Oscar Romero y Pat Robertson

Un día como hoy, hace cuatro décadas, el régimen fascista de El Salvador apoyado y financiado por Washington asesinaba al sacerdote Oscar Romero, acusado de “comunista” (de hecho, Romero era un conservador sin intereses especiales) por predicar la doctrina de los primeros cristianos y tener aluna sensibilidad por el pueblo de El Salvador. Lo seguirán cuatro monjas estadounidenses, violadas y asesinadas por andar diciéndole a lo pobres que tienen derechos y son hermosos como cualquiera que está en el poder.
Obviamente no fue el único sino uno en una larga lista de ejecutados en nombre del fascismo latinoamericano. Sólo en El Salvador lo seguirán Ellacuría y decenas de miles de masacrados financiados por iglesias como la del millonario hipócrita Pat Robertson del Club 700. La misma historia de todos los demás países de la región. Digo, como para que los hipócritas no se olviden

Óscar Romero - Wikipedia

Le racisme et les réfugiés du capitalisme hégémonique

Jorge Majfud
Translated by  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

Les crises de réfugiés à la frontière sud des USA ne sont pas la conséquence d’une quelconque invasion étrangère mettant en danger la sécurité nationale. Ils ne sont même pas la conséquence des « politiques douces de Washington », comme le répètent ad nauseam les politiciens et les grands médias de ce pays. Elles sont la conséquence de l’intersection de diverses contradictions du capitalisme hégémonique d’aujourd’hui.

D’une part, nous avons la loi de l’offre et de la demande et, d’autre part, une longue tradition d’interventionnisme de la part de la superpuissance qui, depuis le XIXème  siècle, sans relâche et au nom de la lutte contre la corruption, a encouragé la corruption dans « les chaotiques républiques de Nègres ». Au nom de la liberté, de la démocratie, de la paix et des droits de l’homme, elle a imposé une cohorte prolifique de protectorats, de dictatures civilo-militaires, de terrorisme paramilitaire et d’escadrons de la mort, y compris dans les soi-disant démocraties. La crise frontalière, telle que répétée et amplifiée par la presse et les politiciens, n’est pas une crise pour les USA. C’est une crise uniquement pour les pauvres et les déplacés par le même système de capitalisme hégémonique qui les diabolise.

Pour résoudre les contradictions du capitalisme, les effets indésirables de la sacrosainte loi de l’offre et de la demande, il y a les lois des politiciens au service des entreprises et au nom de la défense de tout un pays. En ce sens, toutes les lois sont anticapitalistes, car elles contredisent, limitent ou empêchent l’expression immédiate de l’offre (le travail immigré) et de la demande (la consommation intérieure). C’est ici que l’impérialisme semble essayer de résoudre les contradictions de sa propre idéologie et, en marge de ses lois, apparaissent les récits de « nos frontières » à « défendre contre l’invasion » par les pauvres et la « lutte altruiste pour la liberté » par des interventions au-delà des frontières étrangères. Dans la liberté fictive du marché, la liberté n’est acceptée que lorsque ceux qui ont le pouvoir imposent leur liberté à ceux qui sont libérés par eux. Pour ces mêmes raisons, dans des pays comme les USA, depuis plus d’un siècle, les lois sont écrites par les entreprises capitalistes, pour se protéger des conséquences indésirables de la liberté du libre marché et, surtout, pour se protéger de la liberté de ceux qui sont en bas de l’échelle, c’est-à-dire les pauvres, les races inférieures, les pays périphériques.

Une fois l’excuse du communisme passée (aucun de ces « pays de merde » n’est communiste, mais plus capitaliste que les USA), on revient aux excuses raciales et culturelles du siècle précédant la guerre froide. Tout travailleur à la peau foncée est considéré comme un criminel, un violeur ; pas un être humain, pas une opportunité de développement mutuel. Les lois sur l’immigration elles-mêmes sont terrifiées par les travailleurs pauvres. Quiconque a déjà demandé un visa sait qu’avant de se présenter à une ambassade des USA, où que ce soit dans le monde, il doit éliminer le mot « travail » de son vocabulaire personnel. Vous pouvez être un parfait tire-au-flanc avec de l’argent, et vous en vanter, mais jamais un travailleur pauvre.

Alors qu’aux USA, la Sécurité sociale et la Santé publique continuent d’être attaquées médiatiquement, de faire l’objet d’un définancement progressif de la part du gouvernement afin de transférer leurs ressources au Pentagone et de promouvoir les couvertures privées en matière de santé et de sécurité, plus de 60 000 USAméricains meurent chaque année de toxicomanie, la plupart à cause de prescriptions d’opioïdes. En 2017, selon l’Institut national sur l’abus des drogues du gouvernement usaméricain, 47 000 personnes sont mortes d’une surdose d’opioïdes. L’épidémie de ce médicament a commencé dans les années 1990, lorsque de puissantes sociétés pharmaceutiques ont assuré aux médecins que leur produit n’entraînait pas de dépendance, malgré des études qui contredisaient cette affirmation. La campagne de propagande et la manipulation des médecins ressemblaient beaucoup à celle inventée par Edward Bernays un demi-siècle plus tôt pour vendre des cigarettes, des œufs, du bacon et des coups d’État.

