L’État, un trésor divin

 

Estado, divino tesoro (Spanish)

Cet article a été publié dans plusieurs quotidiens du continent le mois même de la Grande crise, en septembre 2008. Je crois qu’il est nécessaire de le relire maintenant plus encore.

 

L’État, un trésor divin

Reverse of 100 dollars (1914 series)

Par Jorge Majfud


L’État dans des temps normaux

Quand l’abus l’idéologie atteint le maximum de bénéfices pour les classes qui le promeuvent, on recourt au plan B qui consiste à suspendre temporairement l’orthodoxie sans suspendre l’idéologie dominante. Le plan A est le plan typique des feuilletons télévisés et des programmes de charité. Dans le premier cas il y a une femme riche, vieille et mauvaise et de l’autre une jeune femme pauvre et gentille. La solution morale consiste à punir la mauvaise riche et à récompenser les souffrances de la gentille pauvre. C’est-à-dire, comme dans la théologie traditionnelle et comme dans les harangues religieuses les plus modernes, les systèmes, les structures sociales et globales n’existent pas ou n’ont pas d’importance. Il y a seulement des bons et des mauvais individus.

Dans le cas des shows de la télévision, les bons sont ceux qui provoquent la maladie d’un système contradictoire, en reproduisant et en consolant la même contradiction, et les méchants sont les critiques qui ne font rien pour les pauvres sinon de critiquer leurs bienfaiteurs. C’est le cas de programmes comme le mexicain « Le Show des Rêves » que nous consommons aussi aux États-Unis, où différents couples dansent et chantent pour soigner la maladie terrible d’un parent. Si le duo chante faux ou n’émeut pas le jury avec ses pirouettes, le couple est éliminé et avec lui le malade. Ceux qui osent critiquer cette obscénité de notre culture, sont moralement écrasés avec toute la force des caméras et avec le même recours à la sensiblerie collective qui applaudit elle même ce qu’elle condamnait des temps passés : les pauvres moribonds allaient aux portes des églises pour que les riches sains finissent par consoler leur âme en jetant quelques pièces devant le regard agité du public qui savait reconnaître une œuvre de bien. Ceux qui observaient l’hypocrisie – c’est-à-dire la « peu nombreuse –critique » – du mécanisme social de la moralisation qui consolait les deux parties, nantis et malheureux, au moment où cela se reproduisait, étaient accusés de ne rien faire pour les pauvres, dans le meilleur des cas, ou étaient stigmatisés par un vocabulaire négatif comme « subversifs », « démoniaques », « improductifs », « critiqueurs », etc. Ce qui confirme la « quasi-perfection » d’une idéologie dominante quand elle se reproduit elle-même à travers la collaboration émouvante entre élus et condamnés.

Tandis que ce drame médiatique et réel moralise des millions de personnes, l’État applaudit l’initiative privée de ces bons roturiers qui luttent pour survivre et s’occupent à sauvegarder la sécurité de l’initiative privée des hommes nobles de la bourse et de leurs investissements salvateurs qui apportent la prospérité au pays. Tandis que l’un espère que son neveu gagne le concours de danse et ainsi la charité peut sauver la vie ou une fonction vitale, l’État investit une grande partie de ses ressources s’assurant qu’aucun n’interrompt la digestion de quelqu’un qui dîne dans un hôtel de cinq étoiles et organise le destin de milliers d’employés et par hasard pourrait aider un malade incurable à sauver sa vie. Dans certains cas ils arrivent à temps. Dans d’autres, ils sont des producteurs de programmes de télévision dont le noble objectif est d’aider les pauvres et les malades.

Quand l’inquiétude sociale dépasse les limites que la narration officielle peut contenir, on tente de maquiller le système en remplaçant certains individus qui sont en charge de tout le malheur de la nation, qu’ils soient gouvernants ou membres de l’opposition.

L’État face à une crise de ses ennemis

Dans la grande politique, il y a pas seulement deux partis pour alterner entre la faction des bons et les méchants, y compris, comme dans le cas étasunien, on peut accuser un individu – le président en échec – et sauver ainsi non seulement un système mais un parti politique qui est à quelques jours d’une élection nationale.

