Mapa cronologico de las independencias hispanoamericanas

La Revolución Hispanoamericana

ROJO: La reacción Realista

AZUL Y CElESTE: bajo control independentista

AZUL: España bajo invasión francesa

VERDE: España bajo la revolución liberal

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Golpes de Estado

A modo de ficción

La nueva constitucionalidad de los golpes de Estado


Demoncracia

Shadows in the late afternoon.

No te quejes, mujer. Si te rompí el tabique nasal fue por tu bien. Desde que te salvé de Ramón –aquel novio degenerado que tenías y que ahora está preso por violación–, no has hecho más que protestar y querer hacer lo que se te viene en ganas sin saber lo que haces, sin tener idea de lo que te conviene y sin preocuparte por la seguridad y el porvenir de nuestros hijos y de toda la familia. Estás ciega y no quieres reconocerlo. Tus amigos te lavaron la cabeza y luego te la llenaron de papelitos. No, no me vengas con teorías. Lo que importan son los hechos, los hechos, esos que los idiotas nunca quieren ver. Mira dónde están ahora tus viejos amiguitos, casi todos fracasados. De no ser por la sabia y oportuna intervención de tus padres que te alejaron de las malas juntas, alguno de ellos podría haber sido tu esposo y el padre de tus hijos. También ellos se rompieron la nariz, pero contra el muro de la realidad que esos delirantes nunca ven hasta que lo tienen encima.

Hoy lloras, pero mañana me lo agradecerás. Te romí la nariz para salvarte, para evitar un mal mayor. ¿Qué prefieres, una nariz rota o una violación? ¿Ves que tengo razón? Sí, claro que debes agradecérmelo, es lo menos que espero.

Estuviste a punto de reincidir saliendo vestida así a la calle.  Seguramente te hubiese visto Ricardo, el dueño del bar de la esquina. Yo sé de lo que hablo porque lo vi con mis propios ojos y lo escuché con mis propios oídos. Nadie me lo contó. Lo veo todos los días y sé lo que habla y piensa ese degenerado. Es un mujeriego perdido. No tengo dudas que si hubieses pasado por su esquina con ese vestido tan escotado Ricardo hubiese empezado a comentar con sus amigotes sobre tus posibles virtudes en la cama. Claro, habla porque no sabe, pero habla. Y como yo lo escucho todas las tardes, sé con qué frecuencia pasa de las palabras a los hechos. El segundo o el tercer día te hubiese seguido para piropearte y no me quedan dudas que el enfermo no se iba a quedar ahí no más en eso.

Así que en recuerdo del degenerado de Ramón y para prevenirte del libertino de Ricardo, te rompí la nariz. ¿Piensas que estarías mejor con un criminal como Ramón? ¿Quieres probar a ver qué te pasa si lo provocas a Ricardo?

Ya ves que tus hijos están de acuerdo conmigo y que comprenden que lo que hice lo hice por tu bien y por el bien de la familia.

No te preocupes. Ninguno dirá más que la verdad y sólo la verdad: que otra vez te salvé de ser violada, y de quién sabe qué más, y tus hijos te salvarán de andar contando por ahí que su madre es una perdida. Ya veo otra vez a tu madre aquí, trayendo esos pasteles de perro que tengo que comer por pura delicadeza. Bien sabes que hasta tus padres me admiran por haber logrado lo que ellos no pudieron. No en vano me han llamado héroe más de una vez, aunque tal vez exageran. Pero está claro que me admiran por tener los valores morales sólidos y el suficiente valor para imponerlos, para cuidar que esta familia que tanto me ha costado construir no se hunda en el caos y el libertinaje. Porque no hay libertad sin responsabilidad. Así es el mundo desde que es mundo y, aunque me cueste sangre, sudor y lagrimas, no voy a permitir que se violen las leyes fundamentales de la moral.

Un día, cuando logren ver los hechos y la realidad tal como son, sabrán agradecérmelo como corresponde. Yo ya no estaré en este mundo que ustedes disfrutarán gracias al sacrificio de hombres como yo.

 


Jorge Majfud

Diario Dominicano (RD)

Panamá América

Les élections en Barbarie

Más sobre la primavera árabe (Spanish)                              

Après le triomphe du parti des Frères musulmans en Egypte, la presse occidentale n’a pas manqué d’exprimer son inquiétude. Quelques articles d’opinion suivis d’une pléthore de commentaires anonymes en bas de page les ont même qualifiés de « terroristes-prêts-à-nous-envahir », ce qui permettrait de justifier probablement quelque nouvelle intervention diplomatique, économique ou militaire dans la zone – de la part des mêmes qui, face aux véritables tragédies humanitaires, prennent leur temps, se cantonnent aux discours ou détournent le regard.

De toute façon, même si nous n’avons pas encore ce type de réponses internationales, la grande presse au moins – la presse bâillonnée qui bâillonne – joue son rôle traditionnel en réveillant les tribalismes ancestraux.

Pour nous qui sommes favorables à un progrès de l’histoire dans la ligne des droits des majorités et des minorités, des libertés individuelles et collectives qui passent avant toute hiérarchie politique et sociale, les réactions des islamistes les plus conservateurs ne représentent aucune promesse d’avancée dans une telle direction mais plutôt le contraire. Encore moins les puristes fanatiques comme les Talibans qui se prennent pour les maîtres de toute la morale de cet univers et se croient autorisés à l’imposer aux autres ; ou encore les dictateurs religieux ou séculiers à l’ancienne comme Al-Assad en Syrie, qui, dès qu’ils sentent leur trône menacé, fusillent des innocents dans leur propre peuple. 
Pour autant, les réactions basées sur n’importe quelle autre tradition religieuse n’en sont pas moins agressives et arbitraires, non tant par leur aspect religieux mais surtout de par leurs intérêts matériels. Comme dans les lettres de Christophe Colomb et dans les chroniques de tous ses successeurs, alors que sur chaque page on peut lire le nom de Dieu répété à l’envi, on observe en même temps de quelle façon leurs actions les conduisent toujours à l’or maudit des peuples sauvages.
Au cours des dernières décennies, l’accusation de terrorisme a facilité non seulement l’abolition de la maxime de Jésus qui préconise de tendre l’autre joue à son agresseur – ce qui peut se comprendre – mais elle a aussi introduit une prescription très audacieuse et créative qui dit : nous devons agresser celui qui pourrait nous agresser un de ces jours. C’est ce qu’on appelle l’autodéfense préventive. N’importe quelle loi de n’importe quel Code civil, ancien ou moderne, la condamnerait en tant que crime absurde ou paranoïaque. Mais pas les lois internationales qui sont restées médiévales et ne reposent pas sur le droit mais sur l’intérêt et la force. Même la plus ancienne des règles morales de l’histoire civilisée, répétée par les sages de la Chine à La Nouvelle Angleterre et en Extrême Occident – « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse » – est violée chaque jour au nom du droit à l’autodéfense.

Si nous étions naïfs, nous trouverions curieux que nous, les démocrates occidentaux, ayons soutenu des dictatures comme celle de Moubarak en Egypte et que lorsque le peuple élit quelqu’un selon le système électoral au nom duquel nous avons envahi plusieurs pays, nous les qualifions de terroristes simplement parce que nous n’aimons pas le vainqueur ou parce qu’il représente la culture et la religion de « l’ennemi ». La démocratie, c’est bon pour nous qui sommes civilisé et qui savons choisir, mais c’est mauvais pour eux parce que ce sont des barbares et qu’ils ne savent pas ce qu’ils veulent. Il en est de même pour notre nationalisme qui est du patriotisme, le bon, le nationalisme des autres   étant un terrorisme dangereux.

C’est étonnant que nous, les Occidentaux, appelions « terroristes-prêts-à-nous-envahir » les Égyptiens ou certains de leurs gouvernements dont nous devons nous protéger- et nous prémunir- quand on sait que l’Egypte comme n’importe quel autre pays périphérique n’a jamais envahi aucun pays occidental. L’Occident par contre possède une longue histoire d’invasions et de destructions de ce pays qui va   des invasions militaires par la France et l’Angleterre jusqu’aux invasions économiques comme par exemple celle en rapport avec l’histoire de son coton. Les puissances occidentales ont pillé et détruit ce pays assez régulièrement. Nous pouvons en voir une petite partie symbolique dans les musées du monde riche nommée par celui-ci « donations généreuses » – donations typiques des pays colonisés ou sous contrôle étranger.

Les Égyptiens n’ont jamais fait la même chose à aucune puissance occidentale non pas qu’ils soient « bons » mais probablement parce qu’ils ne possèdent pas d’armée aussi héroïque. Nous continuons néanmoins à répéter ce que la grande presse – le bras droit des pouvoirs sectaires, une autre forme de poursuite de la politique par d’autres moyens -injecte quotidiennement dans l’esprit et le cœur des démocrates, rationnels et compatissants.

 Auparavant, les cartes européennes désignaient les régions du nord de l’Afrique sous le nom de Barbarie. Aujourd’hui, la grande presse les qualifie de terroristes ou fanatiques qui veulent prendre le contrôle du monde. Ce sont deux façons de perpétuer la peur en Occident   et des agressions en perspective en Orient. Comme la grande presse de l’autre côté n’est pas très différente, au lieu d’un Dialogue des Cultures et des Civilisations, nous sommes face à une guerre des Sourds étendue, qui comme toute guerre sert les intérêts de quelques-uns au nom de tous.

Il est évident qu’un grand nombre de lecteurs intelligents n’adhèrent pas à ce discours. On peut supposer que ceux-ci seront chaque jour plus nombreux et les statistiques   rendent plus nerveux et plus agressifs ceux qui contrôlent le pouvoir dans le monde. Pour le moment, néanmoins, pendant qu’ils planifient quelque nouvelle révolution démocratique, ils continuent d’appliquer la bonne vieille méthode : mentez, faites peur, il en restera toujours quelque chose.

