L’extrême droite et le droit extrême.

Synthèse pour comprendre les événements aux États-Unis depuis leurs racines

par Jorge Majfud *

La extrema derecha y el derecho extremo 13 enero, 2021

Toutes les versions de cet article : [Español

L’une des spécialités d’une puissance dominante est sa capacité à détourner les acquis et les mérites des autres, du progrès matériel au progrès social. Ainsi, le capitalisme, le néolibéralisme et la nouvelle idéologie radicale des affaires (selon laquelle même les petits hommes d’affaires et entrepreneurs, qui souffrent depuis longtemps, se croient membres du même syndicat qu’Elon Musk, la famille Walton et Donald Trump) ont convaincu le monde que nous devons tous les progrès économique, technologique, scientifique et le pain que nous mangeons à son ordre bienfaiteur. Cette absurdité, facilement réfutée mais fossilisée dans la superstition populaire, est aussi absurde que l’idée selon laquelle le capitalisme et la démocratie vont de pair, quand l’histoire montre que, dans l’écrasante majorité des cas, ce fut le le contraire. Les grandes entreprises et les corporations ont promu de multiples guerres et dictatures, à l’exception de ce pays d’où venaient ce pouvoir et l’intérêt de l’ordre et du bon exemple. L’un de ces problèmes (un seul mais d’importance vitale) a été remarqué et dénoncé sur la chaîne de télévision par le même président et général Dwight Eisenhower en 1961, au moment de dire adieu à la présidence : l’alliance obscène dans son pays entre le pouvoir militaire et les grancdes entreprises. Le président Rutherford Hayes avait fait de même en 1886 : « Ce n’est pas un gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ; c’est un gouvernement de grandes entreprises, par elles et pour elles sociétés.

La démocratie est un autre exemple de kidnapping parfait, tout comme l’étaient les religions officielles, où même Jésus finit par être le protecteur du capitalisme, le porte-parole de l’ambition débridée des milliardaires , bénissant les guerres et les dictatures de toutes sortes. Lorsque les démocraties étaient inévitables dans plusieurs pays, elles ont été colonisées à travers la grande presse et les nouveaux médias de masse tels que la radio et le cinéma.

Aux États-Unis, à la fin du XIXe siècle, les blancs d’esclavagistes, vaincus pendant la guerre civile, se sont rebellés contre les nouveaux droits des Noirs. Ils ont créé le plus ancien groupe terroriste qui existe, le Ku Klux Klan (KKK), et les soulèvements, les lynchages et même les tentatives directes de coups d’État, à la manière d’une république bananière, sont devenus populaires. Certains ont réussi. Le 9 novembre 1898, une foule s’empara de la Cour de Wilmington, la plus grande ville de Caroline du Nord, et déclara « l’ indépendance de la race blanche » basée sur la « supériorité de l’homme blanc » et la constitution du pays, qui « n’a pas été écrit pour inclure les ignorants d’origine africaine  ». Les noirs, la majorité dans cette ville, avaient réussi à participer aux dernières élections, en élisant quelques représentants. Le lendemain, deux mille blancs armés ont pris d’assaut les rues, détruit et incendié des commerces et le seul journal de la ville dirigé par des noirs. Sans surprise, la rumeur s’est répandue que certains noirs ont ouvert le feu sur les vandales blancs, ce pourquoi l’ordre a été donné de « tuer tout noir sanglant qui se montre ». Pour ramener l’ordre, le gouverneur a ordonné aux soldats qui étaient revenus de Cuba (où avait été confisquée leur propre révolution à d’autres Noirs) de prendre la ville. En conséquence, quelques centaines de Noirs ont été exécutés et des milliers ont dû quitter leurs maisons. Le gouvernement et ses représentants noirs, élus dans les urnes, ont été remplacés par une dictature qui ne sera jamais qualifiée de dictature, mais le gouvernement de citoyens responsables et pacifiques qui avait rétabli « l’ordre public » et la volonté de Dieu. Cela ressemble à quelque chose de récent ?

Même les féministes, combattantes pour le vote féminin comme Rebecca Latimer Felton, recommanderont de lyncher les Noirs qui ont remporté les élections de 1898 en Caroline du Nord, car plus ils sont éduqués et plus ils participent à la politique, plus ils représentent une grande menace pour la virginité des sans défense. Les femmes blanches. Le lynchage était (est) une institution établie par la race supérieure qui, non sans ironie, craint la supériorité physique et sexuelle des races inférieures. Rebecca Latimer Felton, championne de la modernisation de l’éducation, n’a cessé d’insister sur le fait que plus on investit d’argent dans l’éducation des Noirs, plus ils commettent de crimes. Pendant des années, elle a soutenu que donner aux Noirs le droit de vote entraînerait le viol de femmes blanches.Bien que depuis des générations immémoriales des viols aient généralement été commis par des hommes blancs contre des femmes noires, le fantasme pornographique du pouvoir ne s’est jamais reposé et Felton a recommandé mille lynchages par semaine pour diminuer les appétits sexuels de ces hommes sombres et ignorants qu’elle considèrait comme des gorilles. En 1922, pendant 24 heures, la féministe raciste Felton est devenue le premier sénateur américain de Géorgie. La deuxième femme a été Kelly Loeffler, également de Géorgie, qui, en janvier 2021, a perdu face au candidat [pasteur] noir Raphael Warnock. Le même jour, des milliers de fanatiques blancs ont pris d’assaut le Congrès à Washington, où le collège électoral devait confirmer leur défaite.

Au XXe siècle, pour éviter la catastrophe de la race blanche annoncée par Charles Henry Pearson, le mot race a été remplacé par le communisme. Le roque sémantique est si efficace qu’il survivra à des générations de critiques inadaptés, de critiques antipatriotiques et de toutes sortes d’extrémistes de gauche radicaux. En Amérique Latine, l’extrême gauche plus radicale était aussi un effet collatéral inévitable de la puissance impériale. Plus récemment, ni Cuba, ni le Venezuela, ni aucune autre expérience indépendantiste n’auraient été ce qu’ils furent et ce qu’ils sont sans l’intervention persistante et profonde de Washington et des mégacorporations du nord. L’extrême droite, depuis les dictatures militaires jusqu’ aux démocraties sous tutelle, justifiées dans la réaction contre la réaction. Theodore Roosevelt l’avait mis par écrit en 1897 : « La démocratie de ce siècle n’a pas besoin de plus de justification pour son existence que le simple fait qu’elle ait été organisée pour que la race blanche conserve les meilleures terres du Nouveau Monde ». Des blancs riches, pour être plus précis.

Désormais aux États-Unis, les événements présents et à venir déplaceront un peu le spectre politique vers la gauche, lequel, en raison du changement de génération, allait déjà dans cette direction avant la réaction conservatrice menée par Trump. Trump ne gagnera pas le soutien du Pentagone en raison d’une différence fonctionnelle entre les armées US et latinoaméricaine. Elles ont toujours été complémentaires : celle des Etats-Unis est en charge du niveau international et celles du Tiers Monde des affaires intérieures, ne livrant aucune guerre avec d’autres armées mais réprimant les revendications populaires dans leurs pays.

Aux États-Unis, les mouvements populaires et progressistes ont joué un rôle central dans les changements sociaux les plus profonds, de l’abolition de l’esclavage, la lutte pour les droits des travailleurs, le vote des femmes, jusqu’à la lutte pour les droits civiques des années 60 et 70 (comme nous l’avons rappelé plus haut, ces mouvements ont également été fréquemment détournés par la réaction de la puissance blessée). L’extrême droite, au contraire, est la réaction permanente en faveur des maîtres, de ceux d’en haut, presque toujours dirigée par les mêmes esclaves et contremaîtres d’en bas. Or, aux États-Unis, comme en Europe et en Amérique Latine, l’extrême droite est une manifestation collatérale du pouvoir social et politique qui, avec la frustration de ses membres impuissants, crée une instabilité sociale qui devient une menace pour les intérêts du pouvoir qu’ils servent . Soudain, Wall Street et les entreprises dominantes réclament le « rétablissement de l’ordre ». L’imprévisibilité est le deuxième ennemi des investisseurs.

Jorge Majfud, 12 janvier 2021.

Traduit de l’espagnol pour El Correo de la Diaspora par : Estelle et Carlos Debiasi

El Correo de la Diaspora. Paris, 17 janvier 2020.

La extrema derecha y el derecho extremo 13 enero, 2021

La extrema derecha y el derecho extremo

Síntesis para comprender los eventos en Estados Unidos desde su raíz

La extrema derecha y el derecho extremo

Una de las especialidades de un poder dominante es su capacidad para secuestrar logros y méritos ajenos, desde los progresos materiales hasta los progresos sociales. Así, el capitalismo, el neoliberalismo y la nueva ideología radical de los negocios (por la cual hasta los pequeños y sufridos empresarios y emprendedores se creen miembros del mismo gremio que integran Elon Musk, la familia Walton y Donald Trump) ha convencido al mundo que le debemos todos los progresos económicos, tecnológicos, científicos y el pan que comemos a su orden benefactor. Este absurdo, fácil de refutar pero fosilizado en la superstición popular, es tan absurdo como la idea de que el capitalismo y la democracia van juntos, cuando la historia demuestra que, en la abrumadora mayoría de los casos, ha significado lo contrario. Los grandes negocios y las corporaciones han promovido múltiples guerras y dictaduras, con la excepción de aquel país de donde procedía ese poder y el interés de orden y buen ejemplo. Uno de estos problemas (solo uno pero de vital importancia) lo advirtió y denunció por cadena de televisión el mismo presidente y general Dwight Eisenhower en 1961, al momento de despedirse de la presidencia: la obscena alianza en su país entre el poder militar y las corporaciones. Lo mismo había hecho el presidente Rutherford Hayes en 1886: “este no es el gobierno del pueblo, por el pueblo y para el pueblo; es un gobierno de las corporaciones, por las corporaciones y para las corporaciones”.

La democracia es otro ejemplo de secuestro perfecto, tal como lo fueron las religiones oficiales, por la cual hasta Jesús termina siendo el protector del capitalismo, el portavoz de la ambición desenfrenada de los multimillonarios y bendice guerras y dictaduras de todo tipo. Cuando las democracias fueron inevitables en múltiples países, se las colonizó a través de la gran prensa y de los nuevos medios de comunicación masivos como la radio y el cine. 

En Estados Unidos, a fines del siglo XIX los blancos esclavistas, derrotados en la Guerra civil, se rebelaron contra los nuevos derechos de los negros. Crearon el grupo terrorista más antiguo que existe, el KKK, y se popularizaron los alzamientos, linchamientos y hasta intentos directos de golpes de Estado, estilo banana republic. Alguno tuvo éxito. El 9 de noviembre de 1898, una turba tomó la corte de Wilmington, la mayor ciudad de Carolina del Norte, y declaró la “Independencia de la Raza Blanca” en base a la “superioridad del hombre blanco” y la constitución del país, que “no había sido escrita para incluir a gente ignorante de origen africano”. Los negros, la mayoría de esta ciudad, habían logrado participar en las últimas elecciones, eligiendo a algunos representantes. Al día siguiente, dos mil blancos armados tomaron por asalto las calles, destruyeron y quemaron negocios y el único diario de la ciudad administrado por la raza inferior. Como era de esperar, se corrió la voz de que algunos negros habían abierto fuego contra los vándalos blancos, por lo cual se ordenó “matar a cualquier maldito negro que se deje ver”. Para poner orden, el gobernador ordenó a los soldados que habían regresado de Cuba (donde le secuestraron a otros negros su propia revolución) tomar la ciudad. Como resultado, algunos cientos de negros fueron ejecutados y miles debieron abandonar sus casas. El gobierno y sus representantes, elegidos en las urnas, fueron reemplazados por una dictadura que nunca se llamará dictadura, sino el gobierno de ciudadanos responsables y pacíficos que habían restaurado “la ley y el orden” y la voluntad de Dios. ¿Suena como algo reciente?

Incluso feministas, luchadoras por el voto femenino como Rebecca Latimer Felton, recomendará linchar a los negros que ganaron las elecciones de 1898 en Carolina del Norte, ya que cuanto más educados y cuanto más participan en política, mayor amenaza suponen a la virginidad de las indefensas mujeres blancas. El linchamiento fue (es) una institución establecida por la raza superior que, no sin ironía, le teme a la superioridad física y sexual de las razas inferiores. Felton, campeona de la modernización de la educación, no dejaba de insistir que, cuanto más dinero se invierte en la educación de los negros, más crímenes comenten. Por años, argumentó que otorgarle el derecho al voto conduciría a la violación de las mujeres blancas. Aunque desde inmemoriales generaciones las violaciones generalmente eran cometidas por hombres blancos contra jóvenes negras, la fantasía pornográfica del poder nunca descansó y Felton recomendó mil linchamientos por semana para menguar el apetito sexual de estos hombres oscuros e ignorantes que ella considera gorilas. En 1922, por 24 horas, la feminista racista se convirtió en la primera senadora de Estados Unidos por Georgia. La segunda mujer fue Kelly Loeffler, también por Georgia, quien, en enero de 2021, perdió con el candidato negro Raphael Warnock. Ese mismo día, miles de fanáticos blancos asaltaron el Congreso en Washington, donde el colegio electoral iba a confirmar su derrota.

En el siglo XX, como forma de evitar la catástrofe de la raza blanca anunciada por Charles Pearson, se sustituirá la palabra raza por comunismo. El enroque semántico es tan efectivo que sobrevivirá a varias generaciones de críticos inadaptados, antipatriotas y todo tipo de radicales extremistas de izquierda. En América latina, la extrema izquierda más radical también fue un inevitable efecto colateral del poder imperial. Ni Cuba ni Venezuela ni ninguna otra experiencia independentista hubiesen sido lo que fueron y lo que son sin la persistente y profunda intervención de Washington y las megacorporaciones del norte. La extrema derecha, desde las dictaduras militares hasta las democracias tuteladas, justificadas en la reacción contra la reacción, también. Theodore Roosevelt lo había puesto por escrito en 1897: “la democracia de este siglo no necesita más justificación para su existencia que el simple hecho de que ha sido organizada para que la raza blanca se quede con las mejores tierras del Nuevo mundo”. Los blancos ricos, para ser más precisos.

Ahora en Estados Unidos, los hechos presentes y por venir moverán el espectro político un poco hacia la izquierda, el cual, debido al recambio generacional, ya iba en esa dirección antes de la reacción conservadora liderada por Trump. Trump no logrará el apoyo del Pentágono por una diferencia funcional entre los ejércitos de EE.UU. y los de América latina. Siempre han sido complementarios: el de Estados Unidos se encarga del nivel internacional y los del Tercer mundo del asunto doméstico, no peleando ninguna guerra con otros ejércitos sino reprimiendo los reclamos populares en el interior de sus países.

En Estados Unidos, los movimientos populares y progresistas fueron centrales en sus cambios sociales más profundos, desde la abolición de la esclavitud, la lucha por los derechos laborales, el voto femenino, hasta la lucha por los derechos civiles de los años sesenta y setenta (como recordamos más arriba, con frecuencia estos movimientos también fueron secuestrados  por la reacción del poder herido). La extrema derecha, en cambio, es la permanente reacción en favor de los amos, de los de arriba, casi siempre liderada por los mismos esclavos y capataces de abajo. Ahora, en Estados Unidos, como en Europa y en América Latina, la extrema derecha es una manifestación colateral del poder social y político que, con la frustración de sus miembros sin poder, crean una inestabilidad social que se convierte en una amenaza a los mismos intereses del poder a los que sirven. De repente, Wall Street y las corporaciones dominantes claman por la “restauración del orden”. La impredictibilidad es el segundo mayor enemigo de los inversionistas. 

JM, 12 de enero de 2021

https://www.nuevatribuna.es/articulo/global/extrema-derecha-derecho-extremo/20210117112426183478.html

https://mundo.sputniknews.com/radio_telescopio/202101121094091104-asalto-al-capitolio-toda-violencia-que-no-se-exporta-se-consume-en-el-mercado-interno/

https://mundo.sputniknews.com/radio_gps_internacional/202101131094094342-eeuu-como-impactaran-en-la-democracia-norteamericana-los-episodios-en-el-capitolio/

Radio 750 AM, Argentina

Jorge Majfud: “El terrorismo de extrema derecha está muy arraigado en la sociedad estadounidense”



https://www.youtube.com/watch?reload=9&reload=9&v=KSdYAlcWTX0&feature=emb_logo



http://radiouruguay.uy/wp-content/uploads/2021/01/PUNTOS_210121_majfud_jorge.mp3?_=1

L’extrême droite et le droit extrême.

Synthèse pour comprendre les événements aux États-Unis depuis leurs racines

par Jorge Majfud *

La extrema derecha y el derecho extremo 13 enero, 2021

Toutes les versions de cet article : [Español

L’une des spécialités d’une puissance dominante est sa capacité à détourner les acquis et les mérites des autres, du progrès matériel au progrès social. Ainsi, le capitalisme, le néolibéralisme et la nouvelle idéologie radicale des affaires (selon laquelle même les petits hommes d’affaires et entrepreneurs, qui souffrent depuis longtemps, se croient membres du même syndicat qu’Elon Musk, la famille Walton et Donald Trump) ont convaincu le monde que nous devons tous les progrès économique, technologique, scientifique et le pain que nous mangeons à son ordre bienfaiteur. Cette absurdité, facilement réfutée mais fossilisée dans la superstition populaire, est aussi absurde que l’idée selon laquelle le capitalisme et la démocratie vont de pair, quand l’histoire montre que, dans l’écrasante majorité des cas, ce fut le le contraire. Les grandes entreprises et les corporations ont promu de multiples guerres et dictatures, à l’exception de ce pays d’où venaient ce pouvoir et l’intérêt de l’ordre et du bon exemple. L’un de ces problèmes (un seul mais d’importance vitale) a été remarqué et dénoncé sur la chaîne de télévision par le même président et général Dwight Eisenhower en 1961, au moment de dire adieu à la présidence : l’alliance obscène dans son pays entre le pouvoir militaire et les grancdes entreprises. Le président Rutherford Hayes avait fait de même en 1886 : « Ce n’est pas un gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ; c’est un gouvernement de grandes entreprises, par elles et pour elles sociétés.