Comme exemple, ce fut jusqu’à présent le discours du candidat républicain John McCain, selon qui tout sera résolu quand lui, le rebelle solitaire (« The maverick ») et un petit groupe de dissidents conservateurs remplacera les hommes et les femmes qui sont aujourd’hui à la Maison Blanche, tous membres de son propre parti sont maintenant accusés d’incompétents et corrompus. Cette narration n’est pas si difficile à digérer par un public conservateur habitué à la pensée et à la harangue féroce des pasteurs et angoissants présentateurs de radios qui chaque jour nous rappellent que le monde est en danger à cause des mauvais garçons (« bad guys »).

De cette crise financière on se sortira avec le même ressort qui a sorti les États-Unis de la Grande Dépression des années 30 : en suspendant momentanément l’idéologie dominante et en permettant qu’un autre individu et qu’un autre parti fasse le sale travail, en le laissant exercer sa propre cohérence pour un temps déterminé. Ce qui en passant démontre que la démocratie représentative fonctionne. C’est comme dire que l’un ne croit pas en Dieu sauf dans les moments où notre vie est en danger ou qu’une souffrance nous menace.

Cependant, bien que nous revenions aux temps de l’orthodoxie anti étatique, nous trouverons encore une contradiction cynique corrigée chaque jour par la narration dominante. L’intervention de l’État dans les régimes du capitalisme dominant est plus significative que dans beaucoup d’états socialistes dont l’influence géopolitique est marginale. Pour le bien et le mal, c’est encore l’État qui monopolise la violence qui maintient hors de danger un système menacé d’une manière permanente non seulement par ses adversaires idéologiques ou par ses déplacés, mais par sa propre activité où le risque élevé de l’investissement est l’une de ses principales composantes. C’est l’État qui soutient, bouge et provoque les interventions policières et militaires pour garantir la continuité d’un système et d’une idéologie. C’est l’État, l’armée, qui garantit le contrôle de la géopolitique au bénéfice de groupes déterminés et au préjudice d’autres, bien qu’il le fasse toujours au nom de tous. C’est l’État qui garantit les différences et les pleins pouvoirs des élites de différentes de formes. D’abord, en commençant par l’appareil répresseur ou offensif. Deuxièmement, à travers l’appareil idéologique. Troisièmement, à travers la garantie de ses classes fermées, presque des castes, où est garantie la stabilité et la permanence de gérants déterminés qui sont fonctionnels au système, comme aux sociétés financières, etc. C’est l’État capitaliste qui prévient de tout mouvement vers l’anarchie d’une société ou de la société globale, en provoquant non seulement une société incapable d’être administré pour elle même dans une démocratie directe mais en stigmatisant la tendance historique de la Société Désobéissante par le mot « anarchie », associé au chaos, au désordre et à la violence de la rue.

Cela ne fait pas plus de deux siècles que les sociétés organisés par classes dans plusieurs pays de l’Europe appliquaient des lois différentes pour leurs différentes classes sociales. Quant un artisan ne pouvait pas payer ses dettes, il allait prison. Quand un noble aristocrate ne pouvait pas le faire, il rentrait chez lui. Pendant au moins deux ans ceux qui aux États-Unis ne pouvaient pas payer leurs maisons étaient punis par l’expulsion et la mise aux enchères. Quand les millionnaires de Wall Street se sont vus dans la panade, ils ont fait peur au monde entier avec les faillites – dans de nombreux cas cela a seulement signifié un changement de nom, un contrat d’achat d’un lobbysur un autre – et tout le poids de l’État a été mobilisé, non pour punir la mauvaise pratique mais pour leur octroyer une facilité de crédit de 700 milliards de dollars.