Jorge Majfud

 Tlaxcala 

Translated by  Pascale Cognet

Edited by  Fausto Giudice فاوستو جيوديشي

Más sobre la primavera árabe

Les élections en Barbarie (French) 

Las elecciones en Barbaria

 

Luego del triunfo del partido los Hermanos Musulmanes en Egipto no faltaron las expresiones de preocupación en la prensa occidental. Algunos artículos de opinión y una plétora de comentarios anónimos al pié incluso los calificaron de terroristas-listos-para-invadirnos, lo que probablemente podría justificar alguna nueva intervención diplomática, económica o militar en el área—esas mismas que siempre se toman su tiempo, se quedan en los discursos o miran hacia otro lado ante verdaderas tragedias humanitarias.

En cualquier caso, aún sin ninguna de esas respuestas internacionales, al menos la gran prensa —la prensa cautiva que cautiva— cumple con su tradicional rol de inflamar los tribalismos de siempre.

Para aquellos que estamos a favor de un progreso de la historia en la línea de los derechos de las mayorías y de las minorías, de las libertades individuales y colectivas que preceden a cualquier jerarquía política y social, las reacciones de los islamistas más conservadores no representan ninguna promesa de avance en tal sentido sino todo lo contrario. Menos los fanáticos puristas como los talibán que se creen dueños de toda la moral de este Universo y con derecho a imponérsela a los demás; o los dictadores, religiosos o seculares al viejo estilo de Al-Assad en Siria que apenas ven amenazado su trono fusilan a inocentes de su propio pueblo. Pero tampoco son menos agresivas y arbitrarias las reacciones basadas en cualquier otra tradición religiosa, no por lo que tienen de religión sino por lo que tienen de intereses bien materiales. Como en las cartas de Cristóbal Colón y las crónicas de todos sus sucesores, mientras leemos el nombre de Dios repetidas veces en cada página, vamos observando cómo sus acciones conducen siempre al maldito oro de los pueblos salvajes.

La acusación de terrorismo ha facilitado en las últimas décadas ya no sólo la abolición de la máxima de Jesús sobre poner la otra mejilla al agresor —lo cual es comprensible—, sino que ha introducido una prescripción muy audaz y creativa: debemos agredir a alguien que podría llegar a agredirnos algún día. A eso llamamos autodefensa preventiva. Cualquier ley de cualquier Código civil, antiguo o moderno, lo condenaría como un crimen absurdo o paranoico. No las leyes internacionales que todavía viven en la Edad Media y no se basan en el derecho sino en el interés y la fuerza. Hasta la regla moral más antigua de la que registra la historia civilizada y que repitieron los sabios desde China hasta Nueva Inglaterra y Extremo Occidente —“no hagas a los demás lo que no quisieras que los demás haga contigo” — es violada cada día en nombre del derecho a la defensa propia.

Si fuésemos ingenuos encontraríamos curioso que nosotros, los demócratas occidentales, hayamos apoyado dictaduras como la de Mubarak en Egipto y cuando el pueblo elige a alguien según el sistema electoral por el cual hemos invadido varios países, los llamamos terroristas sólo porque no nos gusta el ganador o representa la cultura y la religión “del enemigo”. La democracia es buena para nosotros que somos civilizados y sabemos elegir, pero es mala para ellos, porque son barbaros y no saben lo que quieren. De igual forma, nuestro nacionalismo es patriotismo del bueno; el nacionalismo ajeno es peligroso terrorismo.

Es curioso que los occidentales llamemos “terroristas-listos-para-invadirnos” a los egipcios o a alguno de sus gobiernos del cual debemos protegernos —y prevenirnos— cuando Egipto, como la cualquier otro país periférico, nunca ha invadido ningún país occidental. Occidente, en cambio, posee un largo historial de invasiones y destrucciones de ese país que van desde las invasiones militares de Francia e Inglaterra hasta las económicas, como la que se refiere a su historia del algodón, por ejemplo. Las potencias occidentales han saqueado y destruido ese país con cierta regularidad. Una parte mínima y simbólica de ese saqueo podemos verlo en los museos del mundo rico que ellos llaman “generosas donaciones” —típicas donaciones de países colonizados o bajo control extranjero.

No por buenos sino por no poseer ejércitos tan heroicos, probablemente, los egipcios nunca han hecho lo mismo con ninguna potencia occidental. Pero nosotros continuamos repitiendo lo que la gran prensa —el brazo derecho de los poderes sectarios, la continuación de la política por otros medios— inocula cada día en la mente y los corazones de los demócratas, racionales y compasivos.

Antes los mapas europeos llamaban Barbaria la región norte de África. Ahora la gran prensa los representa como terroristas o fanáticos que quieren tomar control del mundo. Ambas son dos formas de perpetuar el miedo en Occidente y las futuras agresiones a Oriente. Como la gran prensa del otro lado no es muy diferente, en lugar de un Dialogo de culturas y de civilizaciones tenemos una extensa Guerra de Sordos que sirve, como toda guerra, a los intereses de unos pocos en nombre de unos muchos.

Por supuesto que hay muchos lectores inteligentes que no se compran este discurso. Probablemente éstos sean un número cada vez mayor y esas estadísticas están poniendo más nerviosos y más agresivos a quienes hoy controlan el poder del mundo. Pero por el momento, mientras planean alguna nueva revolución democrática, continúan aplicando el viejo método: miente, asusta, que algo quedará.

 

Jorge Majfud

Milenio, Nacional (Mexico)

Les élections en Barbarie

Golpe o no golpe.

mapa America Latina, acepción geopolítica

Cuando un presidente puesto de golpe dice que no ha sido golpe, es porque es un golpe

Fernando Lugo no era un santo, eso es obvio. Siempre trato de desligarme de la clasificación derecha-izquierda porque suele llevar a cómodas confusiones. Prefiero clasificar la política menor entre los de arriba y los de abajo, los conservadores y los progresistas (a pesar de las manipulaciones de esta última palabra). Creo que es una clasificación real que es ocultada por las discusiones entre izquierda y derecha. 
Ahora, yendo a la historia, casi no registro golpes de Estado en América Latina contra presidentes de derecha… Sería interesante hacer una lista de dos columnas. Las razones (históricas y económicas) son comprensibles, no hay misterio en esto, más allá de los discursos de derecha y las retoricas de izquierda.

JM

Brutal honestidad de presidente de Uruguay sorprende en discurso de cumbre Río+20 [English subs.]

El presidente de Uruguay, José Mujica, sigue ganando adeptos a nivel internacional debido no sólo a su proverbial humildad, sino también a la honestidad con que aborda temas que otros políticos evaden o complican.

Así lo demostró durante su intervención este miércoles en la cumbre de Río+20, que se lleva a cabo en Brasil con representantes de 139 países bajo el alero de la ONU, y donde el mandatario charrúa volvió a cosechar los aplausos de su audiencia.

Pero no lo hizo proponiendo planes ni realizando promesas, sino lanzando preguntas tan fundamentales sobre la actual situación de la humanidad que podrían pecar de inocentes. ¿Qué es lo que buscamos? ¿Somos realmente felices? ¿Estamos gobernando nuestras invenciones o dejamos que ellas nos gobiernen a nosotros?

“¿Qué le pasaría a este planeta si los hindúes tuvieran la misma proporción de autos por familia que tienen los alemanes? ¿Cuánto oxígeno nos quedaría para respirar? ¿Es posible hablar de solidaridad y que estamos todos juntos en una economía basada en la competencia despiadada? ¿Hasta dónde llega nuestra fraternidad?”, fueron algunas de las interrogantes que dejó a la conciencia del mundo.

Sobre el proyecto de legalizar la cannabis en Uruguay

Map indicating locations of Argentina and Uruguay

Sobre la legalización de la marihuana en Uruguay

Nunca estuve ni estaré a favor del uso innecesario de ninguna droga. Mucho menos de su comercio para destruir vidas ajenas. Bastante basura en hermosos envases estamos obligados a consumir cada día en los alimentos y casi no podemos evitarlo. Recuerdo que en las aldeas más alejadas de África había vastos campos de estas plantas que crecían salvajes y los nativos no le daban ningún uso, excepto cuando una vez por año se aparecía por allí algún hombre blanco. Es la misma historia del uso ancestral de la hoja de coca en Bolivia y de sus derivados alucinógenos en la cultura occidental.

Obviamente que la pandemia de las drogas es una consecuencia directa del sistema capitalista tardío, en lo que se refiere a su tráfico y comercialización, pero sobre todo es una consecuencia natural de la cultura del consumismo que cada día se va agravando sin que se perciba claramente como se percibe un terremoto o un tsunami. No obstante ningún gobierno del mundo hoy en día está en situación real de cambiar por sí sólo ni el sistema ni la cultura consumista. Por lo tanto, debe recurrir a medidas paliatorias que, aunque modestas, a largo plazo pueden producir cambios revolucionaros.

En consecuencia, estoy a favor de la legalización de la marihuana con restricciones. Al fin y al cabo el alcohol puede ser tanto o más destructivo que la marihuana y no sólo es legal en la mayoría de los países sino que casi no existen organizaciones criminales asociadas a su tráfico y, en consecuencia, la violencia en proporción a la que produjo hace décadas la Ley seca en Estados Unidos es mínima.

Obviamente que luego queda por saber qué margen hay para el abuso de este derecho individual. O si ni siquiera hay un margen, conociendo la naturaleza humana. Sin embargo, los beneficios pueden ser mucho mayores que los perjuicios.