La démocratie est un autre exemple de kidnapping parfait, tout comme l’étaient les religions officielles, où même Jésus finit par être le protecteur du capitalisme, le porte-parole de l’ambition débridée des milliardaires , bénissant les guerres et les dictatures de toutes sortes. Lorsque les démocraties étaient inévitables dans plusieurs pays, elles ont été colonisées à travers la grande presse et les nouveaux médias de masse tels que la radio et le cinéma.

Aux États-Unis, à la fin du XIXe siècle, les blancs d’esclavagistes, vaincus pendant la guerre civile, se sont rebellés contre les nouveaux droits des Noirs. Ils ont créé le plus ancien groupe terroriste qui existe, le Ku Klux Klan (KKK), et les soulèvements, les lynchages et même les tentatives directes de coups d’État, à la manière d’une république bananière, sont devenus populaires. Certains ont réussi. Le 9 novembre 1898, une foule s’empara de la Cour de Wilmington, la plus grande ville de Caroline du Nord, et déclara « l’ indépendance de la race blanche » basée sur la « supériorité de l’homme blanc » et la constitution du pays, qui « n’a pas été écrit pour inclure les ignorants d’origine africaine  ». Les noirs, la majorité dans cette ville, avaient réussi à participer aux dernières élections, en élisant quelques représentants. Le lendemain, deux mille blancs armés ont pris d’assaut les rues, détruit et incendié des commerces et le seul journal de la ville dirigé par des noirs. Sans surprise, la rumeur s’est répandue que certains noirs ont ouvert le feu sur les vandales blancs, ce pourquoi l’ordre a été donné de « tuer tout noir sanglant qui se montre ». Pour ramener l’ordre, le gouverneur a ordonné aux soldats qui étaient revenus de Cuba (où avait été confisquée leur propre révolution à d’autres Noirs) de prendre la ville. En conséquence, quelques centaines de Noirs ont été exécutés et des milliers ont dû quitter leurs maisons. Le gouvernement et ses représentants noirs, élus dans les urnes, ont été remplacés par une dictature qui ne sera jamais qualifiée de dictature, mais le gouvernement de citoyens responsables et pacifiques qui avait rétabli « l’ordre public » et la volonté de Dieu. Cela ressemble à quelque chose de récent ?

Même les féministes, combattantes pour le vote féminin comme Rebecca Latimer Felton, recommanderont de lyncher les Noirs qui ont remporté les élections de 1898 en Caroline du Nord, car plus ils sont éduqués et plus ils participent à la politique, plus ils représentent une grande menace pour la virginité des sans défense. Les femmes blanches. Le lynchage était (est) une institution établie par la race supérieure qui, non sans ironie, craint la supériorité physique et sexuelle des races inférieures. Rebecca Latimer Felton, championne de la modernisation de l’éducation, n’a cessé d’insister sur le fait que plus on investit d’argent dans l’éducation des Noirs, plus ils commettent de crimes. Pendant des années, elle a soutenu que donner aux Noirs le droit de vote entraînerait le viol de femmes blanches.Bien que depuis des générations immémoriales des viols aient généralement été commis par des hommes blancs contre des femmes noires, le fantasme pornographique du pouvoir ne s’est jamais reposé et Felton a recommandé mille lynchages par semaine pour diminuer les appétits sexuels de ces hommes sombres et ignorants qu’elle considèrait comme des gorilles. En 1922, pendant 24 heures, la féministe raciste Felton est devenue le premier sénateur américain de Géorgie. La deuxième femme a été Kelly Loeffler, également de Géorgie, qui, en janvier 2021, a perdu face au candidat [pasteur] noir Raphael Warnock. Le même jour, des milliers de fanatiques blancs ont pris d’assaut le Congrès à Washington, où le collège électoral devait confirmer leur défaite.

Au XXe siècle, pour éviter la catastrophe de la race blanche annoncée par Charles Henry Pearson, le mot race a été remplacé par le communisme. Le roque sémantique est si efficace qu’il survivra à des générations de critiques inadaptés, de critiques antipatriotiques et de toutes sortes d’extrémistes de gauche radicaux. En Amérique Latine, l’extrême gauche plus radicale était aussi un effet collatéral inévitable de la puissance impériale. Plus récemment, ni Cuba, ni le Venezuela, ni aucune autre expérience indépendantiste n’auraient été ce qu’ils furent et ce qu’ils sont sans l’intervention persistante et profonde de Washington et des mégacorporations du nord. L’extrême droite, depuis les dictatures militaires jusqu’ aux démocraties sous tutelle, justifiées dans la réaction contre la réaction. Theodore Roosevelt l’avait mis par écrit en 1897 : « La démocratie de ce siècle n’a pas besoin de plus de justification pour son existence que le simple fait qu’elle ait été organisée pour que la race blanche conserve les meilleures terres du Nouveau Monde ». Des blancs riches, pour être plus précis.

Désormais aux États-Unis, les événements présents et à venir déplaceront un peu le spectre politique vers la gauche, lequel, en raison du changement de génération, allait déjà dans cette direction avant la réaction conservatrice menée par Trump. Trump ne gagnera pas le soutien du Pentagone en raison d’une différence fonctionnelle entre les armées US et latinoaméricaine. Elles ont toujours été complémentaires : celle des Etats-Unis est en charge du niveau international et celles du Tiers Monde des affaires intérieures, ne livrant aucune guerre avec d’autres armées mais réprimant les revendications populaires dans leurs pays.

Aux États-Unis, les mouvements populaires et progressistes ont joué un rôle central dans les changements sociaux les plus profonds, de l’abolition de l’esclavage, la lutte pour les droits des travailleurs, le vote des femmes, jusqu’à la lutte pour les droits civiques des années 60 et 70 (comme nous l’avons rappelé plus haut, ces mouvements ont également été fréquemment détournés par la réaction de la puissance blessée). L’extrême droite, au contraire, est la réaction permanente en faveur des maîtres, de ceux d’en haut, presque toujours dirigée par les mêmes esclaves et contremaîtres d’en bas. Or, aux États-Unis, comme en Europe et en Amérique Latine, l’extrême droite est une manifestation collatérale du pouvoir social et politique qui, avec la frustration de ses membres impuissants, crée une instabilité sociale qui devient une menace pour les intérêts du pouvoir qu’ils servent . Soudain, Wall Street et les entreprises dominantes réclament le « rétablissement de l’ordre ». L’imprévisibilité est le deuxième ennemi des investisseurs.

Jorge Majfud, 12 janvier 2021.

Traduit de l’espagnol pour El Correo de la Diaspora par : Estelle et Carlos Debiasi

El Correo de la Diaspora. Paris, 17 janvier 2020.

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https://radiocut.fm/audiocut/jorge-majfud-en-40/

El gobierno de las corporaciones y para las corporaciones

Washington DC. 3 de marzo de 1877—Rutherford Hayes jura como nuevo presidente de Estados Unidos. Sus adversarios, los esclavistas demócratas del sur, no reconocen el resultado de las elecciones del año anterior y lo llaman Rutherfraud. El año que viene, luego de la infame Guerra de la Triple Alianza en América del Sur, Hayes arbitrará en la disputa entre Paraguay y Argentina, concediendo a Paraguay más de la mitad de su futuro territorio.

El presidente Hayes no es un tipo fácil. Piensa que el gobierno de Estados Unidos se ha convertido en un instrumento de los millonarios y de las grandes corporaciones. Luego de cumplir con su promesa de no presentarse a la reelección, en 1886 escribirá advirtiendo a las generaciones por venir sobre la absurda desproporción de la riqueza acumulada en tan pocas manos: “El dinero es poder. Es poder en el Congreso, en los estados, en los ayuntamientos, en los tribunales, en las convenciones políticas, en la prensa, en las iglesias, en la educacióny la influencia del dinero es cada vez mayor”.

Frustrado, el 11 de marzo de 1889 escribirá en su diario: “El problema radica en la gran riqueza y el poder en manos de unos pocos inescrupulosos que controlan los capitales. En el Congreso nacional y en las legislaturas estatales se aprueban cientos de leyes dictadas por el interés de estos hombres y en contra de los intereses de los trabajadores… Este no es el gobierno del pueblo, por el pueblo y para el pueblo. Es un gobierno de las corporaciones, por las corporaciones y para las corporaciones”. Luego advertirá:“La riqueza excesiva en manos de unos pocos significa pobreza extrema, ignorancia, vicio y miseria de unos muchos… Si el pueblo estuviese debidamente informado, si pudiese entender cuál es el problema, seguramente buscaría la solución… Una solución sería, por ejemplo, poder aprobar leyes que regulen el poder de las corporaciones, de sus propiedades… de los impuestos que pagan”.

El 18 de julio de 2019 el USA Today publicará una investigación sobre la dinámica de la democracia estadounidense. Solo en un período de ocho años, los congresos estatales de los cincuenta estados de la nación recibirán 10.163 proyectos de leyes escritos por las grandes corporaciones, de los cuales más de 2.100 serán aprobados. En muchos casos se tratará de un simple copia-y-pega con mínimas variaciones.

Nada nuevo. Nada que la población recuerde más allá del segundo café de la tarde o de la primera cerveza de la noche.

JM, 11 de enero de 2021

https://mundo.sputniknews.com/radio_telescopio/202101121094091104-asalto-al-capitolio-toda-violencia-que-no-se-exporta-se-consume-en-el-mercado-interno/

Silicona 5.0 (dos reseñas)

Reseña de la novela Silicona 5.0, de Jorge Majfud (I)

Por Jorge Mejía

Aprendemos el mundo según cómo se nos muestra. El afán de comprenderlo y, debe decirse, dominarlo, desde hace mucho tiempo nos ha llevado a dividir el mundo en mitades, en contraposiciones y complementos. Bueno y malo, día y noche, mente y cuerpo, etc. Llámese cómo se llame (dualidad, binomio, relación biunívoca, dialéctica), al final siempre son dos. Silicona 5.0, novela de Jorge Majfud, autor nacido en Uruguay y hoy radicado en EE. UU., donde da clases en la universidad de Jacksonville, Florida, recorre las dos caras de este mundo-moneda, como en un vehículo que, aun si sólo avanza, ciego, hacia delante, permite ver ambos lados del paisaje.

El interés de la novela por remarcar esta condición doble, para después comentarla y criticarla, se hace evidente ya desde su estructura, dividida en dos partes: “Del otro lado” y “Del otro otro lado”. Igualmente, el nombre de su protagonista, Facundo, lleva esta condición doble, pues remite al libro de Sarmiento Civilización y barbarie, sin embargo, este Facundo no descansa en la conjunción de los dos elementos, antes se encuentra asediado por ellos. Facundo Walsh Ocampo oscila, mientras avanza, entre lo uno o lo otro. Durante la historia, aparecen otros nombres significativos, como el de Silvanna, que se encuentra entre lo natural y lo artificial; Elena, la más bonita según Homero, una belleza de la que se habla, pero que no aparece; Ernesto, quien combate desde la crítica; y Jeff, ya no Jeffrey, sino un mero ruido.

No hay elemento ni detalle baladí dentro de Silicona 5.0, cada uno tiene un significado, si bien unos más profundos que otros, relevante para la novela. Estas pequeñas claves se muestran a veces como una referencia, unas veces llanamente y otras con ligera sutileza (desde el filósofo Diógenes a Evangelion, pasando por Maradona, Donald Trump e incluso al propio Majfud). En ocasiones las cosas se muestran escondidas en el título de un capítulo, en una palabra concreta, en un gesto mínimo etc. La construcción de los capítulos, de los párrafos y de las oraciones, tampoco representan una arbitrariedad. Todo se halla colocado de modo que se transmita algo. La habilidad de Majfud para construir el mundo con palabras vuelve a Silicona 5.0 en una novela, dentro de su forma, brillantemente escrita. En ella, forma y fondo se corresponden en el mismo binomio, le otorgan una experiencia al lector que no se haya en todos los libros.

El primer capítulo, Hasta que el otro dijo basta, considero, ejemplifica en buen grado esta correspondencia entre forma y fondo. En él, se repite la palabra ‘había’ más de treinta veces en un corto periodo de tres páginas tan sólo. Ante esta repetición, en apariencia, innecesaria, surgen opiniones apresuradas sobre la calidad de la escritura, sin embargo, éstas pronto se disipan y desmienten, ya que este fenómeno no vuelve a aparecer en el resto de la novela. La escena, a partir de una reflexión sobre el presente y los recuerdos, busca marcar una sensación de pérdida, de derrota y desconcierto, de abandono y desencuentro. Jorge Majfud, pienso, debido a su cercanía con la lengua inglesa, asimila el verbo ‘haber’ con ‘to have’ que, a su vez, significa tener. Esta conjunción entre un significado y otro representa, más que una adquisición del inglés, una recuperación, ya que, antiguamente, ‘haber’ en español también significaba ‘poseer’. Después de esta posibilidad, se mira con otros ojos la reiteración de ese ‘había’, ahora no sólo representa una marca del tiempo pasado, sino también significa la pérdida, pues se le adhiere un ‘tenía’.

La novela, como se dijo, transcurre en dos partes, cada una con sus particularidades. La primera parte transcurre en EE. UU., al menos simbólicamente, y cuenta, grosso modo, el desarrollo de las ginoides (femenino de androides) Silvanna, su trasfondo; la segunda ocurre en Tijuana, México, y muestra la búsqueda de Facundo por su identidad a partir del presente y sus recuerdos. Por sí mismas, cada una de las partes son disímiles, contrarias la una de la otra. La primera parte va construida de manera separada, como si se tratara de un rompecabezas que armamos por fragmentos aislados, sin bordes, pues ya conocemos el resultado; la segunda, se construye desde las orillas, como si se desvelara un misterio. Esta construcción sirve para acentuar el estado de Facundo, el protagonista, pues, en la primera, con capítulos largos en comparación a otros, se limita a contar lo que pasó, como una historia ya contada, una anécdota a veces burocráticamente larga que se revisa de vez en cuando, mientras que la segunda, con episodios cortos, muestra la sensación de estar fuera de la zona de confort que tiene Facundo, va frenético, mareado, en busca de algo desconocido o que cree desconocido. En un lado se pierde, en otro se encuentra. Parecieran historias distintas y sólo unidas por el mismo protagonista y uno que otro guiño a los demás personajes, sin embargo, al unirse, logran más que únicamente ligar dos historias. Las dos partes representan dos caras que se confrontan, contrarias, y especialmente se remarcan las dualidades ocio-negocio, natural-artificial, mente-cuerpo.

El confrontamiento entre cada una de las caras que presenta la novela se construye a partir de reflexiones que alguien hace (a veces Facundo, a veces el narrador, a veces otra voz). Estas reflexiones, aún más que el argumento, conforman el verdadero motor que otorga vida a Silicona 5.0. En un estilo que en momentos recuerda a Milan Kundera, dichas reflexiones surgen a partir de fragmentos de la historia que pueden o no resultar importantes para ella. Las reflexiones abarcan una gran cantidad de temas como el capitalismo, la música, la pornografía, la tecnología, la política, etc. Todo se desvela en los recuerdos. Como en la vida real, el pensamiento se origina en situaciones no pensadas. Puede nacer de mirar a alguien, de leer lo que alguien escribió en la pared o la puerta de un sanitario, de una canción que ni siquiera nos guste, de un sinfín de posibilidades. Todo eso nos lleva al recuerdo. El recuerdo, nos ayuda, más que a volver al pasado, a construir el presente, a construirnos ante el asedio del futuro.

Silicona 5.0 por momentos pareciera una novela distópica, pero no hay distopía. Más que advertir o anunciar lo que viene, critica y denuncia lo que ya es, cabe resaltar que la novela se desarrolla en el año 2018. “No es a la tecnología a lo que le tengo miedo, dice un personaje, sino a la cultura que crea todo eso.” Ese, me parece, es el espíritu que acompaña a Silicona 5.0, uno de crítica, pero no de miedo. De vacío llenos, como Facundo, solemos buscar en la novedad la felicidad o un artificio para sentirnos medio llenos, a sabiendas de que el vacío permanece, pero quizá no sea cosa de ver en el futuro la esperanza, sino buscar, en el pasado, lo que nos hace ser. No se trata de buscar una razón, sino buscar un sentido.

Reseña de la novela Silicona 5.0, de Jorge Majfud (II)

Por Yunuén Quiroz 

Ediciones Olinyoli, México

Una gran novela sobre lo que perdemos como individuos y sociedades al pretender encontrar salida a nuestros problemas esenciales mediante soluciones tecnológicas.

Un alto ejecutivo obsesionado por el éxito sufre un infarto, tras recuperarse comienza a darse cuenta que está teniendo importantes fallas en la memoria, y que va recuperando involuntariamente recuerdos olvidados de hacía tres o cuatro décadas. En ese contrapunto del olvido de “importantes” aspectos del presente y rememoración de recuerdos “no importantes” sobre su juventud, el autor nos sitúa en una historia totalmente verosímil sobre la creación de un producto de inteligencia artificial, con formato de androide femenino, ideado por un equipo de hombres convencidos de que su masculinidad está definida por el éxito económico y por la posesión de bonitas mujeres sumisas. Los prototipos del producto se fabrican -obviamente- en Asia donde los fabricantes comparten la misma idea de lo que debería ser una mujer que los creadores intelectuales del proyecto del androide femenino. Todo parece ir sobre ruedas en dirección a la producción de una nueva Eva que realmente funcione y sirva para crear un paraíso patriarcal. Sin embargo, una brillante mujer, cercana y de confianza al grupo de ideólogos, logra ser la semilla-manzana para que el software del nuevo androide femenino construido a partir de ella no quede en formato de Eva, sino de Lilith. De ahí aquella perfecta idea de las mujeres androides que satisfarían a los machos con capacidad de compra comienza a convertirse en una distopía pues, ¿qué haría Lilith al encontrarse en la intimidad con un hombre que espera ser satisfecho?

Con episodios muy divertidos, escritos con fino humor ácido, y especialmente gozable para quienes apreciamos los giros culturales y de lenguaje entre sudamericanos, mexicanos, estadounidenses y personajes híbridos, esta novela nos pone a reflexionar sobre la seguridad de nuestras tarjetas, cuentas bancarias, sobre la ficción de los productos que garantizan que no se nos robe la identidad, sobre la ética de los productos de inteligencia artificial que comienzan a llegar a nuestras vidas y sobre todo lo que proveemos de información sobre nosotros mismos a los algoritmos que nos leen al usar nuestros teléfonos, buscadores y computadoras. También nos hace cuestionarnos sobre las ilusiones que tenemos puestas en que la tecnología nos solucione todo, incluso nuestras humanas relaciones.