Depuis l’Angleterre du XVIIIe siècle a surgi et fut consolidée l’idée de que l’égalité et la liberté étaient incompatibles. Cependant cette conclusion paradigmatique a été silencieusement réfutée par une longue histoire qui commence au moins au XVe siècle. L’accroissement de la liberté à travers « la rébellion des masses » c’est-à-dire à travers la demande et la possession des bénéfices de la civilisation et de l’histoire – à l’éducation, à la culture et au pouvoir politique – n’a pas favorisé les différences sociales de pouvoir mais tout le contraire : elle les a progressivement atténuées. Depuis l’Ère Moderne (1775-1950) et en passant par l’âge des révolutions (1776-1918) les partisans de l’égalité se sont méfiés tant de la liberté des individus comme leurs adversaires, les partisans de la liberté, se sont méfiés de l’égalité. Ainsi surgit l’apogée du pouvoir de l’État moderne, représentatif, comme forme de résolution de conflit : l’égalité était menacée par la liberté démesurée de ses individus.

Cependant, nous pouvons reconnaître un paradoxe : l’État avec plus de fréquences que d’exceptions a favorisé les puissants d’une société parce qu’il a été dominé par ceux-ci. C’est-à-dire l’égalité a été protégée par les États autant qu’a été protégée l’inégalité, et peut-être la protection de l’égalité de la part de l’État fut une excuse pour justifier l’existence d’un État qu’il a systématiquement protégé, et surtout en dernier ressort, l’inégalité.

Jorge Majfud
Lincoln University, Septembre 2008 

Traduit de l’espagnol pour El Correo par : Estelle et Carlos Debiasi

  • 1ère publication : El CorreoParis, le 6 Octobre 2008. 
  • 2e publication  : El Correo. Paris, le 23 mai 2012.

 

The Second Presidential Debate (2008)

McCain reacts to Obama's comment about Fox News

Following is a transcript of the second presidential debate between Senators John McCain and Barack Obama in Nashville, as recorded by CQ Transcriptions:

[…]

Next question for Senator Obama, it comes from the F section and is from Katie Hamm (ph). Katie?

QUESTION: Should the United States respect Pakistani sovereignty and not pursue al Qaeda terrorists who maintain bases there, or should we ignore their borders and pursue our enemies like we did in Cambodia during the Vietnam War?

OBAMA: Katie, it’s a terrific question and we have a difficult situation in Pakistan. I believe that part of the reason we have a difficult situation is because we made a bad judgment going into Iraq in the first place when we hadn’t finished the job of hunting down bin Laden and crushing al Qaeda.

So what happened was we got distracted, we diverted resources, and ultimately bin Laden escaped, set up base camps in the mountains of Pakistan in the northwest provinces there.

They are now raiding our troops in Afghanistan, destabilizing the situation. They’re stronger now than at any time since 2001. And that’s why I think it’s so important for us to reverse course, because that’s the central front on terrorism.

They are plotting to kill Americans right now. As Secretary Gates, the defense secretary, said, the war against terrorism began in that region and that’s where it will end. So part of the reason I think it’s so important for us to end the war in Iraq is to be able to get more troops into Afghanistan, put more pressure on the Afghan government to do what it needs to do, eliminate some of the drug trafficking that’s funding terrorism.

But I do believe that we have to change our policies with Pakistan. We can’t coddle, as we did, a dictator, give him billions of dollars and then he’s making peace treaties with the Taliban and militants.

OBAMA: What I’ve said is we’re going to encourage democracy in Pakistan, expand our nonmilitary aid to Pakistan so that they have more of a stake in working with us, but insisting that they go after these militants.

And if we have Osama bin Laden in our sights and the Pakistani government is unable or unwilling to take them out, then I think that we have to act and we will take them out. We will kill bin Laden; we will crush Al Qaida. That has to be our biggest national security priority.

BROKAW: Senator McCain?

MCCAIN: Well, Katie (ph), thank you.

You know, my hero is a guy named Teddy Roosevelt. Teddy Roosevelt used to say walk softly — talk softly, but carry a big stick. Senator Obama likes to talk loudly.

In fact, he said he wants to announce that he’s going to attack Pakistan. Remarkable.

You know, if you are a country and you’re trying to gain the support of another country, then you want to do everything you can that they would act in a cooperative fashion.

When you announce that you’re going to launch an attack into another country, it’s pretty obvious that you have the effect that it had in Pakistan: It turns public opinion against us.