Por su tamaño, por su ubicación geográfica –con respecto a los circuitos del narcotráfico–, por la relativa buena educación de sus ciudadanos, por su larga historia de modernidad y progresismo, Uruguay es el país ideal para poner en marcha este experimento como lo hiciera ya en otras áreas de la vida social.

Sí, es un experimento. Esto no es malo, sino todo lo contrario. Como dice mi amigo Noam Chomsky, debido a que cualquier sociedad posee una altísima complejidad que la hace incomprensible e imprevisible en su totalidad, no es posible hacer cambios radicales sin correr el riesgo de destruir todo lo bueno que se quiere conservar. Por eso, no hay mejor forma de avanzar en los cambios sociales que por progresivos experimentos, por el quizás poco atractivo método de prueba y error.

Como en todo experimento en el que participan seres humanos, es necesario ser moderado y cuidadoso con las personas que podrían resultar negativamente afectadas.

Por otra parte, aún si el experimento fracasara, el Uruguay le estaría haciendo un favor al resto de la humanidad y el país siempre podría revisar y revertir el paso dado.

Jorge Majfud

Jacksonville University

Página/12 (Argentina)

Milenio , Nac. (Mexico)

Panama America (Panama)


“Zombis, autómatas en la cadena de producción-consumo”

Notas originales para Milenio  (Mexico)

“Zombis, autómatas en la cadena de producción-consumo”

CULTURA • 9 JUNIO 2012 – 2:58AM — POR GUSTAVO MENDOZA

Milenio - Mexico

 

El filósofo Jorge Majfud refiere que el término “cultura popular ha dejado de producirse en el pueblo” para ser ahora un artículo meramente de consumo.

Monterrey • ¿Qué cosa es un zombie?, sino todos nosotros que vivimos día a día tratando de saciar la sed de consumo. A la par, ¿quiénes son los que se benefician de las crisis, sino es que los más poderosos?

Estas y otras cuestiones responde y analiza el filósofo y escritor Jorge Majfud (Uruguay, 1969) quien ha publicado su novela Crisis, a la cual describe como una “novela mosaico” en donde aparecen personajes dentro del contexto de la Gran Recesión norteamericana.

En entrevista vía correo electrónico, el colaborador de MILENIO analiza el papel de los trabajadores ante una crisis –como la sufrida en 1929 en Estados Unidos- y como se destacan los grupos poderosos que son beneficiados con los impuestos de los primeros.

Además, el autor refiere que el término “cultura popular ha dejado de producirse en el pueblo” para ahora ser un artículo meramente de consumo.

Y sobre dos fenómenos sociales actuales ofrece su reflexión: ¿por qué existe un regreso en la música y moda hacia la década de los 80? Y claro, las multitudinarias Zombies walks que se promocionan por todo el mundo, y de la cual Monterrey no ha quedado afuera.

 

En la contraportada de Crisis se habla de una novela mosaico, con protagonistas múltiples. ¿Por qué siempre los afectados en una crisis terminan siendo los trabajadores?

JM: La respuesta es una simple observación sobre una lógica histórica: los grupos que poseen el verdadero poder social se benefician de una crisis o sufren sus consecuencias en menor grado. En nuestro tiempo, es aún más claro que también las provocan y luego reciben, descaradamente, las multimillonarias ayudas de la población en general, incluido los trabajadores, a través de los impuestos, que no dejan de señalar como la causa de la negativa injerencia del Estado en sus sabios negocios. En nuestro tiempo esos dioses son invisibles (la virgen de Guadalupe al menos se puede ver y alguna gente hasta puede habler con ella), o es el Charging Bull, el “becerro de oro” de Wall Street, o son deidades inalcanzables y desconocidas, como los grupos financieros que especulan usando cálculos de probabilidades como una computadora juega al ajedrez. Son los dioses de nuestro tiempo, dioses abstractos y perversos a los que no se puede siquiera rezar. Si los trabajadores tuviesen el mismo poder, hoy en día en lugar de ser expulsados a las calles en nombre de la austeridad y la eficiencia productiva estarían aumentando sus beneficios cada mes, como de hecho lo están haciendo los dueños de las grandes compañías y, sobre todo, los especuladores. Un “humilde” especulador con conocimientos en matemáticas que trabaja para algún especulador mayor en Wall Street en plena crisis gana (o ganaba) aproximadamente diez millones de dólares por año. Por no hablar de otros dioses oscuros, como los intocables lobbies que presionan o secuestran la democracia desde tiempos anteriores.

 

2. ¿Cuál era el contexto de los inmigrantes hispanos durante la Gran Recesión, si la comparamos con la recién crisis norteamericana en el 2008-2009, que causó fenómenos como la disminución de envío de remesas hacia México, por ejemplo?

 

JM: Si te refieres a la crisis de 1929, más que una gran recesión produjo la Gran Depresión que duró casi una década con algunas recuperaciones tímidas y con ciertas leyes y políticas que significaron las mayores acciones socializadoras de Estados Unidos desde su revolución. Recordemos que la Crisis del 29 se produjo al final de una década de derroche, optimismo y persecuciones ideológicas contra los inmigrantes y fue seguida en los años treinta por el nacimiento de Superman, las olas de violencia contra los negros y su dramática disminución en términos de población. Ahora, en esta Gran Recesión que técnicamente terminó en julio de 2009, las remesas disminuyeron en cantidad y por el estratégico y progresivo debilitamiento del dólar. Para mí las remesas son un tema aparte de gran importancia: no sólo porque en algunos países son importantes ingresos, sino porque significan la consolidación de una gran injusticia binacional: como los ricos vernáculos se benefician de un status quo dado en sus países; nunca emigran. Los protege un sistema y una moral popular: cuando en América latina decimos “es un chico bien”, no queremos decir que es un joven trabajador sino alguien que no necesita trabajar para comer. Como antes se distinguía al “noble” del “villano”, al rico del pobre, al bueno del malo. Si decimos “es de familia trabajadora”, queremos decir que no tiene ningún privilegio, sino todo lo contrario. Siempre emigran los pobres, rara vez los holgazanes y los delincuentes: emigran los trabajadores, expulsados por las injusticias sociales de sus propios países. Luego de arriesgar sus vidas y el poco capital del que disponen, son explotados, perseguidos, humillados y criminalizados en la tierra prometida. Pese a todo, y al mismo tiempo de que son acusados de incrementar la criminalidad en el país donde trabajan, mantienen (esto es estadístico) uno de los niveles de criminalidad más bajos a nivel nacional. Mientras son acusados de ser una carga para el sistema de salud, a los cuales acuden en última instancia, mantienen los precios de bajos y aportan a la economía y al funcionamiento de esta sociedad de una forma que ningún otro grupo puede ni quiere hacerlo.

 

3. ¿En las crisis se acentúa el discurso anti inmigrante en los EU?

 

JM: Lamentablemente eso responde a un padrón histórico. Ante cualquier crisis, sobre todo ante las crisis político-económicas, siempre se buscan a los extranjeros primero y a los grupos raciales o religiosos minoritarios después, como la más rápida y simplista excusa para justificar todo tipo de frustraciones y fracasos. Sería muy largo dar ejemplos y creo que ni falta hacen.

 

4. Vemos en la música y en la moda –a través de las redes sociales- una marcada tendencia a prolongar (o recuperar) todo lo hecho en la década de los 80 ¿Es ciudadano este modelo o de donde nade?

 

JM: Hay una sacralización de los ´80, sobre todo en política. Todavía vivimos en esa época reaccionaria que exterminó el espíritu joven de los ´60, aunque no mucho de sus logros, como las reivindicaciones de las minorías y el pensamiento poscolonialista. Pero en el discurso popular (creo que a partir del siglo XX la “cultura popular” dejó de producirse en el pueblo para producirse en la industria del entretenimiento) todavía se diviniza los 80s. en muchos casos me parece que se tratan de reacciones nostálgicas que pudieran estar indicando cierto declive de ese predominio ideológico. Hace muchos años dijimos que esta década podría marcar cierto regreso de los ´60. En parte ya lo estamos viendo, pero con mucha timidez.

 

5. Te pregunto por un fenómeno creciente en el mundo, y en especial México: las llamadas Zombies Walks ¿Existe algún transfondo que miles de jóvenes se disfracen de muertos vivientes que anhelan un cerebro que degustar?

 

JM: En los fenómenos culturales nada, nada es casualidad. Primero, porque históricamente los grandes artistas se han adelantado siempre a los analistas, como lo demostraron los surrealistas mucho antes de la Segunda Guerra. Segundo, por una razón opuesta: porque, como ya te dije, la “cultura popular” ya no es “cultura del pueblo” sino “cultura para el pueblo”, programada y diseñada para ser consumida por el pueblo. ¿Alguien cree que el marketing podría planear una estrategia de consumo que no se retroalimente a sí misma? Creo que sería muy ingenuo aceptar máximas como: “producimos lo que el pueblo quiere consumir”. Demasiado naive. Ya ni siquiera se puede hablar de “pueblo” sino, meramente, de “gente”, como un grupo informe e indefinido de individuos que muchas veces ni siquiera son individuos completos sino autómatas en la cadena de producción consumo, es decir, “zombies” (alegres y orgullosos de su condición, pero zombies al fin). Los zombies son la expresión de la desacralización de la vida, el cuerpo humano considerado como materia de consumo. ¿Qué otra cosa es el consumismo y sus expresiones como el marketing más deshumanizado, las guerras posmodernas y el crimen organizado? Hace pocos meses se descubrió que escaneando el cerebro de una persona se puede predecir la tendencia de sus gustos en los próximos seis meses. Inmediatamente aparecieron artículos observando que esto facilitaba el estudio de marketing. Si esto parece tétrico yo creo que es aún peor: los gustos de un individuos no sólo pueden ser adivinados con el fin de explotar su capacidad consumista, sino que de hecho son creados por la misma maquinaria del marketing. Lo que los altamente tecnológicos escaners ven no es la naturaleza humana sino lo que han hecho con ella a lo largo del tiempo.