Facundo Walsh Ocampo es un poco lo que somos todas las personas en estos días. Su relato sobre lo que perdió en la juventud al vender su alma a un trabajo exitoso y vacío es pertinente para hombres y mujeres, sus preguntas pueden inspirarnos a que nos las planteemos a nosotros mismos, tal como parece sugerirnos el autor, antes de que sea demasiado tarde para nuestra vida individual y para la vida del planeta.

Revista Avión de Papel, México

Ficha técnica: Majfud, Jorge. Silicona 5.0. España: Baile del sol, 2020. Impreso.

ISBN: 978-84-17263-76-8

Disponible en librerías.

https://majfud.org/2020/11/22/silicona-5-0/

http://www.olinyoli.com/libros/editorial-baile-del-sol/novela/silicona-50.html

Silicona 5.0

Somos tan buenos

En Estados Unidos, la mayor festividad anual, Thanskiging o Acción de gracias, conmemora y celebra la hermandad entre los nuevos colonos anglos y los nativos indígenas que los salvaron del frío y del hambre, un invierno allá a principios del siglo XVII. Los indígenas le dieron la bienvenida a los intrusos europeos y pocos años después los intrusos masacraron a los mismos nativos porque eran salvajes.

La historia de masacres sin fin de salvajes en nombre de la civilización y de la libertad se repetirá por siglos, al mismo tiempo que la tierna tradición de Acción de gracias se consolidará año trás año por los siglos por venir. Cada año, en Estados Unidos los cristianos se sirven suculentas cenas para dar gracias por ser tan buena gente.

Por generaciones, durante esta festividad se sacrificarán más de cuarenta millones de pavos, razón  por la cual en la Casa Blanca el presidente de Estados Unidos deberá perdonar a uno de ellos, un representante de la minoría paviana, un pavo blanco, para demostrar la bondad del poder.

Algo así como el famoso fair play de los ingleses, según el cual sólo los civilizados y desarrollados veneran el respeto por las reglas y así dan lecciones contra la corrupción de los salvajes. No por casualidad, un invento del imperio que más países invadió y que más reglas violó alrededor del mundo por algunos pocos siglos.

JM, noviembre 2020

https://www.huffingtonpost.es/entry/somos-tan-buenos_es_5fc4e416c5b6e4b1ea4d035c?utm_hp_ref=es-internacional

We are so good

In America, the biggest annual holiday, Thanksgiving o Thanksgiving, commemorates and celebrates the brotherhood between the new Anglo settlers and the indigenous natives who saved them from cold and hunger, one winter back in the early seventeenth century. The indigenous people welcomed the European intruders and a few years later the intruders massacred the natives themselves because they were savages.

The story of endless slaughter of savages in the name of civilization and freedom will repeat itself for centuries, as the tender tradition of Thanksgiving will be consolidated year after year for centuries to come. Every year in the United States, Christians serve each other succulent dinners to give thanks for being such good people.

For generations, during this holiday more than forty million turkeys will be sacrificed, which is why in the White House the president of the United States will have to forgive one of them, a representative of the Pavian minority, a white turkey, to show kindness power.

Something like the famous fair play of the English, according to which the civilized and developed revere respect for the rules. Not by chance, an invention of the empire that invaded more countries and violated more rules around the world for centuries.

https://tekdeeps.com/we-are-so-good/

Silicona 5.0

Silicona 5.0

Un día, recuperándose de un infarto en su apartamento de Daytona Beach, Facundo Walsh Ocampo descubre que le han robado la identidad y decide cruzar la frontera de México para encontrarse con su substituto. En la búsqueda del falsificador, descubrirá una falsificación mayor, la suya propia. La despiadada competencia por el éxito económico han convertido al protagonista en un robot altamente efectivo, sin memoria y sin identidad propia. De la misma forma, las robots provistas de inteligencia artificial que él mismo vende en Asia sustituyen no solo el sexo sino también el amor y la comprensión de su dueño en un mundo corrompido por la fiebre del consumo y la destrucción del adversario.

Con Silicona 5.0 el autor de Crisis vuelve con un contrapunto entre el presente colectivo y la memoria individual, entre la identidad y sus sustitutos, entre la excitación del consumo y la pérdida del factor humano, entre la muerte del presente y el renacimiento del pasado como forma de rescate y redención.

Editorial Baile del Sol, España.

https://www.latiendadebailedelsol.org/home/575-majfud-jorge-silicona-50.html

Editorial Olinyoli, México

http://olinyoli.com/#!/~/search/keyword=majfud

¿Nos dirigimos al totalitarismo? ¿No estábamos ya ahí?

¿Nos dirigimos al totalitarismo? ¿No estábamos ya ahí? @majfud

El 11 de marzo de 1889, el ahora olvidado ex presidente de Estados Unidos Rutherford Hayes escribió en su diario: “En el Congreso nacional y en las legislaturas estatales se aprueban cientos de leyes dictadas por el interés de las grandes compañías y en contra de los intereses de los trabajadores… Este no es el gobierno del pueblo, por el pueblo y para el pueblo. Es el gobierno de las corporaciones, por las corporaciones y para las corporaciones”. Tres años después estallaría la mayor crisis económica del siglo XIX y cuarenta años más tarde, por las mismas razones, la mayor crisis económica del siglo XX, la cual sería mitigada por las políticas sociales del presidente F. D. Roosevelt. Treinta años más y el neoliberalismo de los Milton Friedman contraatacaría para revertir estas “políticas socialistas” (según las acusaciones de la época) que habían salvado a millones de trabajadores del hambre y a Estados Unidos de la desintegración. 

El 18 de julio de 2019, el USA Toda​​y publicó una investigación sobre la dinámica de la democracia estadounidense. Solo en un período de ocho años, los congresos estatales de los cincuenta estados de la nación habían recibido 10.163 proyectos de leyes escritos por las grandes corporaciones, de los cuales más de 2.100 fueron aprobados. En muchos casos se trató de un simple copia-y-pega con mínimas variaciones. Nada nuevo y, mucho menos, obsoleto. Secuestrar el progreso de la humanidad ha sido siempre una especialidad de las todopoderosas compañías privadas que luego reclaman todo el crédito del bienestar ajeno y del bien moral propio. 

A lo largo de la historia, con frecuencia las pandemias han cambiado formas de ver el mundo y han derrumbado verdades incuestionables. Aunque todo depende de la gravedad y del tiempo que dure la que nos ocupa ahora, si no derriba el muro neoliberal al menos dejará su huella en las políticas sociales, en la forma de gestionar las necesidades humanas que no pueden ser resueltas ni por la mano invisible del mercado ni por la visible miopía del interés propio. También ayudará a confirmar la conciencia de que nadie se puede defender de un virus ni con las armas ni con los ejércitos más poderosos del mundo, por lo cual pronto una nueva mayoría en países belicosos, como Estados Unidos, tal vez comiencen a cuestionarse el sentido de los gastos astronómicos para unos y el desprecio tradicional hacia los otros. 

Una consecuencia indeseada, según la advertencia de diversos críticos y analistas, sería el incremento de los Estados autoritarios. Esta probabilidad, aparte de real, es también una antigua expresión de otro autoritarismo que domina las narrativas y los miedos desde hace muchas generaciones y que, por ello mismo, no se reconoce como autoritarismo. Este miedo y esta advertencia no son altruistas ni son inocentes. Son una herencia que proviene del modelo capitalista en sus variadas formas, que necesita demonizar todo lo que está en las manos de los gobiernos, de los sindicatos, de las organizaciones sociales y hasta de las pequeñas empresas familiares o comunitarias, y diviniza la dictadura de las mega corporaciones privadas. 

Las tendencias autoritarias no son patrimonio de quienes están a favor del protagonismo de los Estados (todo depende de qué Estado estamos hablando) ni nació con la pandemia. La actual ola neofacista y autoritaria precede la misma aparición de Covid 19. Pero ambos son la consecuencia de una realidad destructiva basada en la acumulación infinita de los poderes financieros y de las sectas corporativas, de su insaciable sed de beneficios, de poder y de una cultura consumista que, al igual que un individuo enfermo, ha ido cambiando de forma progresiva el placer de una adicción por la depresión y el suicidio. En las clases excluidas (es decir, en la mayoría del pueblo), la respuesta emocional y errática de los grupos fragmentados intenta llenar este vaciamiento de sentido social, individual y existencial, con los colores de una bandera o de una secta, con el repetido efecto de desprecio y hasta odio por todo lo demás que no cae dentro de su pequeñísimo círculo (los otros excluidos), el que confunden con una verdad universal a la cual, se supone, solo ellos tienen acceso de forma mágica, secreta y excluyente. La distracción perfecta. 

Esta nueva crisis ha probado no solo la crónica ineficacia de los modelos neoliberales para enfrentar un problema global y hasta nacional, no solo ha revelado la superstición inoculada en los pueblos (“los privados lo hacen todo mejor”, “libre empresa y libertad son la misma cosa”) sino que, además, son la misma causa del problema. La pandemia no puede ser desvinculada de su marco general: el consumismo y la crisis ecológica.

Si bien en sus orígenes el capitalismo significó una democratización de la vieja y rígida sociedad feudalista (el dinero aumentó la movilidad de los comunes), pronto se convirtió en un sistema neofeudal donde las sectas financieras y empresariales de unas pocas familias terminaron por concentrar y monopolizar las riquezas de las naciones, dominando la política de los países a través de sus sistemas democráticos e, incluso, prescindiendo totalmente de esta formalidad. 

¿Quiénes votan a los dueños de los capitales, a los gerentes de los bancos nacionales e internacionales, a las transnacionales que se arrogaban y se arrogan el derecho de acosar o derribar gobiernos y movimientos populares en países lejanos? A esa larga historia de autoritarismo ahora hay que agregar la dictadura más amable y más sexy de gigantes como Google, Facebook, Twitter y otros medios en los cuales vive, se informa y piensa la mayoría del mundo. ¿Qué pueblo los votó? ¿Por qué los gobiernos democráticos tienen tan poca decisión en su decisiones que afectan a miles de millones de personas? ¿A qué intereses responden, aparte de su propia clase ultra millonaria en nombre de la democratización de la información? ¿Hay algo más demagógico que esto? ¿Cómo hacen para adivinar lo que dos amigos conversaron la tarde anterior, escalando una montaña o caminando por una playa sin usar ningún instrumento electrónico? Adivinan (ideas, deseos) lo que ellos mismos indujeron. Esas dos personas solo recorrían un camino establecido o previsto por las corporaciones que conocen hasta lo que pensará un individuo en un mes, en un año, como si fuesen dioses. 

El dominio es de tal grado que los pueblos que están por debajo, confinados al consumo pasivo y sin ningún poder de decisión sobre los algoritmos, las políticas sociales y la ideología que rige sus deseos, son los primeros en defender con fanatismo la idea de la “libertad individual” y de los beneficios que proceden de estos dioses omnipresentes.

Es decir, el temor de que nos dirigirnos a un totalitarismo estatal procede, en gran medida, del interés contrario: el temor del autoritarismo corporativo de que los Estados puedan, de alguna forma, llegar a regular sus tradicionales y altruistas abusos de poder. 

JM, noviembre 2020

https://www.huffingtonpost.es/entry/nos-dirigimos-al-totalitarismo-no-estabamos-ya-ahi_es_5fb1a97bc5b6a37e7e3305b4

https://www.pagina12.com.ar/307883-nos-dirigimos-al-totalitarismo-no-estabamos-ya-ahi

Radio Uruguay. 7 de enero de 2021. El asalto al Capitolio de Estados Unidos.

Are We Heading towards Totalitarianism? Weren’t We already there?

By Jorge Majfud on November 16, 2020

On March 11, 1889, the now-forgotten former U.S. President Rutherford Hayes wrote in his diary, “In the national Congress and in the state legislatures, hundreds of laws are passed in the interest of big business and against the interests of the workers…” This is not the government of the people, by the people, and for the people. This is the government of the corporations, by the corporations and for the corporations. Three years later the greatest economic crisis of the 19th century would break out and forty years later, for the same reasons, the greatest economic crisis of the 20th century, which would be mitigated by the social policies of President F. D. Roosevelt. Thirty more years and the neoliberalism of the Milton Friedmans would strike back to reverse these “socialist policies” (according to the accusations of the time) that had saved millions of workers from hunger and the United States from disintegration.

On July 18, 2019, USA Today published a research on the dynamics of American democracy. In a period of eight years alone, the state legislatures of the nation’s fifty states had received 10,163 bills written by major corporations, of which more than 2,100 were passed. In many cases it was a simple copy-and-paste with minimal variations. Nothing new, and much less obsolete. Kidnapping the progress of humanity has always been a specialty of the all-powerful private companies that then claim all the credit for the well-being of others and for their own moral good.

Throughout history, pandemics have often changed ways of seeing the world and have shattered unquestionable truths. Although it all depends on how serious and how long the one we are dealing with now lasts, if it does not break down the neoliberal wall, at least it will leave its mark on social policies, on the way human needs are managed that cannot be solved either by the invisible hand of the market or by the visible myopia of self-interest. It will also help to confirm the awareness that no one can defend themselves from a virus with either weapons or the world’s most powerful armies, which is why soon a new majority in warring countries, such as the United States, may begin to question the meaning of astronomical spending for some and traditional contempt for others.

An unwanted consequence, according to the warning of various critics and analysts, would be the increase of authoritarian states. This probability, apart from being real, is also an ancient expression of another authoritarianism that has dominated narratives and fears for many generations and is therefore not recognized as authoritarianism. This fear and warning is not altruistic or innocent. They are a legacy that comes from the capitalist model in its various forms, which needs to demonize everything that is in the hands of governments, unions, social organizations and even small family or community businesses, and idolize the dictatorship of the mega private corporations.

Authoritarian tendencies are not the heritage of those who are in favor of the protagonism of States (everything depends on which State we are talking about) nor was it born with the pandemic. The current neo-fascist and authoritarian wave precedes the very appearance of Covid 19. But both are the consequence of a destructive reality based on the infinite accumulation of financial powers and corporate sects, their insatiable thirst for profit, power and a consumerist culture that, like a sick individual, has progressively changed the pleasure of an addiction to depression and suicide. In the excluded classes (that is, in the majority of the people), the emotional and erratic response of the fragmented groups tries to fill this emptying of social, individual and existential sense, with the colors of a flag or a sect, with the repeated effect of contempt and even hatred for everything else that does not fall within their very small circle (the other excluded), which they confuse with a universal truth to which, it is assumed, only they have access to in a magical, secret and exclusive way. The perfect distraction.

This new crisis has proven not only the chronic ineffectiveness of the neoliberal models to confront a global and even national problem, it has not only revealed the superstition inoculated in the people (“private people do everything better”, “free enterprise and freedom are the same thing”) but, in addition, they are the same cause of the problem. The pandemic cannot be dissociated from its general framework: consumerism and the ecological crisis.

Although in its origins capitalism meant a democratization of the old and rigid feudalist society (money increased the mobility of the common people), it soon became a neo-feudal system where the financial and business sects of a few families ended up concentrating and monopolizing the wealth of the nations, dominating the politics of the countries through their democratic systems and even dispensing with this formality altogether.

Who votes for the owners of capital, for the managers of national and international banks, for the transnationals that arrogate to themselves and to themselves the right to harass or overthrow governments and popular movements in distant countries? To that long history of authoritarianism we must now add the kinder and sexier dictatorship of giants like Google, Facebook, Twitter and other media in which the majority of the world lives, informs and thinks. What people voted for them? Why do democratic governments have so little say in their decisions that affect billions of people? What interests do they respond to, apart from their own ultra-million class in the name of democratizing information? Is there anything more demagogic than this? How do you guess what two friends talked about the previous afternoon, climbing a mountain or walking on a beach without using any electronic instruments? They guess (ideas, desires) what they themselves induced. These two people were only walking a path established or planned by the corporations they know to what an individual will think in a month, in a year, as if they were gods.

The dominance is such that the peoples below, confined to passive consumption and without any power of decision over the algorithms, social policies and ideology that govern their desires, are the first to defend with fanaticism the idea of “individual freedom” and the benefits that come from these omnipresent gods.

In other words, the fear that we are heading towards state totalitarianism comes, to a large extent, from the opposite interest: the fear of corporate authoritarianism that states may, in some way, come to regulate their traditional and altruistic abuses of power.

Source: America Latina en Movimiento, translation Resumen Latinoamericano, North America bureau

Caminhamos para o totalitarismo? Já não estávamos nele?

“As tendências autoritárias não são patrimônio daqueles que são a favor do protagonismo dos Estados (tudo depende de que Estado estamos falando), nem nasceu com a pandemia. A atual onda neofascista e autoritária precede o próprio surgimento da Covid19. Mas ambos são a consequência de uma realidade destrutiva baseada na acumulação infinita dos poderes financeiros e das seitas corporativas”, escreve Jorge Majfud, escritor uruguaio e professor na Jacksonville University, em artigo publicado por Página/12, 25-11-2020. A tradução é do Cepat.

Eis o artigo.

No dia 11 de março de 1889, o agora esquecido ex-presidente dos Estados Unidos, Rutherford Hayes, escreveu em seu diário: “No Congresso Nacional e nos parlamentos estaduais, são aprovadas centenas de leis ditadas pelo interesse das grandes empresas e contra os interesses dos trabalhadores… Este não é o governo do povo, pelo povo e para o povo. É o governo das corporações, pelas corporações e para as corporações”.

Três anos depois, explodiria a maior crise econômica do século XIX e quarenta anos mais tarde, pelas mesmas razões, a maior crise do século XX, que seria mitigada pelas políticas sociais do presidente FDRoosevelt.

Trinta anos a mais e o neoliberalismo dos Milton Friedman✎ EditSign contra-atacaria para reverter estas “políticassocialistas” (segundo as acusações da época) que tinham salvado milhões de trabalhadores da fome e os Estados Unidos da desintegração.

No dia 18 de julho de 2019, o USA Today publicou uma pesquisa sobre a dinâmica da democracia estadunidense. Só em um período de oito anos, os congressos estaduais dos 50 estados da nação tinham recebido 10.163 projetos de leis escritos pelas grandes corporações, dos quais mais de 2.100 foram aprovados.

Em muitos casos, tratou-se de um simples copia-e-cola com pouquíssimas alterações. Nada novo e, muito menos, obsoleto. Sequestrar o progresso da humanidade sempre foi uma especialidade das todopoderosas companhias privadas que depois reivindicam todo o crédito do bem-estar alheio e do bem moral próprio.