Now, let me just go back with you very briefly. We drove the Russians out with — the Afghan freedom fighters drove the Russians out of Afghanistan, and then we made a most serious mistake. We washed our hands of Afghanistan. The Taliban came back in, Al Qaida, we then had the situation that required us to conduct the Afghan war.

Now, our relations with Pakistan are critical, because the border areas are being used as safe havens by the Taliban and Al Qaida and other extremist organizations, and we have to get their support.

Now, General Petraeus had a strategy, the same strategy — very, very different, because of the conditions and the situation — but the same fundamental strategy that succeeded in Iraq. And that is to get the support of the people.

We need to help the Pakistani government go into Waziristan, where I visited, a very rough country, and — and get the support of the people, and get them to work with us and turn against the cruel Taliban and others.

And by working and coordinating our efforts together, not threatening to attack them, but working with them, and where necessary use force, but talk softly, but carry a big stick.

OBAMA: Tom, just a…

BROKAW: Senator McCain…

OBAMA: … just a quick follow-up on this. I think…

MCCAIN: If we’re going to have follow-ups, then I will want follow-ups, as well.

BROKAW: No, I know. So but I think we get at it…

MCCAIN: It’d be fine with me. It’d be fine with me.

BROKAW: … if I can, with this question.

OBAMA: Then let’s have one.

BROKAW: All right, let’s have a follow-up.

MCCAIN: It’d be fine with me.

OBAMA: Just — just — just a quick follow-up, because I think — I think this is important.

BROKAW: I’m just the hired help here, so, I mean…

(LAUGHTER)

OBAMA: You’re doing a great job, Tom.

Look, I — I want to be very clear about what I said. Nobody called for the invasion of Pakistan. Senator McCain continues to repeat this.

What I said was the same thing that the audience here today heard me say, which is, if Pakistan is unable or unwilling to hunt down bin Laden and take him out, then we should.

Now, that I think has to be our policy, because they are threatening to kill more Americans.

Now, Senator McCain suggests that somehow, you know, I’m green behind the ears and, you know, I’m just spouting off, and he’s somber and responsible.

[…]

video >>

source NYT October 7, 2008 >> read more>>

Patriarchy with a Woman’s Face

This is an alternate crop of an image already ...

Image via Wikipedia

El patriarcado con rostro de mujer (Spanish)

Patriarchy with a Woman’s Face

Jorge Majfud


The same day that Joe Biden is selected as candidate for the vice presidency by the Democratic Party, the campaign of John McCain reproduced several videos of Hillary Clinton sharply attacking Obama. Probably these ads were designed with a selection of Clinton in mind instead of Biden. But even though this expectation was not fulfilled, Republican Party strategists must have thought that such critical work should not be thrown away and chose to put it on the air anyway. Immediately afterward, McCain’s advertising called explicitly for Clinton’s sad supporters to vote for the Republicans, just as the old democratic candidate Joe Lieberman does now, allying himself with his ex-rival from the 2000 elections, George Bush, in support of McCain with the argument for the latter’s greater experience.

Shortly before the Republican candidate was to announce his selection for VP, a radio station called me to talk about this process. At that moment there were three names in play, all men, but considering the electoral market it was my opinion that McCain’s vice presidential candidate would be a woman. Since then we have not stopped hearing women’s groups and Sarah Palin appeal to women’s consciousness in order to gain power. If it is indeed true that there is still a long way to go to eliminate the arbitrary inequalities of power, perhaps one particular woman is not the best substitute for women in general.

There are still feminists today who take pride in Margaret Thatcher for having been a woman of steel in power in one of the old empires, even though women who ordered their black slaves whipped had already been abundant for centuries. It remains paradoxical that it was precisely Ronald Reagan and Margaret Thatcher who put the brakes on the progressive movements, among them the feminists, that appeared in the 1960s and which represented a rebellion of minority groups and of the oppressed (although in reality this was only a consequence of a long historical process initiated, in my view, in the 15th century).

All of that, which was barely the visible and ambiguous face of a deeper historical change, was reversed by the conservative wave that, in my opinion, will be coming to an end in the next decade but which can be slowed down in its movement, depending on the success or failure of some political changes around the world, especially in the United States. In whatever form, even if postponed, inexorable generational change will not depend on any political party. But right now possibility matters.