 

6. En EU ya se decidieron unas elecciones presidenciales a través de las redes sociales. ¿Crees que el fenómeno se puede extender, quizás en México?

 

JM: Las redes sociales tuvieron cierta influencia en las últimas elecciones de 2008, pero no creo que las hayan decidido. La diferencia entre Estados Unidos y México no está en las redes, las cuales son idénticas de un lado y del otro, sino en la cultura profunda de cada país y en la situación mercantil que se encuentre cada uno dentro del sistema capitalista. Estas redes todavía son más juguetes que instrumentos de democracia. Lo serán algún día cuando la población esté más madura. Es decir, que sea responsable y no vítima o actor de reparto, que sufra y se beneficie directamente de sus decisiones políticas y no viva la política momo un espectáculo diseñado para la pasión partidista, para los clásicamente estériles debates electoralistas, para decidir cada día y no para elegir representantes cada dos o cuatro años. Es sobre lo que escribíamos al final del siglo pasado: el paso de una democracia representativa, hoy anacrónica, a una democracia directa. El mundo de Internet debe ser uno de los principales instrumentos de esa democracia directa. Pero basta con ver cómo hoy en día lo que abunda son la copia y la repetición, la escasez de pensamiento crítico y la abundancia de la antigua queja o la autocomplacencia. La mayoría de las noticias que se reproducen en los blogs y en las redes sociales son copia de algún gran medio de comunicación, al estilo antiguo. La mayoría de las ideas que circulan han sido creadas por políticos o publicitarios, que es lo mismo. La mayoría de las ideas son munúsculos fragmentos, especies de haikus banalizados por sus naturalezas radicalmente efímeras e intrascendentes. Es una cultura de la distracción vestida, asombrosamente, de compromiso humano y social. No obstante, aunque creo que la crítica radical debe estar siempre (o cualquier tipo de democracia está muerta), también creo que podemos tener muchas esperanzas en este proceso civilizatorio: la madurez llegará y con ella la democracia directa, estación previa para un orden anárquico, quizás global, que sepa autoregularse para potenciar la libertad de los individuos y de los pueblos. En ese orden de cosas, por simple lógica, la violencia deberá ser mucho menor, pese a todos los discursos tradicionales que han demonizado todo proyecto que amenace la pérdida de poder y privilegio de las elites que les han robado a los demás una gran parte del poder social y mundial. Este cambio, si opta por el camino de la revolución, fracasará. Sería el ideal para las fuerzas de la reacción. Pero debe ser un cambio progresivo a través de la maduración histórica, y su principal vitamina será, como siempre, la crítica radical y la acción medrada.

 

Fuente: Milenio  (Mexico)

Antología de Nueva York

Jorge Majfud’s books at Amazon>>

 

“Edición de súper-lujo, que no sólo tiene a escritoras de primerísima línea como Francis Scott Fitzgerald, Chester Himes. O. Henry, Edgar Allan Poe, Ambrose Bierce y Henry James, sino que cuenta además con escritores actuales de primerísima línea como Lourdes Ortiz, María Zaragoza, Joaquín Leguina José Luis Alonso de Santos, Andrés Trapiello y los mejores escritores actuales de España e Hispanoamérica.

MAR Ed.

De las respectivas obras:© María Zaragoza, Lourdes Ortiz, José Luis Ordóñez, Juan Vivancos
Antón, Jesús Yébenes, Nelson Verástegui, José Luis García Rodríguez, Andrés Fornells, Juan
Serrano, José G. Cordonié, Carlos Augusto Casas, José M. Fernández Argüelles, Andrés Trapiello, Cristina Ruberte París, José Vázquez Romero, Joaquín Leguina, Elena Marqués, Juan Martini, Manuel Gómez Gemas, Fabricio de Potestad, Jorge Majfud, Joseba Iturrate, Vizconde de Saint-Luc, Álvaro Díaz Escobedo, Isaac Belmar, Miguel Angel de Rus, José Luis Alonso de Santos, Tomás Pérez Sánchez, Mar Cueto, Francisco Legaz, Pedro Amorós, Anunciada Fernández de Córdova y Chester Himes con autorización de Himes Literary Estate & Trust.
De las traducciones: © José Luis Gª (inglés)
De la edición: © M.A.R. Editor
Edición y prólogo de Miguel Angel de Rus
Mayo de 2012
http://www.mareditor.com
ISBN: 978-84-939322-5-1
Depósito legal:
Diseño de la colección: Absurda Fabula
Imprime: Publidisa
Impreso en España.

PRÓLOGO
Al hacer una antología sobre Nueva York se puede caer
en la fascinación o en la denuncia, en la descripción alucinada del ambiente turístico o en lo más sórdido de las calles desconocidas en las que duermen a la intemperie los homeless, en el drama-espectáculo de las Torres Gemelas o en el Nueva York de los dulces años en que parecía que el mundo sólo podía ir a mejor y que la ciudad era una fiesta continua. Por ello, en M.A.R. Editor hemos procurado mantener un equilibro entre todas las posturas y entre los autores clásicos, los clásicos vivos, y los autores que se abren camino y que aportan una visión fresca y distinta de una ciudad que fascina o que repele, principal destino turístico del planeta. Por ello se han buscado autores que nos han sido contemporáneos, como el gran Chester Himes, para mostrar el N.Y. más duro; clásicos de los años del gran desarrollo neoyorquino
como O. Henry, Francis Scott Fitzgerald, Edgar Allan Poe, Ambrose Bierce o Henry James; destacados autores actuales
que resultan muy familiares a los buenos lectores, como Lourdes Ortiz, María Zaragoza, Andrés Trapiello, José Luis Alonso de Santos y Joaquín Leguina, y autores de España e Hispanomérica cuya gran calidad no está en relación con la fama, y que nos presentan obras de verdadero interés, como José Luis Ordóñez, Juan Vivancos Antón, Jesús Yébenes, Nelson Verástegui, José Luis Gª Rodríguez, Andrés Fornells, Juan Serrano, José G. Cordonié, Carlos Augusto Casas, José M. Fernández Argüelles, Cristina Ruberte París, José Vázquez Romero, Elena Marqués, Juan Martini, Manuel Gómez Gemas, Fabricio de Potestad, Jorge Majfud, Joseba Iturrate, Vizconde de Saint-Luc, Álvaro Díaz Escobedo, Isaac Belmar, Tomás Pérez Sánchez, Mar Cueto, Francisco Legaz, Pedro Amorós y Anunciada Fernández de Córdova, que cierra este libro de relatos con un curioso poema a los taxis de Nueva York, uno de los iconos culturales del tiempo presente (para bien o para mal), como sabe cualquier amante del cine.

 

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La double bonne affaire du chômage

El doble negocio de la desocupación (Spanish)

Child laborer in the Mollohan Mills, Newberry,...

La double bonne affaire du chômage

par Jorge Majfud *

Les pauvres chômeurs et improductifs qui vivent de l’aide de l’État ne sont pas en réalité une mauvaise affaire pour les grandes entreprises. Ils aident à maintenir pas seulement les bas salaires, comme c’ était déjà le cas au XVIIIe siècle, mais, de plus, dans notre civilisation matérialialiste, ils sont de parfaits consommateurs. L’aide que ces pauvres chômeurs reçoivent de l’État est entièrement destinée à la consommation de biens de base ou de distraction et dis-track-tion, ce qui signifie qu’ainsi les megaentreprises continuent de faire une bonne affaire avec l’argent des contribuables. Bien sûr, tout connaît une limite.

D’un autre côté, cette réalité sert une critique ou un discours en principe acceptable et enkysté dans la conscience populaire du monde riche, produit par le bombardement médiatique : tandis que les grandes compagnies produisent (dans tous les sens du terme) et génèrent des postes de travail, les paresseux profitent d’elles à travers l’État. Les grandes compagnies sont les vaches sacrées du progrès capitaliste et l’État avec ses paresseux sont les vices qui empêchent l’accélération de l’économie nationale.

En première instance c’est vrai. Ce mécanisme maintient non seulement une culture de la paresse dans les classes sociales les plus basses attendant cette aide de l’État (quand existe un système de sécurité sociale comme aux États-Unis) mais de plus nourrit la haine des classes laborieuses qui doivent se résigner à continuer de payer leurs impôts pour entretenir cette part de chômeurs qui de façon basique représentent une charge et aussi une menace permanente d’une plus grande criminalité et de plus de dépenses en prisons. Ce qui est aussi vrai, puisqu’il est plus probable qu’un chômeur professionnel se consacre à une activité criminelle qu’un travailleur actif.

Cette haine de classes maintient le statut quo et, ainsi, l’argent continue de circuler de la classe travailleuse jusqu’à la classe exécutive, entre d’autres moyens, via les paresseux – chômeurs. Si ces chômeurs étaient dans le circuit du travail, ils consommeraient probablement moins et exigeraient de meilleurs salaires et de l’éducation. Ils seraient mieux organisés, ils n’auraient pas autant de ressentiment pour ceux qui se lèvent tôt pour aller à leu travail, et seraient moins victimes de la démagogie des hommes politiques populistes et des sectes patronales qui sont, en définitive, les propriétaires du capital et, surtout, du know-how social — les know-why et les know-what sont insignifiants.