Ao longo da história, frequentemente, as pandemias mudam formas de ver o mundo e derrubam verdades inquestionáveis. Embora tudo dependa da gravidade e do tempo que durar o que nos ocupa agora, caso não derrube o muro neoliberal, ao menos deixará sua pegada nas políticas sociais, na forma de gerir as necessidades humanas, que não podem ser resolvidas pela mão invisível do mercado, nem pela visível miopia do interesse próprio.

Também ajudará a confirmar a consciência de que ninguém pode se defender de um vírus com as armas, nem com os exércitos mais poderosos do mundo, razão pela qual logo uma nova maioria em países belicosos, como Estados Unidos, talvez comece a questionar o sentido dos gastos astronômicos com alguns e o desprezo tradicional com outros.

Uma consequência indesejada, segundo a advertência de diversos críticos e analistas, seria o aumento dos Estados autoritários. Esta probabilidade, além de real, é também uma antiga expressão de outro autoritarismo que domina as narrativas e os medos há muitas gerações e que, por isso mesmo, não se reconhece como autoritarismo.

Este medo e esta advertência não são altruístas, nem inocentes. São uma herança que provém do modelo capitalista em suas variadas formas, que precisa demonizar tudo o que está nas mãos dos governos, dos sindicatos, das organizações sociais e até das pequenas empresas familiares ou comunitárias, e diviniza a ditadura das megacorporações privadas.

As tendências autoritárias não são patrimônio daqueles que são a favor do protagonismo dos Estados (tudo depende de que Estado estamos falando), nem nasceu com a pandemia. A atual onda neofascista e autoritária precede o próprio surgimento da Covid19. Mas ambos são a consequência de uma realidade destrutiva baseada na acumulação infinita dos poderes financeiros e das seitas corporativas, de sua insaciável sede de lucros, de poder e de uma cultura consumista que, assim como um indivíduo doente, foi mudando de forma progressiva o prazer de um vício pela depressão e o suicídio.

Nas classes excluídas (ou seja, na maioria do povo), a resposta emocional e errática dos grupos fragmentados tenta preencher este esvaziamento de sentido social, individual e existencial com as cores de uma bandeira ou de uma seita, com o repetido efeito de desprezo e até de ódio por todas as outras coisas que não estão dentro de seu pequeniníssimo círculo (os outros excluídos), que confundem com uma verdade universal que, supõem, só eles têm acesso de forma mágica, secreta e excludente. A distração perfeita.

Esta nova crise provou não só a crônica ineficácia dos modelos neoliberais para enfrentar um problema global e até nacional, não só revelou a superstição inoculada nos povos (“o setor privado faz tudo melhor”, “livre empresa e liberdade são a mesma coisa”), mas também é a própria causa do problema. A pandemia não pode ser desvinculada de seu marco geral: o consumismo e a crise ecológica.

Embora em suas origens o capitalismo significou uma democratização da velha e rígida sociedade feudalista (o dinheiro aumentou a mobilidade dos comuns), logo se tornou um sistema neofeudal em que as seitas financeiras e empresariais, formadas por poucas famílias, acabaram concentrando e monopolizando as riquezas das nações, dominando a política dos países por meio de seus sistemas democráticos e, inclusive, prescindindo totalmente desta formalidade.

Quem vota nos donos dos capitais, nos gerentes dos bancos nacionais e internacionais, nas transnacionais que se arrogavam e se arrogam o direito de perseguir ou derrubar governos e movimentos populares em países distantes? A essa longa história de autoritarismo, agora é preciso acrescentar a ditadura mais amável e mais sexy de gigantes como GoogleFacebookTwitter e outros meios com os quais a maioria no mundo vive, se informa e pensa.

Que povo votou neles? Por que os governos democráticos têm tão pouca decisão em escolhas que afetam milhares de milhões de pessoas? A que interesses servem, além de sua própria classe ultramilionária em nome da democratização da informação? Existe algo mais demagógico do que isto?

Como fazem para adivinhar o que dois amigos conversaram na tarde anterior, escalando uma montanha ou caminhando por uma praia sem usar nenhum instrumento eletrônico? Adivinham (ideias, desejos) o que eles próprios induziram. Essas duas pessoas apenas percorriam um caminho estabelecido ou previsto pelas corporações que conhecem até o que um indivíduo pensará em um mês, em um ano, como se fossem deuses.

O domínio é de tal grau que os povos de baixo, presos no consumo passivo e sem nenhum poder de decisão sobre os algoritmos, as políticas sociais e a ideologia que regem seus desejos, são os primeiros a defender com fanatismo a ideia de “liberdade individual” e dos benefícios que procedem destes deuses onipresentes.

Ou seja, o medo de que caminhamos para um totalitarismo estatal procede, em grande medida, do interesse contrário: o medo do autoritarismo corporativo de que os Estados possam, de alguma forma, vir a regulamentar seus tradicionais e altruístas abusos de poder.

Pandora

Siempre que se sube a la Bestia se tropieza con la maleta. Alguna vez llegué a pensar que lo hace a propósito, sólo por fastidiarme, pero no tiene mucho sentido porque apenas sabe que existo. Después de tres años a su servicio, aún no recuerda mi nombre. A veces me llama Ernest y a veces Robert, no sé por qué, pero me han dicho que odia a Robert de Niro. Tal vez lo hace por torpeza, como casi todo lo que hace. Por torpeza y por otras necesidades ocultas que nunca nadie ha podido revelar, porque el señor presidente es como un tótem de madera que no mira ni escucha, pero exige ser escuchado y admirado.

Estos años en la Casa Blanca no le han hecho bien a él tampoco. La gente cree que llegar a la cima del poder del mundo es un honor que no tiene equivalente y que no lo quita nada ni nadie, pero estoy seguro que la primera dama ya no cree lo mismo después de su breve estadía. De todas formas, sin importar lo que piense la primera dama, ella es el ejemplo vivo de una inmigrante que debió sacrificarse en los trabajos más difíciles al llegar al nuevo país huyendo de su pasado comunista y no sólo llegó a casarse con uno de los hombres más ricos de la nación sino que se convirtió en la Primera dama de este país, aunque los sarcásticos que nunca faltan podrían agregar que es otra prueba de que los inmigrantes hacen el trabajo sucio que los ciudadanos no quieren hacer.

Tampoco el presidente es feliz. Esto no es ninguna revelación, pero este año, debido a las pestes que asolan la nación, su trato se ha vuelto imposible. Para aliviar sus frustraciones de abstemio empedernido y, ahora también, de mujeriego castrado, cada día necesita despedir a alguien de su trabajo en la Casa Blanca, por lo que es un verdadero milagro que yo siga en esta monótona responsabilidad de llevar la maleta que encierra el destino del Planeta.

Ahora me llama Bob, por lo que pienso que me confunde con Robert Kennedy. Creo que ya he declarado que su humor y su estabilidad emocional han ido en declive. Muchas cosas se podrían explicar si no fuese abstemio, como esos tweets llenos de rabia y de errores ortográficos luego de las 7: 30 de la noche, pero es probable que esté sufriendo de otro tipo de privaciones. Sin ser un profesional en la materia, sospecho que un narcisista no sólo sufre de su propio ego sino de un fuerte deseo sexual de conquista. En este sentido, vivir en la Casa Blanca y ser   seguido día y noche por la seguridad y por las cámaras de los medios privados debe ser como para un alcohólico vivir en un país musulmán o en un hospital de rehabilitación. Antes, por lo menos, sus citas clandestinas se resolvían con un cheque de su abogado. Antes podía sentar a las jovencitas en sus rodillas sin muchas precauciones porque, como bien decía, cuando alguien es rico y famoso puede hacer lo que quiera, incluso arrastrar a las mujeres por donde orinan y paren. La que se negaba terminaba su carrera allí mismo.

Pero no hay felicidad completa. La muerte de un negro a manos de la policía desató otra ola de protestas que están incendiando el país. Parece que el hombre había perdido su trabajo de guardia porque se contagió del virus. Como pasa con esta gente siempre, tomó una mala decisión y trató de comprar cigarrillos con un billete falso de veinte dólares. Sin comentarios, porque todo lo que diga podría ser usado en mi contra. El policía lo asfixió con su rodilla. La peste no deja respirar a los enfermos, la policía no deja respirar a los negros, los negros no dejan respirar al presidente. Sí, ese mismo que llegó hasta aquí prometiendo levantar un muro para protegernos de los mexicanos y ahora en la Casa Blanca estamos rodeado por una valla similar a la de la frontera para protegernos de los indeseables.

La peste no es racista, pero prefiere matar más a los negros y a los mestizos, sobre todo si son pobres. Claro que a nadie se le ocurre hacer marchas e incendiar edificios federales por este hecho incontestable de la naturaleza o del Señor. Aparentemente tampoco es una peste con preferencias políticas, pero los partidarios del presidente han decidido negarla o se han negado a seguir las recomendaciones del médico de la corte y de los curanderos de la villa. Cuando surgió el Sida hace unas décadas atrás, se atribuyó el mal que mataba a más homosexuales como un castigo de Dios. Lo mismo se había dicho del Huracán Katrina porque había arrasado New Orleans, una ciudad de negros y con algunas fiestas de Mardi Gras. Por alguna razón ahora se prefiere negar la pandemia y atribuírsele a una conspiración internacional. Los pastores que rezaban con sus manos en la espalda del presidente no han vuelto por la Casa Blanca, como si el Señor se hubiese cansado de escucharlos o hubiese decidido abandonarlos. Algunos no pueden venir, sobre todo aquellos que dijeron que Dios es más grande que el virus, lo cual es obvio, y celebraron misas sin cuidarse de los contagios y Dios decidió llevárselos para alguna parte.

Hasta principios de este año las cosas no iban tan mal. No puedo decir que iban bien, porque para una persona que ni los miles de millones de dólares de su fortuna ni las adulaciones multitudinarias de ser el presidente del país más poderoso del mundo han logrado darle alguna vez alguna satisfacción duradera. Menos un momento de felicidad o dos horas de paz interior. Pero al menos antes de la peste el presidente estaba más eufórico. Según los reportes del Producto Bruto Interno y de los ciudadanos sin empleo, la economía iba bien, sin novedades, siempre creciendo, como si fuese un estado de la naturaleza. Los de abajo no se dejaban sentir tanto como ahora. Pero todo comenzó a venirse abajo con la peste. La peste no sólo hundió los negocios sino las posibilidades de reelección del presidente. La peste tiene la culpa de que los negros se hayan acordado de que son negros y por uno solo que se murió a manos, o bajo las rodillas de un policía que sólo cumplía con la ley, miles salieron a romper vidrios y robarse lo que no es de ellos… Pero mejor dejo esto aquí, porque lo mío no es la política sino cargar la maleta que contiene el destino del Planeta.

Ayer, el presidente se sentó a mi lado y me preguntó si yo saldría a romper vidrios si un policía matase a un hombre pelirrojo. Fue la primera vez que me di cuenta de que mi pelo se parece al del presidente y mi hija tiene algo de su hija. Le dije que no, que por supuesto no, que naturalmente eso sería absurdo, un acto injustificado. Me dijo que yo era un hombre decente y razonable, que ciertamente había actos criminales injustificados y que por algo yo cargaba la maleta con el código atómico y no otro, que, si yo fuese alguno de esos negros que andan protestando y rompiendo vidrios, la Humanidad ya habría dejado de existir, y que por algo cada tanto el Señor mandaba alguna peste para corregir el rumbo del mundo.

En este momento, el presidente se interrumpió como si de repente se le hubiese atravesado un pensamiento, como se le cruzó a Joe Kamberra (José Cabrera), el chofer, un camión que casi nos lleva por delante, la tarde cuando no íbamos con escolta policial. Inmediatamente el presidente se bajó de la Bestia y, poco después, la policía limpió el área y lo vimos caminando hacia la iglesia que está frente a la Casa Blanca donde se tomó la famosa foto sosteniendo una Biblia.

Yo lo entiendo y me preocupa su estado de salud. Él no lo sabe, pero lo entiendo. Para evitar que toda la economía se viniera al suelo debido a la peste enviada por el Señor, alguien propuso que los hombres más ricos del país abrieran sus arcas y dejaran gotear algo de lo que se había acumulado en las copas más altas durante los incontables años de la euforia. Pero ni el presidente ni los hombres más poderosos estuvieron de acuerdo y, con manifiesta valentía, acusaron a sus proponentes y a la peste misma de brujería.

La solución era algo muy distinto que parecía algo muy igual: repetir el mismo recurso usado cuando la economía se hundió doce años atrás. Pero esta vez ni siquiera fue necesario imprimir dinero en forma de papel para distribuirlo entre los bancos y la población. Bastó con agregar unos cuantos ceros en el sistema electrónico y enviar cheques a los de abajo. Estoy seguro de que el papel de los cheques, el papel de los sobres y el servicio de distribución del correo costó más que los millones de millones inventados en la Reserva Federal golpeando seis o nueve veces la tecla del cero. 000.000.000.000. Muchos se alegraron y dieron vivas al presidente, cuya firma fue estampada en cada uno de los cheques, como si se tratase de su propio dinero. El truco lo pagarán los hijos de quienes lo usen para comprar alimentos para sus hijos y todos aquellos que alrededor del mundo tengan alguna cuenta de banco en dólares. ¿De dónde saldría tanto valor creado de la nada si no es de todas esas cuentas que, a partir de entonces, valen un poquito menos?

De cualquier forma, este virus nos ha jodido a todos. Aunque, en proporción ha matado a más negros y latinos que americanos, de todas formas nos ha arruinado la economía y los negocios se han ido al carajo, por lo cual no podemos atribuirlo a un castigo del Señor como solemos hacerlo con los huracanes que devastan ciudades como Nueva Orleans. El Señor no sería tan tonto como para incendiar un palacio para matar a tres ratones. El Señor no sería capaz de esa desconsideración con su pueblo elegido. En Dios confiamos, así que Dios debe confiar en nosotros. Pero el virus no tiene raza, ni religión, ni ideología ni se puede ver para acabarlo con cien mil toneladas de bombas en algún país de mierda, como bien dice el presidente.

Creo que ya hemos pasado los cien mil muertos, pese a la genial idea del presidente de beber cloro. Sí, yo sé que los zurdos se han burlado de esta idea, pero incluso ellos saben que este producto es muy efectivo contra el virus. La idea todavía está en etapa de experimentación, aunque la población en situación desfavorable no se decide a un sacrificio patriótico, por lo cual deberemos esperar. Claro que tal vez la idea no prospere debido a la deshonesta campaña en su contra y en contra de todo lo que salga del cerebro privilegiado del presidente. La prensa se ha encargado de esto inventando que muchos ciudadanos han muerto por ingesta de cloro, pero aún si esta información fuese verdadera, no se puede atribuir las muertes al presidente, ya que este es el país de los libres y cada uno es responsable de lo que hace.

Lo mismo el jabón. Jabón en lugar de jamón es algo que todavía deberá probarse, al igual que las inmersiones en baños turcos, ya que es sabido que el virus no resiste los cincuenta grados centígrados. Apenas tenga la oportunidad de hablar con el presidente, le propondré otra idea que puede revolucionar la medicina y salvarnos del virus y salvar trillones de dólares en negocios: cuando alguien tenga fiebre, en lugar de bajarla con ibuprofeno o con una aspirina, lo mejor será aumentar la fiebre hasta los cincuenta grados, por uno o dos minutos, hasta que el virus se muera. Ni en Harvard ni en Emory ni el MIT se les ha ocurrido, porque ellos están encerrados en su burbuja, lejos de la realidad…

Ahora se tropieza con la maleta negra una vez más y la pone a su lado mientras yo busco el momento adecuado para comunicarle mi idea. El presidente acaricia la maleta como si fuese una mascota. “¿Y si aquí estuviera la fórmula que matarse al virus?” me dice, porque no es una pregunta.

Yo intento decirle que tengo la solución, pero no me salen las palabras. Sólo una especie de tic ansioso que no me deja hablar, como cuando era niño y soñaba que me ahogaba en un río y no me salían ni siquiera las palabras para pedir ayuda a una multitud que en la orilla disfrutaba de una fiesta de fin de año. Para consolarme, mi madre me decía que “era solo un sueño”. Con los años, como ahora, mientras aprieto la maleta con el código de oro, me doy cuenta de que todo es mentira, menos los sueños.

Como excusa a mi incapacidad de transmitir lo que pienso, pienso que mi trabajo es cargar con esa maleta que guarda los códigos de oro, como Sísifo cargaba con el mundo, y tenerla siempre al alcance de la mano del presidente de turno. Alguna vez le pregunté por qué no usaba máscara para protegerse del virus y, como si no me hubiese escuchado, me preguntó por qué una maleta que guarda códigos es tan grande y tan pesada. Yo fingí no saber la respuesta. Él tiene el mundo en sus manos, pero yo tengo el mío en las mías. Es mentira, pero la vida está hecha de mentiras. El secreto es saber mentirse a uno mismo para luego poder mentirle a los demás. Eso es la realidad. Eso es la verdad.

El presidente me dijo algo como que lo que yo cargaba siempre como si fuera parte de mi cuerpo, en realidad era la caja de Pandora que cargaba muchas plagas, esas cosas que cada tanto el Señor decide liberar haciendo uso de una mano elegida. Reconozco mis debilidades. No pude contener un temblor al escuchar eso de la mano elegida. Tal vez el presidente ni lo advirtió. Simplemente continuó con sus pensamientos en voz alta: “Porque si Dios envía una peste, ¿quiénes somos nosotros para contradecirlo? Tal vez se trata de un mensaje y la peste no es un castigo sino una señal, una bendición. Tal vez lo que Dios quiere decir es que yo debo abrir la maleta que guarda el código de oro con la solución a todos los problemas de la humanidad”.

Más o menos eso fue lo que me dijo o eso es lo que recuerdo ahora. El presidente nunca habla de Dios, pero últimamente se nota cierta espiritualidad. Desde entonces, no dejo de pensar que algún día, por lo menos antes de dejar el cargo, no podrá resistir la tentación o la orden divina de abrirla. De abrirla, en el mejor de los casos. Cuando el presidente me la pida no preguntaré para qué ni por qué. No es mi trabajo cuestionar ni controlar ni vigilar al presidente y mucho menos negarme a poner en sus manos el código que activa el arsenal atómico que podría hundir el planeta en una nueva Era de hielo.

