela.

 Era la coartada ideal: hacer creer que la corrupción no tenía doscientos años de brutal ejercicio, sino que la habían creado un par de gobiernos populistas de izquierda cinco, diez años atrás. Por el contario, estos gobiernos fueron una excepción ideológica en un continente profundamente conservador, racista, clasista y sexista. Todo lo que ahora encuentra resonancia con un mundo que abandona los ideales de la Ilustración y se sumerge de forma neurótica en un nuevo Medioevo, desde Europa hasta América latina, pasando por Estados Unidos.

Resta por saber si esta reacción medieval de las fuerzas tradicionales en el poder es solo eso, una reacción, o una tendencia de varias generaciones.

Para la segunda vuelta, la coalición contra Bolsonaro ya ha lanzado el lema: “Juntos pelo Brasil do diálogo e do respeito”.

Sólo este lema demuestra que quienes se oponen a Bolsonaro en Brasil, como quienes se oponen a Trump en Estados Unidos, no entienden la mentalidad del cowangry. El cowangry necesita saber que hay alguien más (no él, no ella) que va a devolver las mujeres a la cocina, los gays a sus closets, los negros al trabajo en las plantaciones, los pobres a las industrias y a las iglesias, que alguien va a tirar alguna bomba en alguna favela (“muerto el perro, muerta a rabia”), que alguien va a torturar a todos los que piensan diferente (sobre todo negros pobres, profesores, periodistas, feministas, críticos, gente culta pero sin títulos, y otros subversivos peligrosos con ideas foráneas, todo en nombre de Dios) y, de esa forma, alguien acabará con todos esos miserables, responsables de sus propias frustraciones personales.

 

JM, octubre 2018

 

 

Brasil: el eterno país del futuro atrapado en su pasado colonial

Días antes de las elecciones en Brasil, un joven brasileño se me acercó y me dijo “Dios quiera que gane Bolsonaro. Es un militar y acabará con la corrupción”. No quise contestar. Estimo a este muchacho como una persona de bien, tal vez demasiado joven para ser otra cosa. Pero las dos breves frases resumían varios tomos de la historia y del presente latinoamericano.

Para empezar, lo obvio: si en el continente hubo gobiernos y regímenes corruptos, esos fueron los regímenes militares. Primero, porque toda dictadura es corrupta por definición y, segundo, porque los robos directos fueron siempre masivos, sólo que bastaba con denunciarlos para desaparecer o aparecer flotando en algún río con evidencias de tortura. Bastaría con mencionar el más reciente caso de la investigación a la fortuna del general Pinochet, un militar que acumuló varios millones de dólares con su salario de presidente no electo, por no ir a otros detalles como los miles de asesinados y muchos más perseguidos. Por no hablar de esa farsa autoconcedidas, como las condecoraciones, de asumirse la “reserva moral” y “bastion de coraje” de los pueblos por el solo hecho de poseer las armas que ese mismo pueblo financia con su trabajo, para que luego sus propios ejércitos los amenacen con “poner orden”, el orden de los cuarteles y de los cementerios. Esa misma cultura de la barbarie de no pocos generales y no pocos soldados y de no pocos carángidos que presumen de machos y de valerosos combatientes pero que nunca ganaron ni fueron a ninguna guerra contra otros ejércitos, y sí se dedicaron a servir a la oligarquía rual y a aterrorizar y amenazar a sus propios pueblos. Con la complicidad, claro, de millones de carángidos, ahora escondidos en su nueva condición de cowangry digitales.

Esta práctica y mentalidad militar aplicada a la vida civil y doméstica (desviada de todo propósito de ser de un ejército, es decir, la seguridad contra hipotéticos ataques exteriores), como las históricas y brutales desigualdades sociales de proporciones feudales, es una tradición latinoamericana que no nació con la guerra fría sino mucho antes de que nacieran las nuevas republicas y se consolidó con la corrupción, el racismo profundo e hipócrita, sobre todo en Brasil (el último país del continente en abolir la esclavitud), donde hasta el candidato a vicepresidente del capitán Bolsonaro, el general Mourão, un hombre mulato, como la mayoría de sus compatriotas, se congratula que su nieto aporte al “branqueamento da raça”. ¿Nunca nadie se ha cruzado con esta especie de ciudadano con un profundo desprecio racial y social por el noventa por ciento de su propia familia? Por no seguir con los mismos problemas históricos en otras regiones que destacan por su brutalidad en el Caribe o en América Central.