Pour quelqu’un qui doit vendre un minimum annuel de tonnes de sucre à l’industrie de l’alimentation, pour le dire d’une certaine façon, un travailleur ne sera jamais une meilleure option qu’un chômeur entretenu par l’État. Pour les entrepreneurs de santé, non plus. Quelques études récentes indiquent que la consommation de sucre dans les limonades est aussi préjudiciable pour le foie que la consommation d’alcool, puisque le foie doit de toute façon métaboliser le sucre, donc prendre un soda, en dernier ressort et sans considérer les problèmes de conduite, c’est la même chose que boire du whisky (Nature, Dr. Robert Lustig, Univ. of Californie). Un Coca-Cola n’a même pas le bénéfice qu’a le vin pour la santé. Cependant, durant les dernières années la proportion de sucre dans les boissons et la quantité que chaque individu consomme a augmenté dan le monde entier, au désespoir de notre organisme qui a eu seulement le temps d’évoluer pour tolérer le sucre des fruits, et pour une saison par an. Les spécialistes considèrent que cette augmentation de la consommation est due à la pression politique des compagnies qui sont impliquées dans la commercialisation du sucre. Comme conséquence, aux États-Unis et dans beaucoup d’autres pays nous avons des populations de plus en plus obèses et malades, ce qui soit dit en passant signifie de plus grands gains pour l’industrie de la santé et des laboratoires pharmaceutiques.

Mais ainsi fonctionne la logique du capitalisme tardif, qui est la logique mondiale d’aujourd’hui : s’il n’y a pas de consommation il n’y a pas de production et sans celle-ci, il n’y a pas de profits. Ce serait beaucoup plus salutaire pour les consommateurs si les vendeurs d’aliments à coups de shocks délicieux de sel-sucre, attaquaient chaque consommateur avant d’entrer à un supermarché. Mais ceci, comme l’augmentation d’impôts, est politiquement incorrect et trop facile à visualiser de la part des consommateurs. Mon attention a toujours été attirée par le fait universel que les toxicomanes volent et tuent des personnes honnêtes pour acheter de la drogue et ne volent pas, ni n’attaquent pas les vendeurs de drogues eux mêmes, ce qui serait un chemin plus direct et immédiat pour une personne désespérée. Mais la réponse est évidente : c’ est toujours plus facile d’attaquer un travailleur honnête qu’ un délinquant qui connaît l’histoire. En général, le susdit est presque impossible, au moins pour un consommateur commun.

L’objectif primaire de toute entreprise ce sont les profits et tout le reste ne sont que des discours qui essaient de légitimer quelque chose qui ne peut pas être changé dans la logique purement capitaliste. Quand cette logique fonctionne sans limites, cela s’appelle progrès. Les compagnies progressent et comme conséquence les individus progressent — vers la destruction propre et autre.

Récemment la ville de New York a interdit la vente de bouteilles gigantesques de soda en alléguant qu’ils stimulaient la consommation excessive de sucre. Ce type de mesures ne seraient jamais prises, ni même proposées, par une entreprise privée dont l’objectif est de vendre, à moins qu’elle ne vende de l’eau minérale. Mais dans ce cas l’interdiction explicite d’une entreprise sur l’autre irait contre les lois du marché, raison pour laquelle cette lutte se produit normalement selon les lois de Darwin, où les plus forts dévorent les plus faibles.

Ces limites à la « main invisible du marché » seuls les gouvernements peuvent les établir. La même chose est arrivée avec la lutte contre le tabagisme. Les gouvernements ont l’habitude d’être infestés, contaminés par les lobbies des grandes entreprises et ont l’habitude de répondre à leurs intérêts, mais ils ne sont pas des monolithes et de temps à autres ils se souviennent leur raison d’être selon les préceptes modernes. Alors ils se souviennent qu’ils existent pour la population, et pas le contraire, et agissent en conséquence en remplaçant les profits par la santé collective.

La liberté n’a pas progressé par les groupes d’entreprises et de sociétés financières mais malgré celles-ci. Elles ont progressé au cours de l’histoire par ceux qui se sont opposés aux pleins pouvoirs hégémoniques ou dominants du moment. Il y a plusieurs siècles ces pleins pouvoirs étaient les églises ou les États totalitaires, comme les anciens rois et leurs aristocraties, comme l’Union soviétique et ses satellites. Depuis quelques siècles jusqu’à aujourd’hui, de plus en plus, ces pleins pouvoirs résident dans les entreprises qui sont celles qui possèdent le pouvoir sous forme de capitaux. Toute vérité qui sort des grands médias sera contrôlée de façon directe ou subtile – par exemple, à travers l’autocensure — par ces grandes signatures, qui sont celles qui font vivre les médias à travers la publicité. Les médias ne survivent plus, comme au XIXe siècle et une grande partie du XXe siècle, de la vente des exemplaires. C’est-à-dire les grands médias dépendent chaque fois moins et, par conséquent, chaque fois doivent moins à la classe moyenne et travailleuse. L’Ère digitale pourra un jour inverser ce processus, mais pour le moment les individus isolés se limitent à reproduire les informations et récits sociaux préfabriquées par les grands médias qui ne vivent que de la publicité des grandes entreprises et des multinationales. C’est-à-dire les sur-moi sociaux. Le contrôle est indirect, subtil et implacable. Toute chose qui va contre les intérêts des annonceurs signifiera le retrait de capitaux et, donc, la décadence et la fin de ces médias, qui laisseront leur place à d’autres pour accomplir leur rôle de marionnettes.

A quelques exceptions, ni les pauvres ni les travailleurs ne peuvent faire du lobby au parlement. En temps d’élections, ce sont les multinationales qui mettront des milliards pour faire élire un candidat ou l’autre. Aucun candidats ne mettre à cause la réalité basique qui soutient l’existence de cette logique mais n’importe qui parmi eux qui est choisi et tout de suite élu — ou vice versa — sera hypothéqué dans ses promesses quand il entrera en fonction et devra répondre en conséquence : aucune entreprise, aucun lobby ne met de millions de dollars quelque part sans considérer cela comme un investissement. S’ils les mettent pour combattre la faim en Afrique ce sera un investissement moral, « ce qui ont en trop », comme disait Jésus en se référant aux aumônes des riches. S’ils les mettent sur un candidat présidentiel ce sera, évidemment, un investissement d’un autre type.

Le pouvoir disproportionné de ces organismes, nombreux secrets ou discrets sont le pire attentat à la démocratie dans le monde. Mais peu pourront le dire sans être étiqueté comme idiots. Ou ils apparaîtront dans quelques grands médias porte-parole de l’establishment, parce que tout milieu qui se vante de démocratique devra payer un impôt à son hégémonie en permettant que s’infiltrent quelques opinions vraiment critiques. Cela, clairement, sont exceptions, et entreront en conflit avec un public habitué au sermon quotidien qui soutient le point de vue contraire. C’est-à-dire, ils seront considérés comme des produits infantiles de ceux qui ne savent pas « comment fonctionne le monde » et qui défendent les paresseux chômeurs qui vivent de l’État, tandis que celui-ci vit de et punit les grandes entreprises les plus heureuses. Surtout dans des temps de crise, l’État les punit avec des réductions d’impôts, prêts sans échéance et sauvetages sans limites.

Depuis la dernière grande crise économique de 2008 aux États-Unis, par exemple, les grandes entreprises et les corporations n’ont pas arrêté d’augmenter leurs profits malgré une faible réduction de l’emploi et un cheval de bataille pour l’opposition au gouvernement. Les économistes les plus consultés par les grands médias appellent cela « augmentation de la productivité ». C’est-à-dire avec moins de travailleurs on obtient de plus grands bénéfices. Les travailleurs qui restent en trop, conséquence de l’augmentation de productivité sont dérivés vers la sphère de l’État maudit qui doit assurer que — bien que démoralisés ou comme — ils continuent de consommer avec l’argent de la classe moyenne pour augmenter plus encore les profits des marchands des élites dominantes qui, sans payer les salaires mais sans arrêter de leur vendre le même bibelot et le même soda sucré et les mêmes chips salés, verront augmentés encore plus l’efficacité, la productivité et les profits de leur admirablement heureuses entreprises.

Nous pouvons appeler tout ce mécanisme pervers « la double affaire du chômage » ou « les miracles des crises financières ».

Jorge Majfud, le 4 juin 2012. 
Jacksonville University

Traduit de l’espagnol pour El Correo par : Estelle et Carlos Debiasi

 

Earth Tipping Point Study In Nature Journal Predicts Disturbing And Unpredictable Changes

Blueearth

This composite image uses a number of swaths of the Earth’s surface taken on January 4, 2012.

By Stephanie Pappas, LiveScience Senior Writer
Earth is rapidly headed toward a catastrophic breakdown if humans don’t get their act together, according to an international group of scientists.

Writing Wednesday (June 6) in the journal Nature, the researchers warn that the world is headed toward a tipping pointmarked by extinctions and unpredictable changes on a scale not seen since the glaciers retreated 12,000 years ago.

“There is a very high possibility that by the end of the century, the Earth is going to be a very different place,” study researcher Anthony Barnosky told LiveScience. Barnosky, a professor of integrative biology from the University of California, Berkeley, joined a group of 17 other scientists to warn that this new planet might not be a pleasant place to live.

“You can envision these state changes as a fast period of adjustment where we get pushed through the eye of the needle,” Barnosky said. “As we’re going through the eye of the needle, that’s when we see political strife, economic strife, war and famine.” [Top 10 Ways to Destroy Earth]

 

The danger of tipping

Barnosky and his colleagues reviewed research on climate change, ecology andEarth’s tipping points that break the camel’s back, so to speak. At certain thresholds, putting more pressure on the environment leads to a point of no return, Barnosky said. Suddenly, the planet responds in unpredictable ways, triggering major global transitions.