Mais personne ne se souvient de rien. Ils ne voient que quelques milliers de pauvres gens à pied, menaçant de détruire le pays le plus puissant du monde avec leurs pénis et leurs vagins. Alors que l’industrie pénitentiaire privée (qui reçoit des millions de dollars du gouvernement fédéral) prospère dans la partie sud du pays, l’immigration illégale et les réfugiés légaux sont criminalisés parce qu’ils sont pauvres et parce qu’ils ne sont pas de race blanche. Le business, comme tout business, a pour seul objectif d’augmenter le nombre de ses clients. Le problème est qu’ici, les clients sont des hommes et des femmes pauvres à la recherche d’une vie décente, à la recherche d’un peu de paix et de travail, qui est la seule chose terrible qu’ils savent faire. Quand ils ne sont pas des réfugiés. Comme le désespoir des autres et la propre indignation sont un business, les sociétés pénitentiaires gonflent les jours, les semaines et les mois et les candidats criminels, même s’il s’agit d’enfants, qui doivent être détenus inutilement, contre les lois internationales, mais dans le respect des lois du pays des lois.

Depuis 1980, l’émigration désespérée du Triangle Nord (Honduras, Guatemala, Salvador) a été multipliée par dix. Non pas parce que les frontières se sont ouvertes ou que les conditions de voyage sont désormais meilleures, car les migrants continuent d’utiliser leurs jambes comme principal moyen de transport et les frontières se sont militarisées de manière exponentielle. Le terrorisme paramilitaire financé par les entreprises du Nord, les guerres de Washington dans les années 1980 et ses coup d’État 2.0 dans le nouveau siècle ont produit un effet immédiat et persistant. En 2020, le flux de migrants tentant d’échapper à la violence et à la misère des néo-protectorats ultra-capitalistes d’Amérique centrale (Guatemala, Salvador et Honduras) représentera près de 90 % du total. Puisque le communisme ne peut être blâmé (pour aggraver les choses, seuls sept pour cent des migrants proviennent du « régime nicaraguayen ») et que les néo-protectorats ultra-capitalistes ne sont pas des pays soumis à un blocus, c’est leur culture malade est mise en cause. Quand ce n’est pas directement la race maudite. En réponse, Washington résiste à l’accueil de ces dangereux réfugiés, qu’il s’agisse d’enfants ou de femmes pauvres. Ce n’est pas un hasard si la superpuissance des chrétiens compatissants accueille cent fois moins de réfugiés par mille habitants que le Liban et même six fois moins que le Venezuela, appauvri et soumis à un blocus.

Sans aucun signe de changement, les politiciens usaméricains continuent de mettre en garde contre le danger des terroristes parmi les pauvres demandeurs d’asile. Rien de mieux que de faire peur au peuple avec une invasion inexistante pour éviter de parler de la violence et du massacre historique du terrorisme suprémaciste blanc. Rien de mieux que d’effrayer la classe moyenne avec le danger des pauvres à la peau foncée pour éviter de voir que deux hommes, Jeff Bezos et Elon Musk, possèdent déjà plus de richesses que quarante pour cent de la population de la superpuissance, tandis que les sans-abri et la précarisation du travail d’esclave salarié continuent de croître. Tout cela produit la défense furieuse contre ceux d’en bas par les bienfaiteurs d’en haut avec des clichés comme «les fainéants veulent nous envahir pour vivre aux crochets du gouvernement”, « es pauvres me volent mes impôt » et « la solution n’est pas de prendre aux riches mais de les aider à prospérer », comme si les riches n’avaient pas suffisamment détourné tous les progrès de l’histoire et tout le travail de ceux d’en bas qui les soutiennent et les défendent comme s’ils étaient des dieux.

Le racisme, l’exploitation de ceux qui sont en bas de l’échelle, n’est ni créé ni détruit, il est seulement transformé.

Racism and the refugees of hegemonic capitalism

Jorge Majfud

Translated by  Andy Barton

The refugee crises on the Southern U.S. border are not the result of any foreign invasion that endangers national security. Nor are they the result of Washington’s ‘weak policymaking’, as repeated to the point of exhaustion by the politicians and mass media of the country. Instead, they are the result of an intersection between different contradictions within the current hegemonic capitalism.