Sarah Palin is recognized as one of the most conservative among the conservative politicians. She is associated, for example, with “pro-life” groups. The latest slogan prays “Pro-Life, Pro-Palin,” in the assumed ideolexicon suggesting that others are not in favor of life. This defender of life supports unconditionally the war in Iraq and anywhere else it might be necessary. She is a member of the powerful National Rifle Association. She can be seen in photographs posing together with her children, smilling as beautifully as Diana, with a rifle in hand next to a moose she brought down herself, lying in a pool of blood in the snow. It is likely that the fondness for hunting and weapons on the part of the governor of Alaska and “pro-life” conservatives is not for fun or for sport, but out of necessity.

Significantly, the major stir that Sarah Palin has produced in recent days came with revelations of the pregnancy out of wedlock of one of her daughters. The scandal of the revelation, not of the pregnancy, is attributed to leftist press like the New York Times. Nonetheless, the fact must be of interest to conservatives, who are always concerned about the sexual life of sinners. However, the diverse groups of conservative women, among them Jane Swift, the ex-governor of Massachusetts, declared that all of the criticisms of Palin are sexist, since Palin is a woman. It is not sexist that, according to Hillary Clinton, it is acceptable to McCain and the conservatives that a woman receives a lower salary for the same work as a man because women are less educated than men.

From the conservative wing of the U.S. political spectrum, to which Palin belongs, have come theories that can in no way be called progressive and where being feminist is an insult as serious as being gay, liberal or an intellectual. In fact the intellectuals of this ideological region hate intellectuals in general and their books, and with a deep psychological need to police they dedicate themselves to making black lists of people, almost always colleagues, who they subsequently call “dangerous” or “stupid,” as if a stupid intellectual could be dangerous at the same time, the way a stupid president can be. From their pens have come impoverished but well publicized theories, like the theories of the return of patriarchy according to which the fact that a woman complies with the fixed role of stay-at-home mother produces families with many children, and consequently sustains the hegemony of an empire. Toward this end they cite not only the decline of the Roman Empire but the high birth rate of conservative families in the southern states in comparison with the low birth rate of liberal families in the north (e.g., Phillip Longman).

One cannot say that this is a campaign filled with rhetoric because it does not even amount to that much. Everything is reduced to the repetition of six or seven clichés whenever possible and even whenever irrelevant. One of the preferred clichés consists in emphasizing the experience of the candidate and their family values. Question: “What is the central idea of your candidate?” Answer (eyes fixed on the camera, face impassive): “The other candidate does not have the necessary experience.”

Experience is the other supreme virtue that is attributed to Sarah Palin when it is suggested that she has none. Almost as much as George Bush, who has had more than enough experience even before the beginning of his career and who has been so unjustly criticized and attacked by Democrats and avoided by his own party, but recognized by the conservatives for his family values and for his respect for his self-sacrificing wife. A man who from the beginning stood out not only for his incredibly broad political experience but also for his intelligence and his culture, although to these last two faculties one might add the generous virtue of discretion.

In summation and in their own words, conservatives are defenders of the values of the family. That is, authority proceeds from the father and fathers have the biblical right to define what is a family and what are its values. They are respectful and do not invade the private life of gays and lesbians as long as gays and lesbians do not attempt to obtain the same civil rights as decent people. The traditional role of the woman has been established by tradition and questioning that is part of the corruption and lack of values, all characteristics of the “bitter leftists,” liberals, and feminists.

Nevertheless, according to the polls, millions of women who previously supported Hillary Clinton have gone over to the Republican side. The electoral market, like on other occasions, is nourished by the contradictions of its consumers: those women who passionately defend in the media and in the cafes their support for a woman as a strategic advantage for the feminist movement without caring that that woman represents the exact opposite, may signify for the more sophisticated a demonstration of false consciousness, of complete manipulation. Something along the lines of women’s liberation through the consolidation of patriarchy, or the feminization of feminism.

We hope, in this context, that such brilliant masters of political chess will continue then to promise more freedom, democracy, and justice, and to always speak the truth, the whole truth, and nothing but the truth.

Translated by Bruce Campbell