Lo segundo, menos obvio, es la apelación a Dios. De la misma forma que Estados Unidos reemplazó a Gran Bretaña en su consolidación de la verticalidad colonial española, las iglesias protestantes hicieron lo mismo con esas sociedades ultraconservadoras (patrones dueños de todo y silenciosas masas de pobres obedientes), las que habían sido previamente moldeadas por la jerarquía de la iglesia católica. A los protestantes, a los pentecostales y otras sectas les llevó por lo menos un siglo más que al dólar y a los cañones. El fenómeno se inició en los sesenta y setenta, probablemente: esos señores inocentes, presuntamente apolíticos, que iban puerta en puerta hablando de Dios, debían tener una clara traducción política. El paradójico efecto del amor cristiano (aquel amor radical de un rebelde que andaba rodeado de pobres y seres marginales de todo tipo, que no creía en las chances de los ricos en llegar al cielo y no recomendaba tomar la espada sino dar la otra mejilla, que rompió varias leyes bíblicas, como la obligación de matar a las adulteras a pedradas, que fue ejecutado como un criminal político) terminó derivando en el odio a los gays y a los pobres, en el deseo de arreglarlo todo a los tiros, como es el caso de candidatos medievales como el capitán Jair Messias Bolsonaro y muchos otros a lo largo de América Latina, apoyado por un fuerte y decisivo voto evangélico y por gente en transe que, regados en sudor y gritos histéricos, dice “hablar en lenguas” y solo habla el idioma inconexo de su propio odio político y su fanatismo ciego en que Dios los prefiere a ellos con una pistola en la mano antes que a alguien que, de forma pacífica, lucha por la justicia, el respeto al diferente y contra el poder arbitrario, como se supone que hacia Jesús.

En medio de la euforia de la década dorada de los gobiernos progresistas, como el de Lula, advertimos dos errores: el optimismo ingenuo y los peligros de la corrupción, que podía tener un efecto dominó. Porque la corrupción no fue una creación de ningún gobierno sino que es una marca de identidad de la cultura brasileña. No menos en Argentina, por nombrar solo un caso más.

A todo eso, hay que agregar que los tradicionales narradores sociales de la América Latina más rancia y poderosa, encontraron en la Venezuela de Maduro (de la igualmente patética oposición no se habla) el ejemplo y la excusa perfecta para seguir aterrorizando sobre algo con lo cual casi todos los países del continente han convivido desde la colonia: pobreza, crisis económicas, despojo, impunidad, violencia civil y violencia militar. No, el Brasil de Lula, el que sacó a treinta millones de la miseria, el de los súper empresarios, el de “Deus é brasileiro”, el Brasil que se iba a comer el mundo y había pasado el PIB de Inglaterra, no es el ejemplo de la propaganda brasileña… sino Venezuela.

 Era la coartada ideal: hacer creer que la corrupción no tenía doscientos años de brutal ejercicio, sino que la habían creado un par de gobiernos populistas de izquierda cinco, diez años atrás. Por el contario, estos gobiernos fueron una excepción ideológica en un continente profundamente conservador, racista, clasista y sexista. Todo lo que ahora encuentra resonancia con un mundo que abandona los ideales de la Ilustración y se sumerge de forma neurótica en un nuevo Medioevo, desde Europa hasta América latina, pasando por Estados Unidos.

Resta por saber si esta reacción medieval de las fuerzas tradicionales en el poder es solo eso, una reacción, o una tendencia de varias generaciones.

Para la segunda vuelta, la coalición contra Bolsonaro ya ha lanzado el lema: “Juntos pelo Brasil do diálogo e do respeito”.

Sólo este lema demuestra que quienes se oponen a Bolsonaro en Brasil, como quienes se oponen a Trump en Estados Unidos, no entienden la mentalidad del cowangry. El cowangry necesita saber que hay alguien más (no él, no ella) que va a devolver las mujeres a la cocina, los gays a sus closets, los negros al trabajo en las plantaciones, los pobres a las industrias y a las iglesias, que alguien va a tirar alguna bomba en alguna favela (“muerto el perro, muerta a rabia”), que alguien va a torturar a todos los que piensan diferente, sobre negros pobres, profesores, periodistas y otros con ideas foráneas, todo en nombre de Dios, y de esa forma alguien acabará con todos esos miserables, responsables de sus propias frustraciones personales.