Ayer mismo me armé de valor y decidí tocar el tema del virus para comunicarle mi idea. Yo sabía que él la repetiría ante los micrófonos de los medios como si fuese su idea, sin siquiera mencionar mi nombre, el que nunca aprendió, pero a mí nada de eso importaba. Yo sólo quería salvar a la humanidad y que el Señor lo viese. ¿A quién podría importarle la fama cuando lo espera la Paraíso eterno?

Para distraer al presidente de su mirada pensativa en mi maleta negra, le pregunté si ya tenía alguna idea para combatir el virus. Como siempre, el presidente señaló su cabeza con un dedo y dijo: “Muchas, pero siempre hay una solución final para imponer la ley y el orden”.

Desde entonces no he podido dormir bien y hasta he llegado a jugar con la idea de romper la ley y el orden cambiando los códigos de mi maleta. Al fin y al cabo, es mía, y da lo mismo que la existencia de la humanidad dependa de un hombre que duerme en el ala Oeste de la Casa Blanca que de uno que no duerme en el ala Este.

Pero como ciudadano y servidor de la Nación más grande de la historia, nunca violaré ninguna ley. El Señor no me lo perdonaría y, al fin y al cabo, la vida aquí en la Tierra es breve, transitoria e insignificante.

JM, mayo 2020

https://www.librosprohibidos.es/es/libro/cronicas-del-coronavirus-las_8930130018

Lectura de

Ines Lopez Volpe 

Perros sí, negros no

Las raíces y los frutos del racismo estadounidense

Valencia University Press, 2020

Hace dos décadas, en plena euforia del pensamiento único de las sociedades consumistas, el autor advirtió sobre la nueva cultura del tribalismo en los países desarrollados como reacción primitiva a la uniformización que esas mismas potencias habían impuesto con el nombre de globalización sobre la progresiva pérdida de privilegios imperiales. Este libro, en busca de las causas y las consecuencias históricas de la violencia circular del poder –el clasismo, el racismo y el nacionalismo–, recupera momentos claves, olvidados o distorsionados, del pasado estadounidense y varios episodios de su historia más reciente en los que el racismo y el nacionalismo se expresan con pasión ciega y al servicio de razones ajenas, y lo hace proyectando una mirada exterior desde el interior de una realidad crecientemente conflictiva, de decadencia económica, social e intelectual, pero también de esperanza de cambios hacia una sociedad más justa y humana.

https://puv.uv.es/perros-si-negros-no.html?fbclid=IwAR0L8o6IZ6c2-zzyTVFPaoss8Donpxsp0DvuxNect21fTavmx8gohb-Hwhk

Perros sí, negros no

Las raíces y los frutos del racismo estadounidense

Jorge Majfud

Colección: Biblioteca Javier Coy d’Estudis Nord-Americans, 170

ISBN: 978-84-9134-684-5

Materia: filología

Submaterias: filología anglogermánica

Idioma: castellano

Año ed.: 2020

Encuadernación: rústica

Formato: 17 x 23,5 cm.

Páginas: 208

Medios de propaganda extranjeros/ Elecciones 2020 en Estados Unidos

Medios agentes extranjeros

El doctor Scott Atlas, profesor, neurólogo y consejero de salud del gobierno de Donald Trump, se ha disculpado por una entrevista concedida a Russia TV. En un tweet ha pedido perdón diciendo que: “Recientemente hice una entrevista para RT sin saber que se trata de una agencia extranjera. Lamento haber hecho la entrevista y me disculpo por permitir que se aprovechen de mí. Me disculpo especialmente con la comunidad de seguridad nacional que está trabajando arduamente para defender nuestro país.

Vaya qué estupidez pedir disculpas por dar una entrevista con RT por ser “un medio de propaganda”. ¿Acaso no son medios de propaganda los grandes medios de prensa occidentales?

By the way, tengo agendada una entrevista con RT TV para el 4 de noviembe. ¿Me van a agregar otra ficha?

Hay que tener un poco de dignidad y coraje intelectual. Uno da entrevistas a medios de izquierda, de derecha, de arriba y de abajo. No importa. Lo que importa es lo que uno diga sin vender el alma al diablo, es decir, decir lo que uno piensa y no lo que le conviene.

JM, noviembre 1, 2020

https://actualidad.rt.com/video/372278-experto-trump-provoco-fuerte-polarizacion

Setiembre 2020

Estados Undios, elecciones 2020

Estados Undios, elecciones 2020

Los votos directos favorecen a Trump, por lo que se deberá esperar a contar los votos por correo que favorecen a Biden por amplio margen (la mayoría de los republcianos votará en su districto; la mayoría de los demócratas ya ha votado por correo). Combinación perfecta para que Trump alegue fraude. El 4 de noviembre habrá disputa en Pennsylvaia y Florida, lo que calentará el ambiente. Esos estados decidirán la elección y al menos uno de ellos irá para los demócratas. El más probable es Pennsylvania. Como siemrpe, Florida será la manzana de la disputa.

De cualquier forma, y sin ningún lugar a dudas, los demócratas ganarán el voto popular otra vez. De no ser por el sistema electoral heredado del sistema esclavista, hoy no se estaría contando con la fuerza de los electores de estados despoblados–en su abrumadora mayoría y desde el siglo XIX, conservadores.

Si Trump pierde, el muro de naipes que lo protege se derrumbará. Deberá enfrentar varios juicios, al menos que renuncie y se haga perdonar por su vice, Mike Pence. La opción de huir del país, como el rey de España, es menos probable.

JM, nov. 1, 2020.

Es por tu bien

breve tratado de política internacional

(breve tratado de política internacional)

La primera mañana de casados, el hombre terminó su café y miró a su esposa que miraba por la ventana. No sólo la casa era nueva para ella. La ciudad también. 

—No te recomiendo que salgas a la calle sola —le dijo el hombre—. Es muy peligroso. 

La mujer se dio vuelta sorprendida y, luego de descartar varias palabras, dijo:

—¿Podemos salir juntos esta mañana?

El hombre afirmó con la cabeza.

Durante toda la semana, el hombre y la mujer salieron cada mañana después del desayuno. Siempre caminaban hacia el norte, por las calles más sucias de la ciudad, y regresaban por la tarde. 

El segundo lunes, el hombre debía volver al trabajo y, apenas terminó el desayuno, volvió a decirle a su mujer:

—No salgas a la calle sola. Es muy peligrosa. 

Esta vez no era una recomendación.

La joven se quedó pensando que se iba a quedar en la casa todo el día, al menos hasta que su esposo regresara por la noche. Pero por la noche la ciudad debía ser aún más peligrosa. 

—¿Y mañana? —preguntó la mujer.

—Mañana será la misma ciudad. Es muy peligroso para una mujer como tú salir sola a la calle. Te golpearán para robarte y sabe Dios si no te secuestran también.

La mujer permaneció en la casa una, dos, tres semanas. A la cuarta, un día viernes por la mañana, salió. No fue muy lejos. Le bastaba con mirar las vidrieras de las tiendas del barrio. Como la gente parecía más bien tranquila, se atrevió a cruzar la calle y caminó una cuadra hacia el sur, hasta un salón de belleza. Mientras miraba a las clientas por la vidriera, todas mayores que ella, todas mujeres de ciudad, sintió una mano fría que la tomaba del brazo y la conducía a la fuerza hacia un callejón que no había visto antes.

Era su esposo. Sin que mediara una palabra, la golpeó en el rostro, una, dos, tres veces, hasta que un pequeño hilo de sangre bajó por su nariz. 

—Te dije que no salieras sola a la calle —dijo el hombre—, pero no me creíste. ¿Qué confianza puede haber entre nosotros si no me crees? Es muy peligroso para una mujer como tú salir sola a la calle. Te golpearán y sabe Dios si no te secuestran también. 

JM

El peligro eran los votos, no las balas

El peligro eran los votos, no las balas

En 1957 Howard Hunt fue asignado a Montevideo. Hunt era uno de los cerebros de la​​ CIA en la campaña de propaganda que culminó con el derrocamiento de Jacobo Árbenz en Guatemala tres años antes. Poco después, el mismo Árbenz llegó con su familia y alquiló una casa a pocas cuadras de la residencia de Hunt. Ambos coincidieron en una reunión social pero Hunt, copa en mano, no le reveló la verdad a su víctima, a quien en 2007 todavía llamaba “dictador”. 

El nuevo embajador de Estados Unidos, John Woodward, le había dicho que esperaba que no hiciera en Uruguay lo que había hecho en Guatemala. Hunt, seguro de su impune independencia, le informó que su único objetivo era que los comunistas no llegasen al gobierno en Uruguay, a lo que el embajador Woodward respondió: “vas a encontrar más comunistas en Texas que en todo el Uruguay”.

Según Hunt y el embajador anterior, el presidente conservador Luis Batlle era antiamericano; el hecho de que Uruguay fuese uno de los tres países de América Latina que tenían una embajada de la Unión Soviética era suficiente prueba. Por esta razón, Hunt había reclutado a Benito Nardone, un periodista aficionado y político mediocre, sin preparación pero con una gran audiencia rural gracias a su programa de CX4 Radio Rural. Contra todos los pronósticos, Nardone ganó las elecciones presidenciales de 1958.

En los años sesenta, las protestas sociales se habían incrementado al igual que las acciones secretas de Washington. Los cargos más importantes de la policía habían sido reemplazados por individuos entrenados por la CIA, según sus propios agentes, y la tortura en las comisarías se había convertido en práctica conocida. En Argentina y en el resto del continente, las guerrillas sesentistas se fundaron más de una década después que Washington decidiera inocular los ejércitos del sur. En Uruguay, entre 1963 y 1965 se fundó el grupo guerrillero Tupamaros, lo que le dio una excelente excusa a las fuerzas de represión en un contexto de fuerte decadencia económica y social. Aunque los tupamaros de indígenas solo tenían el nombre, un análisis secreto del Departamento de Estado sobre las actividades subversivas fechado el 31 de diciembre de 1976 afirmaba que “el terrorismo en América Latina tiene raíces indígenas”.

Pero el mayor temor de Washington y de la oligarquía criolla no eran los tupamaros sino el Frente Amplio. No eran las balas, sino los votos que herían mil veces más los intereses de las transnacionales y de las elites criollas. El 27 de agosto de 1971, la embajada de Estados Unidos en Buenos Aires le envió un telegrama secreto al Departamento de Estado detallando la preocupación del gobierno militar de Alejandro Lanusse sobre las elecciones en Uruguay. La embajada preveía que el gobierno argentino, con o sin la ayuda de Brasil, intervendría en Uruguay de forma secreta para evitar un triunfo del Frente Amplio en las elecciones “a través de un autogolpe comandado por el presidente Jorge Pacheco Areco”. En marzo de 1970, Pacheco Areco se había reunido con el dictador argentino Juan Carlos Onganía, y en febrero del año siguiente con su sucesor, el general Levingston. Poco después, Argentina le envió equipos especializados en interrogatorios. En diciembre de 1970 y en julio de 1971, hubo contactos entre las cúpulas de Argentina y Brasil. Los agregados militares de Brasil informaron a sus pares de Estados Unidos (USMILAT) que desde mucho antes, durante las pasadas dictaduras de Onganía y Artur da Costa e Silva, existía un acuerdo para intervenir en Uruguay cuando ellos lo considerasen necesario. 

Sin embargo, el mismo Lanusse enfrentaba una fuerte oposición popular en Argentina y la opción de una intervención directa fue sustituida por el apoyo al presidente Pacheco Areco para un autogolpe que impidiese la toma de poder por parte del Frente Amplio en caso de una votación favorable a la izquierda, como había ocurrido en Chile un año atrás y para lo cual Washington ya había resuelto un nuevo golpe de Estado. Señalando fuentes directas vinculadas a los altos mandos, la Embajada de Estados Unidos reportó: “este plan ya se encuentra en marcha”. Más adelante: “los recientes eventos en Bolivia, en los cuales el gobierno de Argentina estuvo involucrado, han alentado a sus militares a repetir la misma solución” (Se refiere al golpe de Estado del general ultraconservador Hugo Banzer contra el general progresista J.J.Torres) “La embajada espera que el gobierno de Argentina haga lo necesario para apoyar militar y económicamente al gobierno de Uruguay contra la amenaza de un posible triunfo del Frente Amplio”.

El 27 de noviembre de 1971, el secretario ejecutivo del Departamento de Estado, Theodore Eliot, informó que Washington estaba preocupado por la posibilidad de que el nuevo partido de izquierda de Uruguay pudiese ganar la intendencia de Montevideo. Echando recurso a una estrategia más indirecta que la usada en Chile, intervino en el proceso electoral propagando información conveniente, plantando editoriales e inoculando las fuerzas de represión locales. 

En un memorándum dirigido a Henry Kissinger, Theodore Eliot informó sobre las buenas posibilidades que tenía su candidato, Pedro Bordaberry, aunque también advirtió que en Uruguay “el fenómeno de los Tupamaros es básicamente una revolución de la clase media en contra de un sistema que no ofrece oportunidades de participación”. 

Para las elecciones de 1971, Washington y Brasilia ya se habían encargado de que el Frente Amplio obtenga una mala votación y que el Partido Blanco (el partido de Nardone, ahora posicionado a la izquierda con su candidato nacionalista Wilson Ferreira Aldunate) pierda las elecciones. Luego de meses de recuento de votos y de denuncias de fraude, Bordaberry resultará vencedor y entregará el país a la dictadura militar dos meses antes del golpe en Chile. Este mismo año, en la Casa Blanca, Richard Nixon, Henry Kissinger, Vernon Walters y otros funcionarios le agradecieron personalmente al dictador brasileño Emílio Garrastazu Médici por la manipulación de las elecciones en Uruguay, como antes habían colaborado con Chile.

En Argentina, la decepción de los peronistas por el nuevo peronismo de derecha y la experiencia subversiva creada por la dictadura de Onganía en los 60 habían formado el cóctel perfecto para el caos y, sobre todo, para una nueva excusa de las fuerzas de represión. ¿Qué mejor que el desorden para los profesionales del orden? Pocos meses antes de las elecciones de 1976, los militares decidieron dar un nuevo golpe de Estado y evitar el triunfo del ala izquierda del peronismo, reagrupada detrás de Héctor Cámpora, candidato que se preveía como vencedor. 

En Uruguay, el golpe de Estado de 1973 tampoco tuvo como objetivo derrotar a los tupamaros que ya habían sido derrotados. Había que eliminar la amenaza de una opción popular por la fuerza de los votos. En Chile, el golpe de Estado no fue posible antes del triunfo de Allende, sino después. Esta fue la diferencia. 

Años después, las elites en el poder político y social no se cansarán de repetir que, de no haber sido por los grupos rebeldes de izquierda como los Tupamaros, las dictaduras militares nunca hubiesen existido. Esta fabricación se convertirá en un dogma. Como los traumas de las dictaduras, sobrevivirá en las generaciones por venir. 

JM, setiembre 2020

https://www.huffingtonpost.es/entry/el-peligro-eran-los-votos-no-las-balas_es_5f863bc9c5b6c4bb5470beb2

Is the truth unpatriotic?

Is the truth unpatriotic?

In a speech at the National Archives Museum, President Donald Trump proposed the creation of the 1776 Commission to promote a more “pro-American” education program while warning of “a radical movement” that has grown out of “decades of indoctrination” of leftists in schools and universities “that makes students feel ashamed of their own history.”

To illustrate, imagine a German chancellor demanding that the young people of their country should not be ashamed of the crimes of their history. Of course, here is another linguistic trap that decides the frame of the debate. They are not “the crimes of their own history,” but “the crimes of their country’s history.” In fact, we are not responsible for the massacres of Native Americans, Blacks, Mexicans, and the inhabitants of all those tropical countries where the “superior race” (sic) landed with their marines to impose bloody dictatorships in the name of freedom. Those who believe themselves to be the owners of their country will use the linguistic and symbolic strategy of identifying their own ideas with an entire nation. A part of this strategic confusion lies in including the citizens of today in that “we” when talking about an intervention that occurred a hundred years ago in the Philippines or a few years ago in Afghanistan without even having participated in the decision of the executions and bombings. We are not responsible for something we never approved of; we are responsible for our reply to the worst truths of the past and present. But that is the catch: if citizens feel responsible for something they did not do, the majority will defend it to the death and history will repeat itself. Not coincidentally, the fiery debate in the United States continues to stall in the Civil War of 1861.

The calls to control academic freedom are old. A decade ago, conservative senators from the southern states – supporters of the Creation Theory in Seven Days as a way to “balance” the growing dominance of the Theory of Evolution – wanted to force universities to teach “facts not theories.” In just three words they demonstrated the degree of intellectual brutality that men in power tend to reach, even extending to proposals to “balance” the number of liberal teachers (from the left) with conservative teachers (from the right).

Naturally, this is commonplace of those who give lip service to democracy and freedom but hate democracy and freedom when claimed by others. The model for President Trump is President Andrew Jackson (“the least prepared man I have ever met in my life, with no respect for any law or the constitution,” according to Thomas Jefferson). Jackson, known as Indian Killer, was famous for stealing territories from indigenous nations to spread slavery westward and give the new lands to his white farmers, who were, according to him, “the true friends of freedom.”

For the same reasons, those who now complain about the “indoctrination of the left” in schools and universities never saw anything wrong with the indoctrination of the right that succeeded in imposing falsehoods and historical myths, such as the Manifest Destiny, which persist after decades and centuries.

They are right about something. The number of progressive professors in universities, almost everywhere in the world, is clearly higher than that of conservative professors. However, the same thing happens in the cultural sphere outside the universities. This is not difficult to explain. Since the Renaissance, intellectuals began to oppose and criticize power. When you see the people of culture on one side of the ideological or political spectrum, look to the other side to find out where the industrial power lies; with those who run the capital, the big media, the armies, and who have the power to hire and fire thousands of workers at will.

Besides, there are other more obvious reasons for this divide. Those who love money do not have poor losers like Leonardo da Vinci, Albert Einstein or Charles Bukowski as role models. Geniuses are not influencers in a world of values imposed by the ideology of capital and the quantity of anything (ie., Subscribers, Lamborghinis). If someone loves luxury and likes to show off their nice tits on a Miami beach or from their luxurious apartment in Punta del Este, they will surely not spend ten hours a day studying Statistical Theory. If someone dreams of expensive cars or the power that emanates from a spacious executive office, surely they will not dedicate themselves to teaching. If someone loves money, the political and social prestige that emanates from it and the smile of young women looking for work to survive, they will hardly dedicate themselves to writing an investigation on the history of Guatemala or an article on the dynamics of fluids.