On the one hand, we have the law of supply and demand, and on the other, a long tradition of interventionism by a superpower that, since the 19th century, without pause for respite and in the name of the fight against corruption, promoted exactly that in the ‘chaotic Black republics’. In the name of freedom, of democracy, of peace and of human rights, it established a prolific list of protectorates, civil-military dictatorships, paramilitary terrorists and death squads, even in the purported democracies. The border crisis, as it is repeated and magnified by the press and by politicians, is not a crisis for the United States. It is only a crisis for the poor and those displaced by the same system of hegemonic capitalism that demonises them. To solve capitalism’s contradictions, viz., the undesirable consequences of the hallowed law of supply and demand, there lie the policies for the benefit of corporations and in the name of the defence of an entire country. In this sense, all of the laws are anticapitalist, since they contradict, limit or impede the immediate expression of supply (immigrant labour) and demand (national consumption). It is here where imperialism rears its head in an attempt to solve the contradictions of its own ideology; aside from its laws, narratives emerge about ‘our borders’ that must be ‘defended from the invasion’ of the poor, as well as the altruistic ‘selfless fight for freedom’ through interventions beyond foreign borders. In the fictitious free market, freedom is only accepted when it is imposed by those in power upon their liberated subjects. For these very reasons, in countries such as the United States, for more than a century, the laws are written by capitalist corporations to protect themselves from the unwanted consequences of the free market, and above all, from the freedom of those below them; in other words, from the poor, from ‘inferior’ races and from peripheral countries. Without the excuse of communism to rely on (none of those ‘shithole countries’ is communist and is in fact even more capitalist than the United States), the focus shifts back to the racial and cultural excuses of the century before the Cold War. Each worker with black skin is viewed as a criminal, a rapist; not a human being, not an opportunity for mutual aid. The immigration laws are sent into a state of panic by poor workers. Anyone who has applied for a visa knows that before appearing at a U.S. embassy, in any part of the world, the word “work” must be eliminated from the vocabulary of the individual in question. You can be the archetypal rich freeloader, and boast about it, but never a poor worker.

Meanwhile, in the United States, Social Security and public health continue to sustain media attacks in the context of their progressive defunding by governments, with the aim of transferring further resources to the Pentagon and promoting private health and social security cover. More than 60,000 Americans die every year due to drug addictions, the majority because of opioid prescriptions. In 2017, according to the U.S. governments’ National Institute on Drug Abuse, 47,000 people died due to opioid overdoses. This drug epidemic began in the ‘90s when powerful pharmaceuticals assured doctors that their products did not lead to addiction, despite the studies which contradicted this assertion. The propaganda campaign and mass manipulation of doctors was closely reminiscent of Edward Bernays’ invention half a century prior to sell cigarettes, eggs, bacon and coups d’état.But no one remembers any of this. They just see a few thousand ordinary poor people threatening to destroy the most powerful country on earth with their penises and vaginas. While the private prison industrial complex (which receives millions of dollars of federal funding) flourishes along the southern border of the country, illegal immigration and the legal refugees are criminalised both for being poor and for the sin of not being Caucasian. The prison business, like any other, exists for the sole purpose of increasing the number of clients. The problem is that here the clients are poor men and women searching for a better life, for a bit of peace and for hard work, which is the only wretched thing they know how to do. That is, when they are not refugees. Given that the desperation of others and individualised anger is a business, the prison enterprises drag out the days, the weeks and the months, turning sufferers into criminals, even if they are children, who must also be unnecessarily detained: against international laws but in compliance with the laws of the country of laws.

Since 1980, desperate emigration from the Northern Triangle (Honduras, Guatemala, Salvador) has increased tenfold. This is not because the borders have opened or because the conditions during the journey have now improved, since the migrants continue to use their feet as the primary mode of transport, and the borders have been militarised exponentially. Paramilitary terrorism financed by corporations from the North, Washington’s wars in the ‘80s and their coups d’état 2.0 in the new century have generated an immediate and sustained effect. By 2020, the flow of migrants attempting to escape the violence and the misery of the ultracapitalist neo-protectorates of Central America (Guatemala, El Salvador and Honduras) would constitute 90% of the total. As it is impossible to blame communism (even worse, only 7% of the migrants come from the “Nicaraguan regime”), and the ultracapitalist neo-protectorates are not sanctioned countries, it is their culture which receives the blame. That is, when the colour of their skin is not blamed directly. In response, Washington refuses to take in these dangerous refugees, be they poor children or women. It is not a coincidence that the superpower of compassionate Christians receives 100 times fewer migrants per thousand inhabitants than Lebanon; it even receives six times fewer migrants than the impoverished and sanctioned Venezuela. With no sign of things changing, politicians in the United States continue to sound the alarm about the terrorist threat posed by the poor who seek asylum. Nothing beats scaring the public with an imaginary invasion to avoid talking about the violence and the historic massacres perpetrated by white supremacist terrorists. Nothing beats scaring the middle class with the dangers presented of poor people with black skin to avoid the realisation that two men, Jeff Bezos and Elon Musk, already have more wealth than a combined 40% of the superpower’s population. Meanwhile, the numbers of the homeless and the labour precarity of the salaried slaves continues to grow; all of which produces a furious defence of the benefactors from above by those from below, with clichés such as ‘those parasites want to invade us to live off the government’, ‘the poor are stealing my tax dollars’ and ‘the solution is not getting rid of the rich but instead helping the others to prosper’, as if the wealthy had not already hoarded enough from all of history’s advances and from all of the work of those below, who in turn support them and defend them as if they were gods. Racism, the business of exploiting those from below, is neither created nor destroyed; it is only transformed.

http://tlaxcala-int.org/article.asp?reference=31155