 The most recent example of one of these transitions is the end of the last glacial period. Within not much more than 3,000 years, the Earth went from being 30 percent covered in ice to itspresent, nearly ice-free condition. Most extinctions and ecological changes (goodbye, woolly mammoths) occurred in just 1,600 years. Earth’s biodiversity still has not recovered to what it was.

Today, Barnosky said, humans are causing changes even faster than the natural ones that pushed back the glaciers — and the changes are bigger. Driven by a 35 percent increase in atmospheric carbon dioxide since the start of the Industrial Revolution, global temperatures are rising faster than they did back then, Barnosky said. Likewise, humans have completely transformed 43 percent of Earth’s land surface for cities and agriculture, compared with the 30 percent land surface transition that occurred at the end of the last glacial period. Meanwhile, the human population has exploded, putting ever more pressure on existing resources. [7 Billion Population Milestones]

“Every change we look at that we have accomplished in the past couple of centuries is actually more than what preceded one of these major state changes in the past,” Barnosky said.

 

Backing away from the ledge

The results are difficult to predict, because tipping points, by their definition, take the planet into uncharted territory. Based on past transitions, Barnosky and his colleagues predict a major loss of species (during the end of the last glacial period, half of the large-bodied mammal species in the world disappeared), as well as changes in the makeup of species in various communities on the local level. Meanwhile, humans may well be knotting our own noose as we burn through Earth’s resources.

“These ecological systems actually give us our life support, our crops, our fisheries, clean water,” Barnosky said. As resources shift from one nation to another, political instability can easily follow.

Pulling back from the ledge will require international cooperation, Barnosky said. Under business-as-usual conditions, humankind will be using 50 percent of the land surface on the planet by 2025. It seems unavoidable that the human population will reach 9 billion by 2050, so we’ll have to become more efficient to sustain ourselves, he said. That means more efficient energy use and energy production, a greater focus on renewable resources, and a need to save species and habitat today for future generations.

“My bottom line is that I want the world in 50 to 100 years to be at least as good as it is now for my children and their children, and I think most people would say the same,” Barnosky said. “We’re at a crossroads where if we choose to do nothing we really do face these tipping points and a less-good future for our immediate descendents.”

 

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go to the original http://www.huffingtonpost.com/2012/06/07/earth-tipping-point-study_n_1577835.html

Cyborgs (nuevo libro)

“Cyborgs”

Nosotros, mujeres y hombres del brillante y fabuloso siglo XXI, bajo la aguda mirada del autor uruguayo Jorge Majfud, arquitecto y profesor de Literatura Latinoamericana y Estudios Hispánicos en Jacksonville University, Estados Unidos.

El éxito, la fe, el consumo, la religión, el pensamiento único… Nuestra identidad reubicada en este nuevo universo tecnológico de presuntas prolongaciones de nuestro ser.
¿Quiénes somos, en esta sociedad donde la medida del otro nos la da cuánto consume? ¿Cuántas veces ha aparecido en televisión -con independencia del contenido- y cuánto odia y a quién? Majfud dibuja un paisaje mas allá de los arbustos auto complacientes del ser humano, tratando de entender en qué estamos y cómo estamos, nosotros hombres y mujeres con alma, ¿o quizá ya sólo cyborgs?

“Mientras las universidades logran robots que se parecen cada vez más a los seres humanos, no sólo por su inteligencia probada sino ahora también por sus habilidades de expresar y recibir emociones, los hábitos consumistas nos están haciendo cada vez más similares a los robots.” (Jorge Majfud)

© JORGE MAJFUD, 2012
© Diseño de portada, MARTA GIL ALCALDE
© AMBAMAR DEVELOPMENT, S.L. 2012
e-mail: izanaeditores@izanaeditores.com
Avenida de Machupichu, 17-3. 28043 MADRID
Tel.: 91 388 00 40. http://www.izanaeditores.com
Diseño: Antonio Ramos
Preimpresión: Origen Gráfico, S.L.
ISBN: 978-84-939646-
Depósito Legal: SImpreso en España por: PUBLIDISA

El estado y las corporaciones

La double bonne affaire du chômage (French)

El doble negocio de la desocupación

 

 

Sugar, Sugar

Los pobres desempleados e improductivos que viven de la ayuda del Estado en realidad no son un mal negocio para las grandes empresas. No sólo ayudan a mantener los sueldos deprimidos, según ya se sabía en el siglo XVIII, sino que, además, en nuestra civilización de las cosas son consumidores perfectos. La ayuda que estos pobres desempleados reciben del Estado va destinada completamente al consumo de bienes básicos o de diversion y dis-track-tion, lo que significa que las megaempresas aún así continúan haciendo un gran negocio con el dinero de los contribuyentes. Por supuesto, todo tiene su arte y su línea de naufragio.

Por otro lado, esta realidad sirve para una crítica o un discurso en principio aceptable y enquistado en la conciencia popular del mundo rico, producto del bombardeo mediático: mientras las grandes compañías producen (en varios sentidos de la palabra) y generan puestos de trabajo, los holgazanes se benefician de ellas a través del Estado. Las grandes compañías son las vacas sagradas del progreso capitalista y el Estado con sus holgazanes son las lacras que impiden la aceleración de la economía nacional.

En primera instancia es verdad. Este mecanismo no sólo mantiene una cultura de la pereza en las clases más bajas esperando esa ayuda del Estado (cuando existe un sistema de seguro social como en Estados Unidos) sino que además alimenta el odio de las clases trabajadoras que deben resignarse a seguir pagando sus impuestos para mantener a ese margen de desocupados que básicamente significan una carga y también una permanente amenaza de mayor criminalidad y más gastos en prisiones. Lo cual también es cierto, ya que es más probable que un desocupado profesional se dedique a alguna actividad criminal que un trabajador activo.

Este odio de clases mantiene el status quo y, por ende, el dinero sigue fluctuando de la clase trabajadora a la clase ejecutiva, entre otros medios, vía holgazanes-desocupados. Si esos desocupados estuviesen en el circuito de trabajo, probablemente consumirían menos y exigirían mejores salarios y educación. Estarían mejor organizados, no tendrían tanto resentimiento por aquellos que se levantan temprano para ir a sus trabajos, serían menos víctimas de la demagogia de los políticos populistas y de las sectas empresariales que son, en definitiva, las dueñas del capital y, sobre todo, del know-how social –los know-why y los know-what son irrelevantes.

Para alguien que debe vender un mínimo anual de toneladas de azúcar a la industria de la alimentación, por decirlo de alguna forma, un trabajador nunca será una mejor opción que un desocupado mantenido por el Estado. Para los empresarios de la salud, tampoco. Algunos estudios recientes indican que el consumo de azúcar en las gaseosas es tan perjudicial para el hígado como el consumo de alcohol, ya que el hígado de cualquier forma debe metabolizar el azúcar (glucólisis), por lo cual tomar una soda, en última instancia y sin considerar las alteraciones de la conducta, es lo mismo que beber whisky (Nature, Dr. Robert Lustig, Univ. of California). Una Coca-Cola ni siquiera tiene las ventaja que tiene el vino para la salud. Sin embargo, en los últimos años la proporción de azúcar en las bebidas y la cantidad que consume cada individuo ha ido aumentando en el mundo entero, a pesar que nuestro organismo sólo tuvo tiempo de evolucionar para tolerar el azúcar de las frutas, una temporada al año. Los especialistas consideran que ese aumento del consumo se debe a la presión política de las compañías que están involucradas en la comercialización del azúcar. Como consecuencia, en Estados Unidos y en muchos otros países tenemos poblaciones cada vez más obesas y más enfermas, lo que de paso significa mayores ganancias para la industria de la salud y los laboratorios farmacéuticos.

Pero así funciona la lógica del capitalismo tardío, que es la lógica global hoy en día: si no hay consumo no hay producción y sin ésta no hay ganancias. Sería mucho más saludable para los consumidores si los vendedores de alimentos a base de sabrosos shocks de sal-azúcar, asaltaran a cada consumidor antes de entrar a un supermercado. Pero esto, como el incremento de impuestos, es políticamente incorrecto y demasiado fácil de visualizar por parte de los consumidores. Siempre me llamó la atención el hecho universal de que los drogadictos roban y matan a personas honestas para comprar drogas y no roban ni asaltan a los mismos vendedores de drogas, lo cual sería un camino más directo e inmediato para una persona desesperada. Pero la respuesta es obvia: siempre es más fácil asaltar a un trabajador honesto que a un delincuente que conoce el rubro. Por lo general, esto último es casi imposible, al menos para un consumidor común.

El objetivo primario de cualquier empresa son las ganancias y todo lo demás son discursos que intentan legitimar algo que no puede ser cambiado dentro de la lógica puramente capitalista. Cuando esta lógica funciona sin trabas, se llama progreso. Las compañías progresan y como consecuencia progresan los individuos –hacia la destrucción propia y ajena.

Recientemente la ciudad de Nueva York prohibió la venta de las botellas gigantes de soda alegando que estimulaban el excesivo consumo de azúcar. Este tipo de medidas nunca sería tomada, ni siquiera propuesta, por una empresa privada cuyo objetivo es vender, al menos que venda agua mineral. Pero en este caso la prohibición explícita de una empresa sobre otra iría contra las leyes del mercado, razón por la cual esta lucha normalmente se produce según las leyes de Darwin, donde los más fuertes devoran a los más débiles.

Estos límites a la “mano invisible del mercado” sólo pueden establecerlos los gobiernos. Lo mismo ocurrió con la lucha contra el tabaquismo. Los gobiernos suelen estar infestados, inoculados por los lobbies de las grandes corporaciones y suelen responder a sus intereses, pero no son monolitos y cada tanto recuerdan su razón de ser según los preceptos modernos. Entonces se acuerdan de que existen para la población, y no al revés, y actúan en consecuencia reemplazando las ganancias por la salud colectiva.