Additionally, sits the modest search for inconvenient truths they call “propaganda of the left” or “Marxist indoctrination.” The propaganda of the right is so overwhelming that it is not seen, as the air is not seen. Little is said about the multimillion-dollar investments in advertising and fake news that companies may use to spread theories and rumors without a scientific basis. For example, to deny climate change or to destroy public health programs.

The demonization of critics is part of the propaganda strategy of those with power and money, demonstrated many times, for example, by the Church Commission of the United States Senate in the 70s. The CIA invested millions of dollars to organize “popular protests” and planted fake articles in the newspapers of the United States and Latin America to influence public opinion. Thanks to this engineering, millions of free people continue to repeat, with fanaticism, ideas designed by the Agency decades ago. This multi-million-dollar investment in media and culture for political and ideological purposes continues, although generating fewer secret documents and with much more millions of dollars than before.

A few days ago while studying the Spanish-American War, I began by asking my students what they knew about this war. (I assume total honesty on their part.) They responded, as the only answer, that everything had begun with the sinking of the USS Maine in La Havana in 1898 by the Spanish. Despite the flagrant contradiction with the reports of the survivors themselves, which were discarded by different investigations, and despite the recognition that it was all a fabrication of the New York Journal and the New York World to sell more newspapers, this myth continues to live as the only truth. The patriotic myth is more real than reality and the truth is unpatriotic.

Those same ladies and gentlemen, who love power and money are usually against the intervention of the government (the State) in public life, are the first to bring the government to regulate all those truths that do not suit them, intervening in education and in any free and independent research. This independence, the president called “child abuse.” In universities, we work with young adults and they call that indoctrination. In sects and churches of all kinds they work with innocent children and it does not occur to anyone to intervene in the face of this type of indoctrination, much less call it “child abuse”.

The very idea that a president has the power to establish what schools should teach and what professors should investigate in universities is primitive and fascist. Is the controlled truth more patriotic than raw truth? Could it be that there is some freedom in the truth, however horrible it may be, and this is what worries power so much?

Jorge Majfud, setiembre 2020

La verità è forse antipatriottica?

di Jorge Majfud

Propongo di seguito la versione integrale, da me tradotta in italiano, di un interessante articolo a firma di Jorge Majfud. Non sfuggirà come i punti cardinali dell’analisi siano rilevanti ben al di là della specifica realtà statunitense alla quale l’autore si riferisce. Al fondo riporto il link all’originale.

* * *

In un suo discorso al National Archives Museum, il presidente Donald Trump propose la creazione della 1776 Commission allo scopo di dar vita ad un programma educativo maggiormente “pro-statunitense”, denunciando “un movimento radicale” frutto di “decenni di indottrinamento da parte della sinistra nelle scuole e nelle univeristà” che “induce gli studenti a vergognarsi della propria storia”. 

Per dare un’idea, s’immagini un cancelliere tedesco che chieda che i giovani del suo paese non si vergognino dei crimini inscritti nella loro storia. Siamo qui in presenza, evidentemente, di un’altra trappola linguistica volta a disegnare la cornice stessa del dibattito. Non si tratta dei “crimini della propria storia”, quanto piuttosto dei “crimini della storia del proprio paese”. Difatti, non siamo responsabili dello sterminio di indiani, negri, messicani e degli abitanti di tutti quei paesi tropicali in cui la “razza superiore” (sic!) sbarcò con i suoi marins per imporre sanguinarie dittature in nome della libertà. Coloro i quali si ritengono padroni dei propri paesi useranno, quale strategia linguistica e simbolica, l’identificare delle loro idee con quelle dell’intera nazione. Parlando di un intervento che ha avuto luogo cent’anni fa nelle Filippine o qualche anno addietro in Afghanistan, parte di questa confusione strategica consiste nell’includere i cittadini d’oggi nel “noi”, senza però che questi abbiano in alcun modo preso parte alla decisione di esecuzioni e bombardamenti. Non siamo responsabili di qualcosa alla cui approvazione non abbiamo mai preso parte; siamo responsabili di come rispondiamo alle peggiori verità del passato e del presente. E qui sta la trappola: se i cittadini si sentono responsabili di qualcosa che non hanno commesso, la maggioranza lo difenderà fino alla morte e la storia si ripeterà. Non a caso, l’ardente dibattitto negli Stati Uniti persiste incagliato alla Guerra Civile del 1861.

Coloro i quali dovrebbero garantire la libertà accademica sono vecchi. Un decennio fa, i senatori conservatori degli stati del sud – partitari della Teoria della Creazione in sette giorni quale via per “bilanciare” il crescente dominio della Teoria dell’Evoluzione – vollero obbligare le università a insegnare “fatti, non teorie”. In appena tre parole diedero prova del grado di barbarie intellettuale al quale sono soliti approdare gli uomini di potere, avanzando poi proposte volte a “bilanciare” il numero dei professori liberali (di sinistra) con docenti conservatori (di destra).

Naturalmente, questo è il luogo comune di quanti si riempiono la bocca con democrazia e libertà, odiando però tanto la democrazia quanto la libertà quando a reclamarle sono altri. Il modello del presidente Trump è il presidente Andrew Jackson (“l’uomo meno preparato che ho conosciuto in tutta la mia vita, senza nessun rispetto per la legge o la costituzione”, secondo Thomas Jefferson). Jackson, noto come Indian Killer, deve la sua celebrità al fatto di aver sottratto i territori agli indigeni per espandere la schiavitù verso ovest e consegnare le nuove terre ai suoi fattori bianchi, i quali erano, a detta sua, “i veri amici della libertà”.

Per le stesse ragioni, quanti ora si lamentano dell’“indottrinamento di sinistra” nelle scuole e nelle università, non trovarono nulla di male in quell’indottrinamento sistematico di destra a cui si deve l’imposizione di falsità e miti storici che, come il Manifest Destiny, durano da decenni e secoli.

Su di un punto, però, hanno ragione. Nelle università di quasi tutto il mondo, il numero di professori progressisti è chiaramente superiore a quello dei professori conservatori. Né avviene diversamente in ambito culturale fuori dalle università. Ciò che non è difficile da spiegare. Sin dal Rinascimento, gli intellettuali si opposero e criticarono il potere. Quando, da un lato dello spettro ideologico o politico, vedi gli esponenti del mondo della cultura, guarda dalla parte opposta per trovare il potere industriale; coloro che controllano i capitali, i media e gli eserciti e che hanno il potere di assumere e licenziare arbitrariamente migliaia di lavori.

Alla radice di questa separazione vi sono poi altre più ovvie ragioni. Chi ama il denaro non erige di certo a modello dei poveri falliti come Leonardo da Vinci, Albert Einstein o Charles Bukowski. I geni non diventano influencers in un mondo dominato dai valori imposti dall’ideologia del capitale e della quantità (quantità di subscribers, Lamborghini…). Chi ama il lusso, chi adora far bella mostra delle sue belle tette in qualche spiaggia di Miami o dal suo lussuoso appartamento a Punta del Este, di certo non dedicherà dieci ore tutti i giorni a studiare statistica. Chi vagheggia auto di lusso o ambisce al potere che esprime uno spazioso ufficio dirigenziale, di certo non farà l’insegnante. Chi ama il denaro, il prestigio politico e sociale che da questo emana ed il sorriso di ragazzine in cerca di lavoro per sopravvivere, difficilmente si dedicherà a scrivere un romanzo, un saggio sulla storia del Guatemala o un articolo sulla dinamica dei fluidi.

La modesta ricerca di verità scomode viene tacciata di “propaganda di sinistra” o “indottrinamento marxista”. La propaganda di destra è a tal punto penetrante che, al pari dell’aria, nemmeno si vede. Poco o nulla viene detto a proposito degli investimenti multimilionari in pubblicità e fake news che le lobbies dispongono, per esempio, al fine di diffondere teorie e voci sprovviste della benché minima base scientifica, per negare la realtà del cambio climatico o per fare a pezzi programmi di salute pubblica.

La demonizzazione dei critici fa parte della strategia di propaganda dei padroni del potere e del denaro, cosa più volte dimostrata dai fatti, come per esempio la Church Commission del Senato degli Stati Uniti negli anni ’70: la CIA investì milioni di dollari per organizzare “proteste popolari” e per riempire i giornali degli Stati Uniti e dell’America Latina di articoli finalizzati ad influenzare l’opinione pubblica. Grazie a siffatta ingegneria, milioni di persone libere continuano a ripetere, fanaticamente, idee disegnate dall’Agency decenni prima. L’investimento multimilionario in comunicazione e cultura a fini politici ed ideologici continua, pur generando meno documenti segreti e con molti più milioni di dollari di prima.

Pochi giorni fa, studiando la Guerra ispano-statunitense, ho preso a chiedere ai miei studenti cosa sapessero di detta guerra; ho ottenuto come unica risposta (non metto in dubbio la loro totale onestà) che tutto cominciò con l’affondamento dell’USS Maine a La Habana nel 1898 ad opera degli spagnoli. Nonostante la flagrante contraddizione con le testimonianze degli stessi sopravvissuti, scartate da varie ricerche, e nonostante il riconoscimento del fatto che si trattò di una macchinazione del New York Journal e del New York World per vendere più copie dei rispettivi giornali, questo mito continua ad essere l’unica verità ammessa. Il mito patriottico è più reale della realtà e la verità è antipatriottica.

Quegli stessi signori e signore che tanto amano il potere e il denaro e sono soliti opporsi all’intervento del governo (dello Stato) nella vita pubblica, sono poi i primi a tirare in ballo il governo quando si tratta di regolare le verità per loro sconvenienti, intervenendo nell’educazione ed in qualunque linea di ricerca libera ed indipendente. Il presidente chiamò quest’indipendenza “abuso infantile”. Nelle università lavoriamo con giovani adulti e a ciò essi danno il nome di indottrinamento. Nelle sette e nelle chiese d’ogni tipo lavorano con bambini innocenti e a nessuno viene in mente di intervenire dinanzi a questo genere di indottrinamento e ancor meno di definirlo “abuso infantile”.

L’idea stessa che un presidente creda di avere il potere di stabilire cosa deve essere insegnato nelle scuole e cosa deve essere oggetto di ricerca da parte dei professori nelle università è primitiva e fascista. Forse che le menzogne o le verità controllate sono più patriottiche della cruda verità? Non sarà che c’è della libertà nella verità, per orribile che sia, e che è proprio questo ciò che il potere tanto teme?

https://www.orizzonteatlantico.it/majfud-verita-antipatriottica

États-Unis. La vérité est-elle antipatriotique?

Jorge Majfud

lundi 28 septembre 2020, mis en ligne par Françoise Couëdel

18 septembre 2020.

Dans un discours prononcé au Musée des Archives nationales, le président Donald Trump a proposé la création de la Commission 1776 pour définir un programme d’éducation d’orientation «pro-états-unienne» en même temps qu’il dénonçait un «mouvement radical» forgé par des décennies d’endoctrinement gauchisant dans les écoles et dans les universités qui fait que les étudiants «ont honte de leur propre histoire».

En quelque sorte, c’est comme si un président russe ou un chancelier allemand réclamait que la jeunesse de son pays n’ait pas honte des crimes de son histoire. Il y a là un autre piège linguistique qui définit le cadre du débat. Ce ne sont pas «les crimes de leur propre histoire» mais «les crimes de l’histoire de leur pays». De fait, nous ne sommes pas responsables de l’extermination des Indiens, des noirs, des Mexicains et des habitants de tous ces pays tropicaux où la «race supérieure» (sic) a débarqué avec sa flotte pour imposer de sanglantes dictatures au nom de la liberté. La stratégie linguistique et symbolique de ceux qui se croient maîtres de leur pays consiste à imposer leurs idées à toute une nation. Une part de cette confusion stratégique consiste à inclure les citoyens d’aujourd’hui dans le «we» (nous) quand il s’agit d’une intervention qui a eu lieu, il y cent ans, aux Philippines ou, il y a quelques années, en Afghanistan, sans qu’ils aient même participé aux exécutions et aux bombardements. Nous ne sommes pas responsables d’actes que nous n’avons jamais approuvés; nous sommes responsables de notre positionnement face aux pires vérités du passé et du présent. Mais c’est là le piège : si les citoyens se sentent responsables d’une chose qu’ils n’ont pas commise, la majorité la défendra à mort et l’histoire se répètera. Ce n’est pas un hasard si, aux États-Unis, le débat acharné sur la Guerre civile de 1861 est toujours éludé.

Ceux qui sont appelés à contrôler la liberté académique sont vieux. Il y a une décennie les sénateurs conservateurs des États du sud, partisans de la théorie créationniste, de la Création en sept jours, comme manière de «contredire» l’acceptation de plus en plus répandue de la Théorie de l’évolution, ont voulu obliger les universités à enseigner des «faits et non des théories». Par ces seuls trois mots ils ont manifesté un niveau de brutalité intellectuelle auquel seuls les hommes au pouvoir peuvent parvenir. D’autres propositions ont été faites ensuite destinées à «équilibrer» le nombre de professeurs libéraux (de gauche) et de professeurs conservateurs (de droite).

Naturellement, c’est le lieu commun de ceux qui se gargarisent des mots de démocratie et de liberté, mais haïssent la démocratie et la liberté quand ce sont les autres qui les réclament. Le modèle de référence du président Trump est le président Andrew Jackson («l’homme le moins éduqué que j’ai connu dans ma vie, sans aucun respect pour aucune loi ou pour la Constitution» a dit Thomas Jefferson). Jackson connu comme le Tueur d’indiens, s’est rendu célèbre pour avoir volé leurs territoires aux nations indiennes, pour étendre l’esclavage vers l’ouest et donné ces nouvelles terres aux paysans blancs, qui étaient, selon lui, «les vrais amis de la liberté».

Pour les mêmes raisons et selon la même culture ceux qui se plaignent de «l’endoctrinement par la gauche» dans les écoles et les universités n’ont jamais considéré néfaste l’endoctrinement par la droite qui a réussi à imposer des mensonges et des mythes historiques, comme celui du Destin manifeste, qui persistent après des années, des décennies, des siècles.

Ils ont en partie raison. Le nombre de professeurs progressistes dans les universités, presque partout dans le monde, est nettement supérieur à celui des professeurs conservateurs. Mais la même chose se produit dans le domaine de la culture en dehors des universités. Cela s’explique aisément. Dès la Renaissance, les intellectuels ont commencé à s’opposer au pouvoir et à le critiquer. Quand on considère les gens de la culture d’un côté du spectre idéologique ou politique, et si on regarde de l’autre côté pour savoir où est le pouvoir social, on y trouve ceux qui ont entre leurs mains le capital, les grands medias, et les forces armées, ceux qui ont le pouvoir d’embaucher et de licencier à leur guise des milliers de travailleurs.

En outre, il y a des raisons plus évidentes. Ceux qui aiment l’argent n’ont pas pour modèles de pauvres ratés comme Léonard de Vinci, Albert Einstein ou Charles Bukowski. Les génies ne sont pas des influenceurs dans un monde de valeurs imposées par l’idéologie du capital et l’accumulation de n’importe quel bien (adeptes de Lamborghini). Si un homme aime le luxe et qu’il lui plait de frimer en compagnie d’une paire de beaux seins sur une plage de Miami ou avec son luxueux appartement de Punta del Este, il ne consacrera certainement pas dix heures à étudier la théorie statistique. Si quelqu’un rêve de belles voitures ou du pouvoir que lui confère un bureau spacieux de chef d’entreprise il ne se consacrera certainement pas à l’enseignement. Si un homme qui aime l’argent, le prestige politique et social qu’il lui confère, le sourire des jeunes filles en fleur qui cherchent du travail pour survivre, il y a peu de chance qu’il se consacre à écrire un roman, une étude sur l’histoire du Guatemala ou un article sur la dynamique des fluides.

Par ailleurs, ils appellent «propagande de gauche» ou «endoctrinement marxiste» la simple recherche des vérités dissidentes. La propagande de droite est si ennuyeuse qu’elle est invisible, tout comme l’air est invisible. On parle peu ou très peu des millions et des millions investis dans la publicité et dans de fausses informations que les lobbys consacrent, par exemple, à propager des théories ou des rumeurs sans base scientifique, à nier le changement climatique ou à annuler des programmes de santé publique.

La diabolisation des critiques fait partie de la stratégie de propagande des détenteurs du pouvoir et de l’argent, ce qui a été démontré à maintes reprises, par exemple, par la Commission Church du sénat des États-Unis dans les années 70 : la CIA a investi des millions pour organiser des «manifestations populaires» et imposer des articles dans les quotidiens des États-Unis et d’Amérique latine pour influencer l’opinion publique. Grâce à cette ingénierie, des millions de personnes libres continuent à répéter, avec fanatisme, des idées conçues par l’Agence il y a des décennies. Cet investissement de plusieurs millions dans les medias et la culture à des fins politiques et idéologiques se poursuit, bien qu’elle produise moins de documents secrets et dépense beaucoup moins de millions de dollars qu’avant.

Il y a quelque temps, alors que j’enseignais la Guerre hispano-étatsunienne, j’ai commencé par demander à mes étudiants ce qu’ils savaient de cette guerre, (je reconnais une honnêteté totale de leur part) ils m’ont donné comme unique réponse que tout avait commencé avec l’explosion de l’USS Maine à La Havane, en 1898, perpétrée par les Espagnols. Ce mythe (en contradiction flagrante avec les récits des survivants eux-mêmes, rejeté par les chercheurs et en dépit de la reconnaissance de ce que tout avait été une fabrication du New York Journal et du New York Post pour vendre plus de journaux) circule toujours. Le mythe patriotique est plus réel que la réalité et la vérité.

Ces mêmes messieurs et dames, qui aiment tellement le pouvoir et l’argent et qui sont généralement opposés à l’intervention du gouvernement (de l’État) dans la vie publique sont les premiers à en appeler au gouvernement pour qu’il contrôle ces vérités qui ne leur conviennent pas, en intervenant dans l’éducation et dans toute recherche libre et indépendante. Cette indépendance, le président l’a appelé «abus sur des enfants». Dans les universités nous travaillons avec de jeunes adultes et eux appellent ça endoctrinement. Les sectes et les églises de tout type s’adressent à des enfants innocents et personne n’a l’idée d’intervenir dans ce type d’endoctrinement et encore moins de l’appeler «abus sur des enfants».