 

JM, octubre 2018

 

 

El fenómeno del cowangry en la nueva política

Una de las interpretaciones más sólidas, casi una obviedad, tanto en los sociólogos de izquierda como de derecha, es la lectura marxista de la realidad donde los procesos materiales, como la economía y la producción, influyen de manera decisiva en los procesos psicológicos, morales, políticos, ideológicos y culturales. La reinstauración de la esclavitud en Texas a mediados del siglo XIX, debido al reemplazo de la lana por el algodón en Europa, su abolición legal, unas décadas después, por la nueva industrialización en los estados del norte de Estados Unidos, el ingreso de la mujer a las fábricas y tantos otros fenómenos no podrían explicarse sin este factor.

Pero la realidad es siempre más compleja de lo que quisiéramos. En su pluri dimensionalidad, otros, como Max Weber e, incluso, varios pensadores marxistas del siglo XX (Gramsci, Althusser) analizaron cómo esta avenida es de ida y vuelta: los procesos culturales también influyen decisivamente en el resto de la realidad, incluida la economía, el poder militar, etc.

Por estas razones, por esta tradición analítica tan largamente estudiada y elaborada, resulta casi una herejía imaginar siquiera que una realidad social puede estar definida por procesos puramente psicológicos, como la angustia, la frustración, la rabia, la depresión, tal como observamos actualmente en, al menos, medio planeta. Uno siempre tiende a pensar que esas expresiones no son más que eso, expresiones, síntomas, consecuencias, y que las causas están en otro lado. Cuando echamos una mirada a la base material de la sociedad, enseguida vemos lo más obvio, una realidad que nadie puede negar sin contradecir la mayoría de los datos: el radical desbalance entre quienes trabajan o simplemente sobreviven y quienes acaparan la mayoría de los frutos de una sociedad y una civilización que ha sufrido mucho para llegar al grado de progreso científico, tecnológico y social a la que ha llegado y que, de repente, parece al borde de un colapso, tanto social como ecológico.

Esas razones infraestructurales son innegables. No obstante, podemos hacer un esfuerzo para enfocarnos en la cultura de las últimas décadas y tratar de explicar los nuevos fenómenos, como el regreso del orgullo fascista, apenas un siglo después de que comenzara a producir las dos mayores guerras mundiales que el centro del poder, del desarrollo, sufrió en la Era Moderna (si no contamos los silenciados holocaustos de los pueblos colonizados).

Sin tiempo (ni histórico ni personal) como para hacer un análisis basado en datos duros, no me queda más remedio que especular con algunas observaciones y una hipótesis.

Me refiero al factor psicológico que ha invadido la dinámica social. Como ya propusimos hace unos años, este factor se ha magnificado con el fenómeno de las redes sociales y las nuevas tecnológicas del anonimato o de la identificación a distancia, creando un individuo o una característica personal que podríamos llamar cowangry. Por múltiples razones, el neologismo en inglés no puede ser traducido sin debilitarlo.

Cowangry podría ser la clara mezcla de cobardía (cowardice) y rabia (anger) y, al memiso tiempo, ilustrarse con la rabia vacuna (cow angry), esos pobres animales que se ordeñan cada día, que rara vez se revelan y, cuando se revelan, sus patadas son tan inefectivas e intrascendentes que no tienen otro efecto que una soga más firme entre las patas. 

Este elemento psicológico siempre existió, pero estuvo controlado por un mínimo sentido de la responsabilidad, esa misma que hasta hoy muestran dos personas que piensan diferente, pero se encuentran cara a cara y se imponen ciertos límites, propios de seres civilizados. Sin ese elemento de responsabilidad social en las redes sociales, el cowangry se reprodujo en los últimos años de forma exponencial. Pero su efecto no se limitó a los espacios virtuales.

El antiguo sistema de democracia representativa, donde los individuos expresan sus opiniones a través del voto, se parece increíblemente al sistema de las redes sociales donde cada individuo, anónimo o identificado, actúa impune o protegido por la plena distancia. De igual forma, la conciencia de que su opinión o posición política y social tiene un efecto mínimo, infinitesimal, a la hora de votar, su reacción debe ser lo más extrema posible para compensar o mitigar esa debilidad sumada a la frustración que produce no solo la realidad económica sino sus mismos intentos vanos de agresión personal.