Las libertades no han progresado por las corporaciones empresariales y financieras sino a pesar de estas. Han progresado a lo largo de la historia por aquellos que se han opuesto a los poderes hegemónicos o dominantes del momento. Siglos atrás esos poderes eran las iglesias o los Estados totalitarios, como los antiguos reyes y sus aristocracias, como en la Unión Soviética y sus satélites. Desde hace varios siglos hasta hoy, cada vez más, esos poderes radican en las corporaciones que son las que poseen el poder en forma de capitales. Cualquier verdad que salga de los grandes medios estará controlada de forma directa o de forma sutil –por ejemplo, a través de la autocensura– por estas grandes firmas, que son las que mantienen los medios a través de los anuncios publicitaros. Los medios ya no sobreviven, como en el siglo XIX y gran parte del siglo XX, de la venta de ejemplares. Es decir, los grandes medios cada vez dependen menos y, por lo tanto, cada vez se deben menos a la clase media y trabajadora. La Era digital podrá un día revertir este proceso, pero por el momento los individuos aislados se limitan a reproducir noticias y narrativas sociales prefabricadas por los grandes medios que básicamente viven de los anuncios publicitarios de las grandes empresas y corporaciones. Es decir, los superyós sociales. El control es indirecto, sutil e implacable. Cualquier cosa que vaya contra los intereses de los anunciantes significará la retirada de capitales y, por ende, la decadencia y el fin de esos medios, que dejarán lugar a otros para cumplir su rol de marionetas.

Con algunas excepciones, ni los pobres ni los trabajadores pueden hacer lobbies en los parlamentos. En tiempos de elecciones, son los las corporaciones quienes pondrán miles de millones para elegir un candidato o el otro. Ninguno de los candidatos cuestionará la realidad básica que sostiene la existencia de esta lógica pero cualquiera de ellos que sea elegido y luego electo –o viceversa– estará hipotecado en sus promesas cuando asuma el poder y deberá responder en consecuencia: ninguna empresa, ningún lobby pone millones de dólares en algún lugar sin considerar eso como una inversión. Si lo ponen para combatir el hambre en África será una inversión moral, “lo que les sobra”, como dijera Jesús refiriéndose a las limosnas de los ricos. Si lo ponen en un candidato presidencial será, obviamente, una inversión de otro tipo.

El poder desproporcionado de estas corporaciones, muchas secretas o discretas son el peor atentado contra la democracia en el mundo. Pero pocos podrán decirlo sin ser etiquetados de idiotas. O aparecerán en algunos grandes medios voceros del establishment, porque cualquier medio que se precie de democrático deberá pagar un impuesto a su hegemonía permitiendo que se filtren algunas opiniones verdaderamente críticas. Estas, claro, son excepciones, y entrarán en conflicto con un público acostumbrado al sermón diario que sostiene el punto de vista contrario. Es decir, serán entendidas como productos infantiles de aquellos que no saben “cómo funciona el mundo” y defienden a los holgazanes desocupados que viven del Estado, mientras éste vive de y castiga a las grandes empresas más exitosas. Sobre todo en tiempos de crisis, el Estado las castiga con rebajas de impuestos, préstamos sin plazo y rescates sin límites.

Desde la última gran crisis económica de 2008 en Estados Unidos, por ejemplo, las grandes empresas y corporaciones no han parado de aumentar sus ganancias mientras la reducción del empleo ha sido débil y un caballito de batalla para la oposición al gobierno. Los economistas más consultados por los grandes medios llaman a esto “aumento de la productividad”. Es decir, con menos trabajadores se obtienen mayores beneficios. Los trabajadores que sobran como consecuencia del aumento de productividad son derivados a la esfera del maldito Estado que debe asegurar que –aunque desmoralizados o por eso mismo– sigan consumiendo con el dinero de la clase media para aumentar aún más las ganancias de los mercaderes de las elites dominantes que, sin pagar esos salarios pero sin dejar de venderles las mismas baratijas y las mismas sodas azucaradas y las mismas chips saladas, verán aumentadas aún más la efectividad, la productividad y las ganancias de sus admirablemente exitosas empresas.

Nosotros podemos llamar a todo este mecanismo perverso “el doble negocio de la desocupación” o “los milagros de las crisis financieras”.

 

Jorge Majfud

Jacksonville University

majfud.org

La Epoca (Bolivia)

Milenio I (Mexico)

Milenio II Nac, Mny (Mexico)

Bitacora / La Republica (Uruguay)

La Republica II (Uruguay)

Ricos nobles, pobres villanos

Money, Money, Money

Ricos nobles, pobres villanos

 

 

Otra ayuda para los bancos

 

El gobierno de España planea a poner 19 mil millones de euros como “rescate adicional” en Bankia SA, cuyos bonos fueron recientemente declarados bonos basura por Standard & Poors. Lo que significa que cada familia española, que actualmente está sufriendo recortes de todo tipo, va a poner aproximadamente otros 1500 euros para rescatar una empresa recientemente nacionalizada, lo cual también significa que quienes vendieron hicieron un excelente negocio.

A la gente, no se les pregunta si quieren recortar servicios públicos ni se les pregunta si quieren seguir poniendo su dinero para salvar bancos y millonarios. 

Sólo se les dice que hay que ser más responsables y gastar menos.

Igual que en Argentina en el 2001 y que en Estados Unidos más recientemente. Cada vez que hay una crisis se recortan los servicios a la gente común y además se les pide que colaboren con ayudas especiales a los bancos y las corporaciones en general, que cuando no son privadas han sido estatizados en ruina por gobiernos benefactores de millonarios.

Algún día los pueblos dejarán de confundir generosidad con estupidez.

 

Capitalismo y religión

El capitalismo y la economía del libre mercado son el más perfecto equivalente práctico e ideológico de la Teoría de la evolución, donde las leyes premian al más fuerte y justifican la aniquilación del más débil. De hecho, es muy posible que las distintas teorías evolucionistas del siglo XIX se hayan inspirado en las teorías económicas del siglo XVIII, aparte de los griegos, claro.

Por otro lado, como si se tratase de una broma de algún dios o demonio, el comunismo está mucho más próximo a la religión judeocristiana donde el Estado representa al padre, aquel que interviene periódicamente en las leyes del mundo material o poniendo en suspenso las reglas del mercado para proteger, al menos en teoría, a los más débiles.

No deja de ser una magnífica y trágica paradoja que los conservadores de hoy odien al Estado tanto como aman el libre mercado.

Pero el odio al Estado se puede entender por dos razones: primero, es un sustituto secular del Padre; segundo, las donaciones para los pobres a través de los impuestos pueden conducir a la salvación de algún grupo humano desconocido, pero no a la salvación individual. Según los neoconservadores, Dios sólo puede ver las limosnas que arrojan los fieles al salir de una iglesia y odia los impuestos, sobre todo aquellos que pagan los ricos. Los ricos son los que siempre dejan las mejores limosnas, lo que prueba la generosidad de los que han sido elegidos antes de nacer.

De la misma forma, llueve porque nacen las plantas.

Tal vez esta idea o la confusión que protege a los ricos de pagar más impuestos y predica el desprendimiento y el sacrificio entre los pobres se podría entender si recordamos que Jesús elogió las dos monedas que daba la viuda y despreció las limosnas que los ricos echaban en el arca del Tesoro, porque aquella daba lo que necesitaba y éstos arrojaban lo que les sobraba, según Lucas. Pero jamás se entendería la preferencia de Dios por los ricos ni la preferencia de los ricos por las limosnas en lugar de los impuestos, si recordamos una intervención más explícita del carpintero de Nazaret, cuando afirmó que de las posibilidades de que un rico pudiese subir al cielo sin desprenderse de sus riquezas eran las mismas que tenían un camello o una soga de atar barcos de pasar por el ojo de una aguja.

Pero como sabemos que las religiones se basan en la negación de sus propios textos sagrados (poner la otra mejilla significa bombardear por las dudas; ser rico significa ser uno de los elegidos por el Dios de los pobres), para explicar semejantes paradojas tenemos que recurrir más a la psicología o a los intereses más diabólicos del egoísmo y la avaricia sin límites que al mismo Jesús de Nazaret o a la mera razón humana.

 

Arribistas y abajistas.

Si alguien se posiciona en uno de los extremos del espectro ideológico aparece como cojo o como tuerto: aparece como alguien que no puede ver “la otra cara” de la realidad. Entonces, aquellos que se ubican al medio, abusando de la misma metáfora horizontal, se ubican en el eje de la balanza y, consecuentemente, son representados como equilibrados.  Aunque este centro es virtual, porque inevitablemente depende de la distancia en que puedan estar los extremos. En ocasiones, ambos extremos, izquierda y derecha, podrían están perfectamente ubicados en un rincón cualquiera de los dos extremos, por lo que ser de izquierda podría significar ser un conservador reaccionario en un contexto, o  un revolucionario progresista en otro.

Estamos atrapados, históricamente, de una ilusión visual que oculta otra realidad, probablemente una realidad más lógica, más verdadera y, por eso mismo, diabólicamente soslayada. La dicotomía y la lucha entre izquierda y derecha usa un artilugio geométrico de alta neutralidad (la horizontalidad) para ocultar el hecho de que nuestros diversos sistemas políticos son, en última instancia, una encarnizada lucha entre arriba y abajo, entre las imponentes clanes, sectas, familias, lobbies o corporaciones que presionan, conducen gobiernos, eligen presidentes y, por otro lado (el lado de abajo) los trabajadores y consumidores comunes, que no sólo consumen artículos, muchas veces innecesarios, sino, sobre todo, consumen narrativas, moralidades, valores, verdades prefabricadas por la ingeniería de los arribistas, que son quienes ostentan un poder desproporcionado a su número. De otra forma, ninguna forma de esclavitud hubiese existido nunca. La mera fuerza sería inútil sin una moral para los esclavos que son representados a la izquierda de un espectro horizontal, democrático.