La seule idée qu’un président s’imagine doté du pouvoir d’établir ce qui doit être enseigné dans les écoles et sur quoi doivent porter les recherches des professeurs d’université est primaire et fasciste. Le mensonge ou les vérités contrôlées sont-ils plus patriotiques que la vérité pure? N’y aurait-il pas une part de liberté dans la vérité, aussi horrible soit-elle, et n’est-ce pas là ce qui préoccupe tellement le pouvoir?


Jorge Majfud est un écrivain uruguayen et états-unien, auteur de Crisis y otras novelas.

Traduction française de Françoise Couëdel.

http://www.alterinfos.org/spip.php?article8712

¿Es la verdad antipatriota?

¿Es la verdad antipatriota?

En un discurso en el National Archives Museum, el presidente Donald Trump propuso la creación de la Comisión 1776 para crear un programa de educación más “pro-estadounidense” al tiempo que advertía de “un movimiento radical” que ha surgido de “décadas de indoctrinación izquierdista en las escuelas y en las universidades” que hace que los estudiantes “sientan vergüenza por su propia historia”. 

Algo así como que un presidente ruso o un canciller alemán reclame que los jóvenes de su país no se avergüencen de los crímenes de su historia. Claro que aquí hay otra trampa lingüística que decide el marco del debate. No son “los crímenes de su propia historia” sino “los crímenes de la historia de su país”. De hecho, no somos responsables por las matanzas de indios, de negros, de mexicanos y de los habitantes de todos aquellos paises tropicales donde la “raza superior” (sic) desembarcó con sus marines para imponer sangrientas dictaduras en nombre de la libertad. La estrategia lingüística y simbólica de quienes se creen dueños de los países consiste en identificar sus ideas con toda una nación. Una parte de esta estratégica confusión radica en incluir a los ciudadanos de hoy en ese “we” (nosotros) cuando se habla de una intervención que ocurrió hace cien años en Filipinas o unos años atrás en Afganistán sin siquiera haber participado en la decisión de las ejecusiones y los bombardeos. No somos responsables de algo que nunca aprobamos; somos responsables de nuestra respuesta ante las peores verdades del pasado y del presente. Pero esa es la trampa: si los ciudadanos se sienten responsables de algo que no cometieron, la mayoría lo defenderá a muerte y la historia se repetirá. No por casualidad, el ardiente debate en Estados Unidos continúa estancado en la Guerra Civil de 1861.  

Los llamados a controlar la libertad académica son viejos. Una década atrás, los senadores conservadores de los estados del sur, partidarios de la Teoría de la Creación en siete días, como forma de “balancear” el creciente dominio de la Teoría de la Evolución quisieron obligar a las universidades a enseñar “hechos, no teorías”. En sólo tres palabras demostraron el grado de brutalidad intelectual al que suelen llegar los hombres en el poder. Luego hubo otras propuestas para “balancear” la cantidad de profesores liberales (de izquierda) con los profesores conservadores (de derecha). 

Naturalmente, este es un lugar común de aquellos que se llenan la boca con la democracia y la libertad, pero odian la democracia y la libertad cuando son reclamadas por otros. El modelo del presidente Trump es el presidente Andrew Jackson (“el hombre menos preparado que he conocido en mi vida, sin ningún respeto por alguna ley o por la constitución”, según Thomas Jefferson). Jackson, conocido como Mata Indios, fue célebre por robarle los territorios a las naciones indígenas para expandir la esclavitud hacia el oeste y entregarle las nuevas tierras a sus granjeros blancos, que eran, según él, “los verdaderos amigos de la libertad”. 

Por las mismas razones y por la misma cultura, quienes ahora se quejan de la “indoctrinación de la izquierda” en las escuelas y las universidades nunca vieron nada de malo en la indoctrinación sistemática de la derecha que logró imponer falsedades y mitos históricos, como el Destino manifiesto, que persisten luego de años, décadas y siglos. 

En algo tienen razón. El número de profesores progresistas en las universidades, en casi todo el mundo, es claramente superior al de profesores conservadores. Pero lo mismo ocurre en el ámbito cultural fuera de las universidades. Esto no es difícil de explicar. Desde el Renacimiento, los intelectuales comenzaron a oponerse y a criticar al poder. Cuando veas a la gente de la cultura de un lado del espectro ideológico o político, mira hacia el otro para saber dónde está el poder social, aquellos que manejan los capitales, los grandes medios y los ejércitos; aquellos que tienen el poder de contratar y despedir a miles de trabajadores a su antojo. 

Aparte, hay otras razones más obvias. Quienes aman el dinero no tienen a pobres fracasados como Leonardo da Vinci, Albert Einstein o Charles Bukowski como modelos. Los genios no son influencers en un mundo de valores impuestos por la ideología del capital y de la cantidad de cualquier cosa (subscribers, Lamborghinis). Si alguien ama el lujo y le gusta presumir de su bonitas tetas en una playa de Miami o desde su lujoso apartamento de Punta del Este, seguramente no se dedicará diez horas al día a estudiar la Teoría estadística‎. Si alguien sueña con los autos caros o con el poder que emana de una espaciosa oficina ejecutiva, seguramente no se dedicará a la docencia. Si alguien ama el dinero, el prestigio político y social que emana de él y la sonrisa de jovencitas que buscan trabajo para sobrevivir, difícilmente se dedicará a escribir una novela, una investigación sobre la historia de Guatemala o un artículo sobre la dinámica de los fluidos. 

Luego, a la modesta búsqueda de las verdades inconvenientes llaman “propaganda de la izquierda” o “indoctrinación marxista”. La propaganda de la derecha es tan abrumadora que no se ve, como no se ve el aire. Nada o poco se dice de las multimillonarias inversiones en publicidad y en noticias falsas que los lobbies y las compañías invierten, por ejemplo, para propagar teorías y rumores sin base científica, para negar el cambio climático o para destrozar programas de salud públicos. 

La demonización de los críticos es parte de la estrategia propagandística de los dueños del poder y del dinero, algo que quedó demostrado muchas veces, por ejemplo, por la Comisión Church del Senado de Estados Unidos en los años 70: la CIA invirtió cifras millonarias en organizar “protestas populares” y en plantar artículos en los diarios de Estados Unidos y de América Latina para influir en las opinión pública. Gracias a esta ingeniería, millones de personas libres continúan repitiendo, con fanatismo, ideas diseñadas por la Agencia décadas atrás. Esta multimillonaria inversión en los medios y en la cultura con propósitos políticos e ideológicos continua, aunque generando menos documentos secretos y con mucho más millones de dólares que antes. 

Hace pocos días, estudiando la Guerra hispano-estadounidense, comencé por preguntarle a mis estudiantes qué sabían de esta guerra y (asumo total honestidad de su parte) me respondieron, como única respuesta, que todo había comenzado con el hundimiento del USS Maine en La Habana en 1898 por parte de los españoles. Este mito (en flagrante contradicción con los reportes de los mismos sobrevivientes, descartado por diferentes investigaciones y pese al reconocimiento de que todo fue una fabricación del New York Journal y del New York World para vender más diarios) continúa vivo. El mito patriótico es más real que la realidad y la verdad es antipatriótica. 

Esos mismos señores y señoras, que aman tanto el poder y el dinero y suelen estar en contra de la intervención del gobierno (del Estado) en la vida pública, son los primeros en meter al gobierno para regular todas aquellas verdades que no les conviene, interviniendo en la educación y en cualquier investigación libre e independiente. A esta independencia, el presidente llamó “abuso infantil”. En las universidades trabajamos con jóvenes adultos y a eso le llaman indoctrinación. En las sectas y en las iglesias de todo tipo trabajan con niños inocentes y a nadie se les ocurre intervenir ante ese tipo de indoctrinación y menos llamarlo “abuso infantil”. 

La sola idea de que un presidente se crea con la potestad de establecer qué deben enseñar las escuelas y qué deben investigar los profesores en las universidades es primitiva y facista. ¿Es la mentira o son las verdades controladas más patrióticas que la verdad cruda? ¿No será que hay algo de libertad en la verdad, por horrible que sea, y es esto lo que tanto preocupa al poder?

JM, september 2020

http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=29635

https://www.alainet.org/es/articulo/208959

https://www.pagina12.com.ar/296165-es-la-verdad-antipatriota

Is the truth unpatriotic?

In a speech at the National Archives Museum, President Donald Trump proposed the creation of the 1776 Commission to promote a more “pro-American” education program while warning of “a radical movement” that has grown out of “decades of indoctrination” of leftists in schools and universities “that makes students feel ashamed of their own history.”

To illustrate, imagine a German chancellor demanding that the young people of their country should not be ashamed of the crimes of their history. Of course, here is another linguistic trap that decides the frame of the debate. They are not “the crimes of their own history,” but “the crimes of their country’s history.” In fact, we are not responsible for the massacres of Native Americans, Blacks, Mexicans, and the inhabitants of all those tropical countries where the “superior race” (sic) landed with their marines to impose bloody dictatorships in the name of freedom. Those who believe themselves to be the owners of their country will use the linguistic and symbolic strategy of identifying their own ideas with an entire nation. A part of this strategic confusion lies in including the citizens of today in that “we” when talking about an intervention that occurred a hundred years ago in the Philippines or a few years ago in Afghanistan without even having participated in the decision of the executions and bombings. We are not responsible for something we never approved of; we are responsible for our reply to the worst truths of the past and present. But that is the catch: if citizens feel responsible for something they did not do, the majority will defend it to the death and history will repeat itself. Not coincidentally, the fiery debate in the United States continues to stall in the Civil War of 1861.

The calls to control academic freedom are old. A decade ago, conservative senators from the southern states – supporters of the Creation Theory in Seven Days as a way to “balance” the growing dominance of the Theory of Evolution – wanted to force universities to teach “facts not theories.” In just three words they demonstrated the degree of intellectual brutality that men in power tend to reach, even extending to proposals to “balance” the number of liberal teachers (from the left) with conservative teachers (from the right).

Naturally, this is commonplace of those who give lip service to democracy and freedom but hate democracy and freedom when claimed by others. The model for President Trump is President Andrew Jackson (“the least prepared man I have ever met in my life, with no respect for any law or the constitution,” according to Thomas Jefferson). Jackson, known as Indian Killer, was famous for stealing territories from indigenous nations to spread slavery westward and give the new lands to his white farmers, who were, according to him, “the true friends of freedom.”

For the same reasons, those who now complain about the “indoctrination of the left” in schools and universities never saw anything wrong with the indoctrination of the right that succeeded in imposing falsehoods and historical myths, such as the Manifest Destiny, which persist after decades and centuries.

They are right about something. The number of progressive professors in universities, almost everywhere in the world, is clearly higher than that of conservative professors. However, the same thing happens in the cultural sphere outside the universities. This is not difficult to explain. Since the Renaissance, intellectuals began to oppose and criticize power. When you see the people of culture on one side of the ideological or political spectrum, look to the other side to find out where the industrial power lies; with those who run the capital, the big media, the armies, and who have the power to hire and fire thousands of workers at will.

Besides, there are other more obvious reasons for this divide. Those who love money do not have poor losers like Leonardo da Vinci, Albert Einstein or Charles Bukowski as role models. Geniuses are not influencers in a world of values imposed by the ideology of capital and the quantity of anything (ie., Subscribers, Lamborghinis). If someone loves luxury and likes to show off their nice tits on a Miami beach or from their luxurious apartment in Punta del Este, they will surely not spend ten hours a day studying Statistical Theory. If someone dreams of expensive cars or the power that emanates from a spacious executive office, surely they will not dedicate themselves to teaching. If someone loves money, the political and social prestige that emanates from it and the smile of young women looking for work to survive, they will hardly dedicate themselves to writing an investigation on the history of Guatemala or an article on the dynamics of fluids.

Additionally, sits the modest search for inconvenient truths they call “propaganda of the left” or “Marxist indoctrination.” The propaganda of the right is so overwhelming that it is not seen, as the air is not seen. Little is said about the multimillion-dollar investments in advertising and fake news that companies may use to spread theories and rumors without a scientific basis. For example, to deny climate change or to destroy public health programs.

The demonization of critics is part of the propaganda strategy of those with power and money, demonstrated many times, for example, by the Church Commission of the United States Senate in the 70s. The CIA invested millions of dollars to organize “popular protests” and planted fake articles in the newspapers of the United States and Latin America to influence public opinion. Thanks to this engineering, millions of free people continue to repeat, with fanaticism, ideas designed by the Agency decades ago. This multi-million-dollar investment in media and culture for political and ideological purposes continues, although generating fewer secret documents and with much more millions of dollars than before.

A few days ago while studying the Spanish-American War, I began by asking my students what they knew about this war. (I assume total honesty on their part.) They responded, as the only answer, that everything had begun with the sinking of the USS Maine in La Havana in 1898 by the Spanish. Despite the flagrant contradiction with the reports of the survivors themselves, which were discarded by different investigations, and despite the recognition that it was all a fabrication of the New York Journal and the New York World to sell more newspapers, this myth continues to live as the only truth. The patriotic myth is more real than reality and the truth is unpatriotic.

Those same ladies and gentlemen, who love power and money are usually against the intervention of the government (the State) in public life, are the first to bring the government to regulate all those truths that do not suit them, intervening in education and in any free and independent research. This independence, the president called “child abuse.” In universities, we work with young adults and they call that indoctrination. In sects and churches of all kinds they work with innocent children and it does not occur to anyone to intervene in the face of this type of indoctrination, much less call it “child abuse”.

The very idea that a president has the power to establish what schools should teach and what professors should investigate in universities is primitive and fascist. Is the controlled truth more patriotic than raw truth? Could it be that there is some freedom in the truth, however horrible it may be, and this is what worries power so much?

Jorge Majfud, setiembre 2020

La verità è forse antipatriottica?

di Jorge Majfud

Propongo di seguito la versione integrale, da me tradotta in italiano, di un interessante articolo a firma di Jorge Majfud. Non sfuggirà come i punti cardinali dell’analisi siano rilevanti ben al di là della specifica realtà statunitense alla quale l’autore si riferisce. Al fondo riporto il link all’originale.

* * *

In un suo discorso al National Archives Museum, il presidente Donald Trump propose la creazione della 1776 Commission allo scopo di dar vita ad un programma educativo maggiormente “pro-statunitense”, denunciando “un movimento radicale” frutto di “decenni di indottrinamento da parte della sinistra nelle scuole e nelle univeristà” che “induce gli studenti a vergognarsi della propria storia”. 

Per dare un’idea, s’immagini un cancelliere tedesco che chieda che i giovani del suo paese non si vergognino dei crimini inscritti nella loro storia. Siamo qui in presenza, evidentemente, di un’altra trappola linguistica volta a disegnare la cornice stessa del dibattito. Non si tratta dei “crimini della propria storia”, quanto piuttosto dei “crimini della storia del proprio paese”. Difatti, non siamo responsabili dello sterminio di indiani, negri, messicani e degli abitanti di tutti quei paesi tropicali in cui la “razza superiore” (sic!) sbarcò con i suoi marins per imporre sanguinarie dittature in nome della libertà. Coloro i quali si ritengono padroni dei propri paesi useranno, quale strategia linguistica e simbolica, l’identificare delle loro idee con quelle dell’intera nazione. Parlando di un intervento che ha avuto luogo cent’anni fa nelle Filippine o qualche anno addietro in Afghanistan, parte di questa confusione strategica consiste nell’includere i cittadini d’oggi nel “noi”, senza però che questi abbiano in alcun modo preso parte alla decisione di esecuzioni e bombardamenti. Non siamo responsabili di qualcosa alla cui approvazione non abbiamo mai preso parte; siamo responsabili di come rispondiamo alle peggiori verità del passato e del presente. E qui sta la trappola: se i cittadini si sentono responsabili di qualcosa che non hanno commesso, la maggioranza lo difenderà fino alla morte e la storia si ripeterà. Non a caso, l’ardente dibattitto negli Stati Uniti persiste incagliato alla Guerra Civile del 1861.

Coloro i quali dovrebbero garantire la libertà accademica sono vecchi. Un decennio fa, i senatori conservatori degli stati del sud – partitari della Teoria della Creazione in sette giorni quale via per “bilanciare” il crescente dominio della Teoria dell’Evoluzione – vollero obbligare le università a insegnare “fatti, non teorie”. In appena tre parole diedero prova del grado di barbarie intellettuale al quale sono soliti approdare gli uomini di potere, avanzando poi proposte volte a “bilanciare” il numero dei professori liberali (di sinistra) con docenti conservatori (di destra).

Naturalmente, questo è il luogo comune di quanti si riempiono la bocca con democrazia e libertà, odiando però tanto la democrazia quanto la libertà quando a reclamarle sono altri. Il modello del presidente Trump è il presidente Andrew Jackson (“l’uomo meno preparato che ho conosciuto in tutta la mia vita, senza nessun rispetto per la legge o la costituzione”, secondo Thomas Jefferson). Jackson, noto come Indian Killer, deve la sua celebrità al fatto di aver sottratto i territori agli indigeni per espandere la schiavitù verso ovest e consegnare le nuove terre ai suoi fattori bianchi, i quali erano, a detta sua, “i veri amici della libertà”.

Per le stesse ragioni, quanti ora si lamentano dell’“indottrinamento di sinistra” nelle scuole e nelle università, non trovarono nulla di male in quell’indottrinamento sistematico di destra a cui si deve l’imposizione di falsità e miti storici che, come il Manifest Destiny, durano da decenni e secoli.

Su di un punto, però, hanno ragione. Nelle università di quasi tutto il mondo, il numero di professori progressisti è chiaramente superiore a quello dei professori conservatori. Né avviene diversamente in ambito culturale fuori dalle università. Ciò che non è difficile da spiegare. Sin dal Rinascimento, gli intellettuali si opposero e criticarono il potere. Quando, da un lato dello spettro ideologico o politico, vedi gli esponenti del mondo della cultura, guarda dalla parte opposta per trovare il potere industriale; coloro che controllano i capitali, i media e gli eserciti e che hanno il potere di assumere e licenziare arbitrariamente migliaia di lavori.