Cuando el cowangry vota en el sistema tradicional, no solo siente la frustración de la desigualdad económica que ama, sino también la ineficiencia o la debilidad de su voz, por lo que necesita apoyar a candidatos que expresen toda esa rabia tribal prometiendo palo y metralla con los que no están de acuerdo. Considerando que la izquierda se feminizó en la segunda mitad del siglo XX (anticolonialismo, feminismo, derechos de homosexuales y lesbianas, comprensión hacia los pobres, hacia los perdedores, etc.), que la derecha se mantuvo en el poder mundial pudiendo recurrir a un nivel todavía racional, frio, calculado, dulcemente propagandístico (Coca-Cola, la chispa de la vida), ahora la opción del cowangry no podía ser otra que la derecha fascista, nacionalista, machista, tribal; la del ganador que percibe que ya no lo es o ha dejado de ser el colonizador, el semental (“estamos asistiendo al genocidio de la raza blanca”), la del macho encolerizado después que la borrachera abandona el clímax de la euforia.

En cualquier caso, es una postura extrema pero aun así vaciada del valor real de los verdaderos activistas sociales. El compromiso del cowangry es frágil, precario, puede desaparecer con un solo click, como el mismo individuo con sus múltiples identidades (definición clásica del maniático), todo lo cual nunca elimina su frustración sino que, por el contrario, la amplifica y la potencia para un retorno aún más virulento e igualmente inefectivo. 

Hasta que el cowangry vota por un candidato que promete cambiar los argumentos racionales por unos insultos y unos cuantos balazos (Trump, Bolsonaro, y un largo etcétera), no para resolver los problemas del país, de la sociedad, sino para vengarse de todos aquellos que opinan, piensan o sienten diferente al cowangry. 

El cowangry está dispuesto a empobrecerse, a morirse de hambre si es necesario, pero nunca a perder en una disputa dialéctica, ideológica.

El cowangry es un fenómeno psicológico que ha desplazado la sociología, pero que, de durar en el tiempo, se convertirá en una característica cultural que definirá una época. Lo que, desde un punto de vista social y político, significa que apenas se agote la droga de la extrema derecha se podría pasar, luego de un retorno de la moderación, a una extrema izquierda tan visceral como la derecha, no racional, como forma de recuperar la necesidad que el cowangry siente por patear la mesa, no porque el mundo sea injusto, sino porque prefiere sufrir cualquier tipo de injusticia antes que ser dialéctica y psicológicamente derrotado por el adversario que, generalmente, aunque no siempre, es otro cowangry.

Así como la mentalidad de la iglesia que se absorbe desde pequeños (creer es prueba de la verdad) o la del estadio de fútbol (la pasión es prueba de que tengo razón) se traslada a la política con efectos catastróficos, confundiendo morrones con jalapeños, así esta batalla traslada sus dimensiones puramente psicológicas a la sociedad toda –empezando por las antiguas urnas.

El espectáculo se parece mucho al brote de lo que se conoció como vaca loca (mad cow) que, como un mal augurio, asustó al mundo en los años 90. Cowangry es la furia del cobarde, la furia de la vaca, la cow-angry.

 

 

JM, octubre 2018

 

 

 

 

Nunca te olvides de Stalin

(poema funcional)

 

No me recuerdes que el saqueo de las Américas exterminó cien millones de nativos

porque Stalin ejecutó y mató de hambre a veinte millones. 

 

No me menciones que Inglaterra colonizó y esclavizó a más de medio planeta

no con flores ni con té a las cinco

sino con cañones civilizados y felices esclavos

 

Porque Stalin mató a más de veinte millones. 

 

No me importa si sólo un rey de Bélgica (¿Leopold, dijiste?)

mató diez millones en África

para mejorar sus negocios en Europa

y recibió cincuenta condecoraciones de todas partes del mundo

 

Porque Stalin mató veintidós millones.   

 

No me jodas con que Hitler, en menos tiempo,

mató sólo diez de millones

porque tal vez fueron menos

(pruebas no hay y el maldito Stalin mandó matar otros veinte millones de rusos

para terminar con el sueño del Führer)

 

Porque Stalin mató veintitrés millones.  