JM

Milenio , II , III (Mexico)

 

L’État, un trésor divin

 

Estado, divino tesoro (Spanish)

Cet article a été publié dans plusieurs quotidiens du continent le mois même de la Grande crise, en septembre 2008. Je crois qu’il est nécessaire de le relire maintenant plus encore.

 

L’État, un trésor divin

Reverse of 100 dollars (1914 series)

Par Jorge Majfud


L’État dans des temps normaux

Quand l’abus l’idéologie atteint le maximum de bénéfices pour les classes qui le promeuvent, on recourt au plan B qui consiste à suspendre temporairement l’orthodoxie sans suspendre l’idéologie dominante. Le plan A est le plan typique des feuilletons télévisés et des programmes de charité. Dans le premier cas il y a une femme riche, vieille et mauvaise et de l’autre une jeune femme pauvre et gentille. La solution morale consiste à punir la mauvaise riche et à récompenser les souffrances de la gentille pauvre. C’est-à-dire, comme dans la théologie traditionnelle et comme dans les harangues religieuses les plus modernes, les systèmes, les structures sociales et globales n’existent pas ou n’ont pas d’importance. Il y a seulement des bons et des mauvais individus.

Dans le cas des shows de la télévision, les bons sont ceux qui provoquent la maladie d’un système contradictoire, en reproduisant et en consolant la même contradiction, et les méchants sont les critiques qui ne font rien pour les pauvres sinon de critiquer leurs bienfaiteurs. C’est le cas de programmes comme le mexicain « Le Show des Rêves » que nous consommons aussi aux États-Unis, où différents couples dansent et chantent pour soigner la maladie terrible d’un parent. Si le duo chante faux ou n’émeut pas le jury avec ses pirouettes, le couple est éliminé et avec lui le malade. Ceux qui osent critiquer cette obscénité de notre culture, sont moralement écrasés avec toute la force des caméras et avec le même recours à la sensiblerie collective qui applaudit elle même ce qu’elle condamnait des temps passés : les pauvres moribonds allaient aux portes des églises pour que les riches sains finissent par consoler leur âme en jetant quelques pièces devant le regard agité du public qui savait reconnaître une œuvre de bien. Ceux qui observaient l’hypocrisie – c’est-à-dire la « peu nombreuse –critique » – du mécanisme social de la moralisation qui consolait les deux parties, nantis et malheureux, au moment où cela se reproduisait, étaient accusés de ne rien faire pour les pauvres, dans le meilleur des cas, ou étaient stigmatisés par un vocabulaire négatif comme « subversifs », « démoniaques », « improductifs », « critiqueurs », etc. Ce qui confirme la « quasi-perfection » d’une idéologie dominante quand elle se reproduit elle-même à travers la collaboration émouvante entre élus et condamnés.

Tandis que ce drame médiatique et réel moralise des millions de personnes, l’État applaudit l’initiative privée de ces bons roturiers qui luttent pour survivre et s’occupent à sauvegarder la sécurité de l’initiative privée des hommes nobles de la bourse et de leurs investissements salvateurs qui apportent la prospérité au pays. Tandis que l’un espère que son neveu gagne le concours de danse et ainsi la charité peut sauver la vie ou une fonction vitale, l’État investit une grande partie de ses ressources s’assurant qu’aucun n’interrompt la digestion de quelqu’un qui dîne dans un hôtel de cinq étoiles et organise le destin de milliers d’employés et par hasard pourrait aider un malade incurable à sauver sa vie. Dans certains cas ils arrivent à temps. Dans d’autres, ils sont des producteurs de programmes de télévision dont le noble objectif est d’aider les pauvres et les malades.

Quand l’inquiétude sociale dépasse les limites que la narration officielle peut contenir, on tente de maquiller le système en remplaçant certains individus qui sont en charge de tout le malheur de la nation, qu’ils soient gouvernants ou membres de l’opposition.

L’État face à une crise de ses ennemis

Dans la grande politique, il y a pas seulement deux partis pour alterner entre la faction des bons et les méchants, y compris, comme dans le cas étasunien, on peut accuser un individu – le président en échec – et sauver ainsi non seulement un système mais un parti politique qui est à quelques jours d’une élection nationale.

Comme exemple, ce fut jusqu’à présent le discours du candidat républicain John McCain, selon qui tout sera résolu quand lui, le rebelle solitaire (« The maverick ») et un petit groupe de dissidents conservateurs remplacera les hommes et les femmes qui sont aujourd’hui à la Maison Blanche, tous membres de son propre parti sont maintenant accusés d’incompétents et corrompus. Cette narration n’est pas si difficile à digérer par un public conservateur habitué à la pensée et à la harangue féroce des pasteurs et angoissants présentateurs de radios qui chaque jour nous rappellent que le monde est en danger à cause des mauvais garçons (« bad guys »).

De cette crise financière on se sortira avec le même ressort qui a sorti les États-Unis de la Grande Dépression des années 30 : en suspendant momentanément l’idéologie dominante et en permettant qu’un autre individu et qu’un autre parti fasse le sale travail, en le laissant exercer sa propre cohérence pour un temps déterminé. Ce qui en passant démontre que la démocratie représentative fonctionne. C’est comme dire que l’un ne croit pas en Dieu sauf dans les moments où notre vie est en danger ou qu’une souffrance nous menace.

Cependant, bien que nous revenions aux temps de l’orthodoxie anti étatique, nous trouverons encore une contradiction cynique corrigée chaque jour par la narration dominante. L’intervention de l’État dans les régimes du capitalisme dominant est plus significative que dans beaucoup d’états socialistes dont l’influence géopolitique est marginale. Pour le bien et le mal, c’est encore l’État qui monopolise la violence qui maintient hors de danger un système menacé d’une manière permanente non seulement par ses adversaires idéologiques ou par ses déplacés, mais par sa propre activité où le risque élevé de l’investissement est l’une de ses principales composantes. C’est l’État qui soutient, bouge et provoque les interventions policières et militaires pour garantir la continuité d’un système et d’une idéologie. C’est l’État, l’armée, qui garantit le contrôle de la géopolitique au bénéfice de groupes déterminés et au préjudice d’autres, bien qu’il le fasse toujours au nom de tous. C’est l’État qui garantit les différences et les pleins pouvoirs des élites de différentes de formes. D’abord, en commençant par l’appareil répresseur ou offensif. Deuxièmement, à travers l’appareil idéologique. Troisièmement, à travers la garantie de ses classes fermées, presque des castes, où est garantie la stabilité et la permanence de gérants déterminés qui sont fonctionnels au système, comme aux sociétés financières, etc. C’est l’État capitaliste qui prévient de tout mouvement vers l’anarchie d’une société ou de la société globale, en provoquant non seulement une société incapable d’être administré pour elle même dans une démocratie directe mais en stigmatisant la tendance historique de la Société Désobéissante par le mot « anarchie », associé au chaos, au désordre et à la violence de la rue.

Cela ne fait pas plus de deux siècles que les sociétés organisés par classes dans plusieurs pays de l’Europe appliquaient des lois différentes pour leurs différentes classes sociales. Quant un artisan ne pouvait pas payer ses dettes, il allait prison. Quand un noble aristocrate ne pouvait pas le faire, il rentrait chez lui. Pendant au moins deux ans ceux qui aux États-Unis ne pouvaient pas payer leurs maisons étaient punis par l’expulsion et la mise aux enchères. Quand les millionnaires de Wall Street se sont vus dans la panade, ils ont fait peur au monde entier avec les faillites – dans de nombreux cas cela a seulement signifié un changement de nom, un contrat d’achat d’un lobbysur un autre – et tout le poids de l’État a été mobilisé, non pour punir la mauvaise pratique mais pour leur octroyer une facilité de crédit de 700 milliards de dollars.

Depuis l’Angleterre du XVIIIe siècle a surgi et fut consolidée l’idée de que l’égalité et la liberté étaient incompatibles. Cependant cette conclusion paradigmatique a été silencieusement réfutée par une longue histoire qui commence au moins au XVe siècle. L’accroissement de la liberté à travers « la rébellion des masses » c’est-à-dire à travers la demande et la possession des bénéfices de la civilisation et de l’histoire – à l’éducation, à la culture et au pouvoir politique – n’a pas favorisé les différences sociales de pouvoir mais tout le contraire : elle les a progressivement atténuées. Depuis l’Ère Moderne (1775-1950) et en passant par l’âge des révolutions (1776-1918) les partisans de l’égalité se sont méfiés tant de la liberté des individus comme leurs adversaires, les partisans de la liberté, se sont méfiés de l’égalité. Ainsi surgit l’apogée du pouvoir de l’État moderne, représentatif, comme forme de résolution de conflit : l’égalité était menacée par la liberté démesurée de ses individus.

Cependant, nous pouvons reconnaître un paradoxe : l’État avec plus de fréquences que d’exceptions a favorisé les puissants d’une société parce qu’il a été dominé par ceux-ci. C’est-à-dire l’égalité a été protégée par les États autant qu’a été protégée l’inégalité, et peut-être la protection de l’égalité de la part de l’État fut une excuse pour justifier l’existence d’un État qu’il a systématiquement protégé, et surtout en dernier ressort, l’inégalité.

Jorge Majfud
Lincoln University, Septembre 2008 

Traduit de l’espagnol pour El Correo par : Estelle et Carlos Debiasi

  • 1ère publication : El CorreoParis, le 6 Octobre 2008. 
  • 2e publication  : El Correo. Paris, le 23 mai 2012.