Alla radice di questa separazione vi sono poi altre più ovvie ragioni. Chi ama il denaro non erige di certo a modello dei poveri falliti come Leonardo da Vinci, Albert Einstein o Charles Bukowski. I geni non diventano influencers in un mondo dominato dai valori imposti dall’ideologia del capitale e della quantità (quantità di subscribers, Lamborghini…). Chi ama il lusso, chi adora far bella mostra delle sue belle tette in qualche spiaggia di Miami o dal suo lussuoso appartamento a Punta del Este, di certo non dedicherà dieci ore tutti i giorni a studiare statistica. Chi vagheggia auto di lusso o ambisce al potere che esprime uno spazioso ufficio dirigenziale, di certo non farà l’insegnante. Chi ama il denaro, il prestigio politico e sociale che da questo emana ed il sorriso di ragazzine in cerca di lavoro per sopravvivere, difficilmente si dedicherà a scrivere un romanzo, un saggio sulla storia del Guatemala o un articolo sulla dinamica dei fluidi.

La modesta ricerca di verità scomode viene tacciata di “propaganda di sinistra” o “indottrinamento marxista”. La propaganda di destra è a tal punto penetrante che, al pari dell’aria, nemmeno si vede. Poco o nulla viene detto a proposito degli investimenti multimilionari in pubblicità e fake news che le lobbies dispongono, per esempio, al fine di diffondere teorie e voci sprovviste della benché minima base scientifica, per negare la realtà del cambio climatico o per fare a pezzi programmi di salute pubblica.

La demonizzazione dei critici fa parte della strategia di propaganda dei padroni del potere e del denaro, cosa più volte dimostrata dai fatti, come per esempio la Church Commission del Senato degli Stati Uniti negli anni ’70: la CIA investì milioni di dollari per organizzare “proteste popolari” e per riempire i giornali degli Stati Uniti e dell’America Latina di articoli finalizzati ad influenzare l’opinione pubblica. Grazie a siffatta ingegneria, milioni di persone libere continuano a ripetere, fanaticamente, idee disegnate dall’Agency decenni prima. L’investimento multimilionario in comunicazione e cultura a fini politici ed ideologici continua, pur generando meno documenti segreti e con molti più milioni di dollari di prima.

Pochi giorni fa, studiando la Guerra ispano-statunitense, ho preso a chiedere ai miei studenti cosa sapessero di detta guerra; ho ottenuto come unica risposta (non metto in dubbio la loro totale onestà) che tutto cominciò con l’affondamento dell’USS Maine a La Habana nel 1898 ad opera degli spagnoli. Nonostante la flagrante contraddizione con le testimonianze degli stessi sopravvissuti, scartate da varie ricerche, e nonostante il riconoscimento del fatto che si trattò di una macchinazione del New York Journal e del New York World per vendere più copie dei rispettivi giornali, questo mito continua ad essere l’unica verità ammessa. Il mito patriottico è più reale della realtà e la verità è antipatriottica.

Quegli stessi signori e signore che tanto amano il potere e il denaro e sono soliti opporsi all’intervento del governo (dello Stato) nella vita pubblica, sono poi i primi a tirare in ballo il governo quando si tratta di regolare le verità per loro sconvenienti, intervenendo nell’educazione ed in qualunque linea di ricerca libera ed indipendente. Il presidente chiamò quest’indipendenza “abuso infantile”. Nelle università lavoriamo con giovani adulti e a ciò essi danno il nome di indottrinamento. Nelle sette e nelle chiese d’ogni tipo lavorano con bambini innocenti e a nessuno viene in mente di intervenire dinanzi a questo genere di indottrinamento e ancor meno di definirlo “abuso infantile”.

L’idea stessa che un presidente creda di avere il potere di stabilire cosa deve essere insegnato nelle scuole e cosa deve essere oggetto di ricerca da parte dei professori nelle università è primitiva e fascista. Forse che le menzogne o le verità controllate sono più patriottiche della cruda verità? Non sarà che c’è della libertà nella verità, per orribile che sia, e che è proprio questo ciò che il potere tanto teme?

https://www.orizzonteatlantico.it/majfud-verita-antipatriottica

États-Unis. La vérité est-elle antipatriotique?

Jorge Majfud

lundi 28 septembre 2020, mis en ligne par Françoise Couëdel

18 septembre 2020.

Dans un discours prononcé au Musée des Archives nationales, le président Donald Trump a proposé la création de la Commission 1776 pour définir un programme d’éducation d’orientation «pro-états-unienne» en même temps qu’il dénonçait un «mouvement radical» forgé par des décennies d’endoctrinement gauchisant dans les écoles et dans les universités qui fait que les étudiants «ont honte de leur propre histoire».

En quelque sorte, c’est comme si un président russe ou un chancelier allemand réclamait que la jeunesse de son pays n’ait pas honte des crimes de son histoire. Il y a là un autre piège linguistique qui définit le cadre du débat. Ce ne sont pas «les crimes de leur propre histoire» mais «les crimes de l’histoire de leur pays». De fait, nous ne sommes pas responsables de l’extermination des Indiens, des noirs, des Mexicains et des habitants de tous ces pays tropicaux où la «race supérieure» (sic) a débarqué avec sa flotte pour imposer de sanglantes dictatures au nom de la liberté. La stratégie linguistique et symbolique de ceux qui se croient maîtres de leur pays consiste à imposer leurs idées à toute une nation. Une part de cette confusion stratégique consiste à inclure les citoyens d’aujourd’hui dans le «we» (nous) quand il s’agit d’une intervention qui a eu lieu, il y cent ans, aux Philippines ou, il y a quelques années, en Afghanistan, sans qu’ils aient même participé aux exécutions et aux bombardements. Nous ne sommes pas responsables d’actes que nous n’avons jamais approuvés; nous sommes responsables de notre positionnement face aux pires vérités du passé et du présent. Mais c’est là le piège : si les citoyens se sentent responsables d’une chose qu’ils n’ont pas commise, la majorité la défendra à mort et l’histoire se répètera. Ce n’est pas un hasard si, aux États-Unis, le débat acharné sur la Guerre civile de 1861 est toujours éludé.

Ceux qui sont appelés à contrôler la liberté académique sont vieux. Il y a une décennie les sénateurs conservateurs des États du sud, partisans de la théorie créationniste, de la Création en sept jours, comme manière de «contredire» l’acceptation de plus en plus répandue de la Théorie de l’évolution, ont voulu obliger les universités à enseigner des «faits et non des théories». Par ces seuls trois mots ils ont manifesté un niveau de brutalité intellectuelle auquel seuls les hommes au pouvoir peuvent parvenir. D’autres propositions ont été faites ensuite destinées à «équilibrer» le nombre de professeurs libéraux (de gauche) et de professeurs conservateurs (de droite).

Naturellement, c’est le lieu commun de ceux qui se gargarisent des mots de démocratie et de liberté, mais haïssent la démocratie et la liberté quand ce sont les autres qui les réclament. Le modèle de référence du président Trump est le président Andrew Jackson («l’homme le moins éduqué que j’ai connu dans ma vie, sans aucun respect pour aucune loi ou pour la Constitution» a dit Thomas Jefferson). Jackson connu comme le Tueur d’indiens, s’est rendu célèbre pour avoir volé leurs territoires aux nations indiennes, pour étendre l’esclavage vers l’ouest et donné ces nouvelles terres aux paysans blancs, qui étaient, selon lui, «les vrais amis de la liberté».

Pour les mêmes raisons et selon la même culture ceux qui se plaignent de «l’endoctrinement par la gauche» dans les écoles et les universités n’ont jamais considéré néfaste l’endoctrinement par la droite qui a réussi à imposer des mensonges et des mythes historiques, comme celui du Destin manifeste, qui persistent après des années, des décennies, des siècles.

Ils ont en partie raison. Le nombre de professeurs progressistes dans les universités, presque partout dans le monde, est nettement supérieur à celui des professeurs conservateurs. Mais la même chose se produit dans le domaine de la culture en dehors des universités. Cela s’explique aisément. Dès la Renaissance, les intellectuels ont commencé à s’opposer au pouvoir et à le critiquer. Quand on considère les gens de la culture d’un côté du spectre idéologique ou politique, et si on regarde de l’autre côté pour savoir où est le pouvoir social, on y trouve ceux qui ont entre leurs mains le capital, les grands medias, et les forces armées, ceux qui ont le pouvoir d’embaucher et de licencier à leur guise des milliers de travailleurs.

En outre, il y a des raisons plus évidentes. Ceux qui aiment l’argent n’ont pas pour modèles de pauvres ratés comme Léonard de Vinci, Albert Einstein ou Charles Bukowski. Les génies ne sont pas des influenceurs dans un monde de valeurs imposées par l’idéologie du capital et l’accumulation de n’importe quel bien (adeptes de Lamborghini). Si un homme aime le luxe et qu’il lui plait de frimer en compagnie d’une paire de beaux seins sur une plage de Miami ou avec son luxueux appartement de Punta del Este, il ne consacrera certainement pas dix heures à étudier la théorie statistique. Si quelqu’un rêve de belles voitures ou du pouvoir que lui confère un bureau spacieux de chef d’entreprise il ne se consacrera certainement pas à l’enseignement. Si un homme qui aime l’argent, le prestige politique et social qu’il lui confère, le sourire des jeunes filles en fleur qui cherchent du travail pour survivre, il y a peu de chance qu’il se consacre à écrire un roman, une étude sur l’histoire du Guatemala ou un article sur la dynamique des fluides.

Par ailleurs, ils appellent «propagande de gauche» ou «endoctrinement marxiste» la simple recherche des vérités dissidentes. La propagande de droite est si ennuyeuse qu’elle est invisible, tout comme l’air est invisible. On parle peu ou très peu des millions et des millions investis dans la publicité et dans de fausses informations que les lobbys consacrent, par exemple, à propager des théories ou des rumeurs sans base scientifique, à nier le changement climatique ou à annuler des programmes de santé publique.

La diabolisation des critiques fait partie de la stratégie de propagande des détenteurs du pouvoir et de l’argent, ce qui a été démontré à maintes reprises, par exemple, par la Commission Church du sénat des États-Unis dans les années 70 : la CIA a investi des millions pour organiser des «manifestations populaires» et imposer des articles dans les quotidiens des États-Unis et d’Amérique latine pour influencer l’opinion publique. Grâce à cette ingénierie, des millions de personnes libres continuent à répéter, avec fanatisme, des idées conçues par l’Agence il y a des décennies. Cet investissement de plusieurs millions dans les medias et la culture à des fins politiques et idéologiques se poursuit, bien qu’elle produise moins de documents secrets et dépense beaucoup moins de millions de dollars qu’avant.

Il y a quelque temps, alors que j’enseignais la Guerre hispano-étatsunienne, j’ai commencé par demander à mes étudiants ce qu’ils savaient de cette guerre, (je reconnais une honnêteté totale de leur part) ils m’ont donné comme unique réponse que tout avait commencé avec l’explosion de l’USS Maine à La Havane, en 1898, perpétrée par les Espagnols. Ce mythe (en contradiction flagrante avec les récits des survivants eux-mêmes, rejeté par les chercheurs et en dépit de la reconnaissance de ce que tout avait été une fabrication du New York Journal et du New York Post pour vendre plus de journaux) circule toujours. Le mythe patriotique est plus réel que la réalité et la vérité.

Ces mêmes messieurs et dames, qui aiment tellement le pouvoir et l’argent et qui sont généralement opposés à l’intervention du gouvernement (de l’État) dans la vie publique sont les premiers à en appeler au gouvernement pour qu’il contrôle ces vérités qui ne leur conviennent pas, en intervenant dans l’éducation et dans toute recherche libre et indépendante. Cette indépendance, le président l’a appelé «abus sur des enfants». Dans les universités nous travaillons avec de jeunes adultes et eux appellent ça endoctrinement. Les sectes et les églises de tout type s’adressent à des enfants innocents et personne n’a l’idée d’intervenir dans ce type d’endoctrinement et encore moins de l’appeler «abus sur des enfants».

La seule idée qu’un président s’imagine doté du pouvoir d’établir ce qui doit être enseigné dans les écoles et sur quoi doivent porter les recherches des professeurs d’université est primaire et fasciste. Le mensonge ou les vérités contrôlées sont-ils plus patriotiques que la vérité pure? N’y aurait-il pas une part de liberté dans la vérité, aussi horrible soit-elle, et n’est-ce pas là ce qui préoccupe tellement le pouvoir?


Jorge Majfud est un écrivain uruguayen et états-unien, auteur de Crisis y otras novelas.

Traduction française de Françoise Couëdel.

http://www.alterinfos.org/spip.php?article8712

Source (espagnol) : https://www.alainet.org/es/articulo/208959.

Henry Ford Supported Stalin Too (But Loved Hitler)

Henry Ford Supported Stalin Too (But loved Hitler)

 At a panel of the Third 2020 Global Conference in New York, we were proposed to return to the old theme of  “The role of today’s intellectuals.” To begin with I must admit that it produces us modesty and makes us uncomfortable every time we are presented with that elastic and discredited title.

But I think it is more important to analyze this modesty and defamation which results from the logic of the global dominant powers. Whom have political power, those who manage armies and own the world’s biggest capitals are considered moderate, realistic, and pragmatic. Those who must settle for the only use of words and ideas are accused of dangerous radicals, apart from being bombed with multiple “I and U”: Immature, Useless, Inconvenient, Unnecessary, Insensate, Unintelligible, Inefficient, Unrealistic, Incapable… But when you see radical intellectuals grouped on one side, look to the other to know where the real power and the organic intellectuals are.  

Of all the accusations thrown at them, the most popular is to be considered enlightened, destructive, authors or accomplices of catastrophic regimes. For some mysterious reason, the new clergymen, the organic intellectuals, the reasonable people, are not accused nor are the religious nor the generals nor the powerful men. In fact, it is accepted, as a virtue, for a religious person, to self-proclaim as enlightened, chosen, or saved, as it is accepted that a general, loaded with decorations, praise themselves for saving the homeland and honor as if some of it were more than criminal fiction.

In Latin America, for example, those generals (supported by traditional clergy and for the benefit of the owners of the capital) have been the ones who implemented dozens of genocidal dictatorships throughout history. Non-organic intellectuals’ regimes have been rare, nor have they persecuted military, clergy, and businessmen. The inverse has been the constant, the norm.

Yet the job of the intellectuals is not to lecture, let alone rule. There were in the past a few intellectuals who were presidents. For example, the case of the American founding fathers (beyond their serious racial, class contradictions, and hypocrisies). Or the case of Nicolas Solomon, Pi i Margall, and others who formed the First Republic in Spain in 1873, an island that lasted one year and was sunken in a sea of conservative fanaticism. Or the case of the professor Jose Arevalo, the president of the first democracy in Guatemala in 1944, destroyed ten years later by a plot by the United Fruit Company, the CIA, and the U.S. military that would leave 200,000 massacred in forty years of brutal dictatorships (all military and, above all, pragmatic and successful businessmen) and whose culture of impunity continues today, as in other countries.

The ideal of power is that the radical intellectuals dedicate to courtesan poetry or the analysis of the subjunctive in García Márquez. In fact, the secret agencies have invested fortunes with this objective. But the neutrality of an intellectual in social matters is indifference, opportunism, or complicity. Neutrality, such as the remuneration of the organic intellectual and the condemnation of the radical intellectual are products that transpire a dominant system. If a soldier disagrees with a general, the chances he will exercise a complete criticism are minimal. Same for any honest employee, from the manager of a big company to the humblest employee of a supermarket. A lesser criticism of his superiors can pass as the moral tax that the company and the senior chief accept to be considered democratic and tolerant. Of course, there are no democratic companies. When open criticism crosses certain limits, there will always be a good reason for that employee to be fired.

Beyond all the labor laws that exist in any country, a businessman always has the power to hire and fire. Only this power already is coercion against the critics, the opinionated, and the free-thinking of the subordinates. Not by chance, this power of coercion normally is in the hands of some businessmen who support and celebrate a system (for example the capitalist system and its neoliberal variation). If anyone depends on the will or desires of a boss to survive, it will never criticize him or openly fight injustice as a damned intellectual can.

The public opinion is not only created deliberately by advertising agencies and by the dominant media, but it is also a natural consequence of power. The damned, the immature, the loser intellectuals cannot push the same way. The only force of an intellectual is his ideas, not the manipulation of others’ needs. Intellectuals have no power of coercion.

It would be enough to put a classic example of the organic criticism, of the butlers of international power. The intellectuals who were wrong supporting Stalin are crucified every day, but few ones manage to mention some of those many who, still resisting the brutality of the historical right-wing fascism in the hemisphere, were opposed to the same left-wing dictator. The organic ones do not get tired of repeating that the French philosopher Jean-Paul Sartre supported Stalin. It was a support of word, support based on its ideas, that is the most an intellectual can give. Was he wrong? I think so, and badly, although it is easier to say it now than it was sixty years ago. Few remember, and no one repeats in the big media, that many capitalist businessmen, like Henry Ford, supported both Stalin and Hitler, not just with words but with technical, logistic, and economic resources. Both Hitler and Stalin praised racist and skillful Henry Ford for his invaluable help, even during WWII. 

Power does not say “The investors are a calamity who believe they are enlightened.” On the contrary, the chiefs always return to the argument “the alternatives to Capitalism never worked.” Some of them did work, but they were destroyed or blocked to poverty.

Now, whatever alternative that had succeeded (military and economically) would have been presented as the “irreplaceable model,” not just moral but also economic. Because it is much easier to be a successful capitalist country that can harass the rest of the world than to be a poor capitalist country that must suffer the grace of the military and economic harassment of the winners. Not to mention different options. Like in the medieval era, triumph is confused with truth and power with justice. It’s like if Christians mock Jesus for having been a loser, tortured, executed, and disappeared by the Empire of the day as one criminal along with two others. The same Socrates, Jose Artigas, Simon Bolivar, and Jose Marti, among others.

But hegemonic powers not only write history but also present themselves as they want. The same system that invented the idea that our world was created and maintained by capitalists and businessmen, has despised and neutralized the activity of radical intellectual work while robbing and kidnaping centuries of inventions and discoveries made by wage earners, of geniuses that had nothing to do with capital obsession. Without these centuries of intellectuals (philosophers, artists, scientists, humanists, social activists) there would be not the best in our world. Surely, we would have some form of Middle Ages, like that we are heading towards now, with fanatical pride.

jorge majfud, August 2020.

By Jorge Majfud

Translated by, Le’ Tavia Cummings

Cultural Identity in Latin America

Toward a Cooperative Understanding of Our Past

Carlos Manuel Salomon, with Laura Inés Catelli, Jorge Majfud, Paloma Martínez-Cruz, Magalí Rabasa, Enrique Salmón, Umi Vaughan, and Gloria E. Chacón

Puntuación: 4 de 5.