 

No me vengas con las veinte o treinta dictaduras en América Latina

casi todas promovidas por los higiénicos negocios de las grandes empresas

de la Gran Democracia del Norte

(no me jodas con los esclavos; siempre fue una Gran democracia

Líder del Mundo Libre)

que pusieron orden en el caos

de los bananeros de Árbenz en América central

de los mineros de Neruda

de los nadies de Galeano

en la sufrida América

 

Porque Stalin mató treinta millones.  

 

No me vengas con que Martin Luther King y Albert Einstein 

allá en el Imperio de hoy

eran socialistas

porque hay que ser retardados mentales para no repetir

mil veces que

 

Stalin mató treinta y tres millones. 

 

Si quieres los cincuenta mil dólares

o si quieres ser una buena persona

un patriota

héroe de la libertad y la democracia

no escribas sobre las injusticias de ayer

ni las de hoy

(escribe sobre el genocidio en Venezuela;

me quedan cincuenta mil dólares sin destino aún,

cuando quieras)

pero no me vengas con las bombas atómicas

en Hiroshima y Nagasaki

(¿sabes que Irán podría hacer lo mismo?)

no me vengas con la heroica guerra en Vietnam

que no la hubiésemos perdido

si no fuese por Chomsky y Mohammed Ali.

(en realidad no la perdimos, la ganamos)

 

Porque Stalin mató treinta y cuatro millones. 

 

Termina ya con esas teorías fake, hoax de hoy

(si algo odio en este mundo

aparte de los comunista-feminista-islámicos

alrededor de este rico mundo

de mierda

aparte de la gente que, como tú, piensa diferente,

son los profesores de Estados Unidos.

¡tan contradictorios, tan retardados!)

 

No saben que Stalin mató treinta y cuatro millones. 

 

Deja ya (¿sesenta mil dólares es suficiente? última oferta) esas tonterías

sobre el calentamiento global

sobre el millón de muertos de la guerra de Iraq

que, dices, sus promotores ya hace tiempo reconocieron

(¿pero qué mierda importa todo eso ahora?)

siempre habrá errores en la lucha por el Bien:

guerras basadas en información incorrecta de inteligencia

bombardeos de drones inteligentes sobre niños incivilizados

lo lamentamos mucho

porque somos buenos.

 

No como

 

Stalin que mató treinta y cinco millones. 

 

No, no me importa si insistes que no eres comunista

para mí eres comunista

Como el asesino del Che que ejecutó a quinientos patriotas

que valían por cincuenta millones

como el marxista padre Romero (tuvimos que matarlo,

como a tantos otros, por el bien de la democracia)

como Allende, como…

sí, a todos tuvimos que matarlos, para evitar que

 

Stalin matara otros cuarenta millones

 

Obvio que eres comunista

cuando vienes con eso de los Derechos Humanos

de la Libertad y la Democracia

la justicia (no me hagas reir, comemlielda;

solo nosotros podemos hablar

y matar

en nombre de la libertad y la democracia)

 

Yo sé y me basta con saber que eres comunista y asesino

(no necesito explicaciones ni teorías

esas son cosas de maricones)

Lo sé porque no pones la mano en el corazón

cuando suena el himno de la patria

Cuando no quieres fusilar treinta mil, como Bolsonaro

en cada país

para arreglar los problemas, como se debe.

 

Eres comunista-feminista-islámico cuando no repites conmigo que

 

Stalin mató cuarenta y dos millones. 

 

Nope, no me digas que nunca defendiste a Stalin

Eso me ofende

 

porque Stalin sí mató a cuarenta y cuatro millones.  

 

Nope, no me digas que siempre estuviste en contra de los crímenes de Stalin

 

porque Stalin mató cuarenta y cinco millones.  

 

Y si las cruzadas y la inquisición y los imperios de todos los colores,

en el 1208 o en el 2018

que esclavizaron cientos de millones a lo largo de los siglos

existieron

sabes bien

fue para evitar que

 

Stalin matara a cuarenta y ocho millones. 

 

Por eso, cuando veas un niño comiendo basura

en Buenos Aires, en Los Angeles, en Paris o en Kuala Lumpur

cuando veas un millón de muertos en una nueva guerra

en algún país salvaje

en alguna cultura terrorista

 

cuando veas que nos quedamos con sus tierras

porque son terroristas

o nos quedamos con sus recursos

porque querían acabar con nuestro way of life

recuerda

que

 

Stalin mató cincuenta millones. 

 

 

 

JM, setiembre 2018